ART. I I
Le directeur nommera un ou deux comissaires pour examiner les pièces, qui tous ensemble ou chascun à part, ayant fait ledit examen le rapporteront à l'Académie, où leursobservations seront examinées et corrigées, si besoin est.
L'Académie ne s'attachera point à certain lieu fixe, mais elle choisira son mieux par la bouche du
directeur qui déterminera l'heure et la durée de chasque séance (i).
ART. l3
Le jour ordinaire sera le lundi et les extraordinaires aussi bien que le temps et le lieu, doivent estre des privilèges du directeur.
Lorsque quelqu'un sera admis au nombre des
académiciens, le secrétaire faira lecture des statuts et
le nouveau venu jurera de les observer de tout s on
mieux, et ensuite signera dans le grand registre l'acte
de sa réception.
ART. i5
Personne ne doit être introduit ny par compliment, ny par curiosité, ny pour quelque autre raison, ou prétexte que ce puisse estre, dans le lieu de l'assemblée, que ce ne soit du gré et consentement d'un chascun et délibération prise sur cela (2).
(i) Nous verrons que le duc de Saint-Aignan, dans sa lettre du 16 mai 1669, parle de la maison que les académiciens se proposaient de construire, ce qui suppose qu'ils avaient changé d'avis. Néanmoins ce projet ne fut jamais réalisé.
(2) En marge de l'article i5 est inscrite cette observation : « Avant sa réception, M. l'abbé Flèche fut introduit, et cela ne viole point le statut, parce qu'on supposa que tous le veulent bien lorsqu'aucun n'est opposant. » Les choses se pratiquaient ainsi à l'Académie française, dont les académiciens d'Arles adoptaient, en partie, les règlements.
ART. l6
Les lettres de l'Académie ne seront signées que du secrétaire, et rien ne sera envoyé au dehors, au nom de l'Académie, qu'après une révision exacte et fidèle, avec le consentement de la pluralité.
On se faira une religion de garder le secret aux délibérations importantes, comme sont les corrections et commissions particulières.
En cas de mort de quelque académicien, la compagnie et chasque particulier travaillera de tout son mieux à honorer la mémoire du deffunt pour lequel avant toute chose, l'Académie faira célébrer une messe chantée, où elle adsistera en corps.
De plus l'Académie se réserve un entier pouvoir d'augmanter, de diminuer ou de changer les loix, selon les délibérations qu'elle en faira. »
Après les statuts, on lit dans le Registre : « Ainsi a esté délibéré ce 3® janvier 1667, directeur M. de Robias, auquel jour les soubsignés académiciens ont
juré sur leur honneur et conscience d'observer les susdits statuts. »
Au bas du Registre se voient les signatures de MM. Gageron de Méjanes, Sabatier, Gijffon, Barrême, Gaspard de Romieu, chev.. Boche, Bouvet, Cays, Montcalm de Mellac, Robias, Franc. Flèche, Boche, sacristain d'Arles, P. Vînay, minime, Manville, Castillon, à'Aymard de Chateaurenard, Barras, Estoublon , Abeille, Beaumont, d'Ubajye de Vachères, Le Pays, Roubin, Arbaud, Montmiras- Lubières, Defaure-Fondumente, Montblan (i).
L'encre de ces diverses signatures est différente et l'on a laissé une page entière en blanc, pour que les nouveaux académiciens pussent signer après leur, admission : ce qui fut observé assez exactement.
(i) Ce sont là absolument toutes les signatures qui sont au Registre. Elles sont au nombre de 27. Toutes les autres listes données par les divers auteurs, qui se sont occupé de l'Académie d'Arles, même P. Véran, sont inexactes ou incomplètes. Cfr. Registre de l'Académie, fol. 28.