Acte d'inhumation de René de Barrême
(voir p. 25).
L'an et jour que dessus (1697, 9 décembre), mort le jour d'hier, muni des sacrements de l'église, a été enseveli dans le caveau de messieurs les chanoines de
(i) Papon les avait déjà mis à profit pour son Histoire de Provence. Voir p. 4 de la préface du t. IV (1786).
cette église, Messire René deBarrême, prêtre, chanoine en cette même église, vicaire officiai général de ce diocèse et conseiller clerc en ce Parlement de Provence ; témoins les soussignés : François Savournin, Joseph Levet, prêtres secondaires de curé de cette église. Signés : Savournin, Levet et J.-B. Blegier, curé.
Registres de Saint-Sauveur, i6g6 à 1699. Archives de la ville d'Aix, fol. 53, (et non 5o, comme il est imprimé p. 2b, note 2).
La Comtesse de Suze
A la page 33, nous avons parlé de la comtesse de Suze, de passage à Arles, en 1667. Nous avions des doutes sur l'identité de cette comtesse et de nouvelles recherches ne les ont pas dissipés , bien au contraire. Il y eut, au XVII° siècle, une comtesse de La Suze (16 18- 1673) dont le salon fut une succursale de rhôtel de Rambouillet. Henriette de Coligny, petite fille de l'amiral, épousa successivement l'écossais Thomas Hamilton (1643) et le comte de La Su\e (i), de la maison de Champagne. Elle se fit un nom par sa beauté, par ses aventures, ses malheurs et ses vers que l'on a publiés dans divers Recueils de poésies galantes, mélangés avec ceux de Pellisson, de Bussy, de Quinaud, de Desmarets, ses admirateurs, et aujourd'hui oubliés à juste titre. Les poètes, les Mercure, la Galette de France elle-même, chantaient les louanges de la comtesse qui pouvait être, pour l'AcadémJe d'Arles, une puissante protectrice, mais son nom ne revient plus jamais dans le Registre, après 1667. Il est vrai qu'elle mourut en 1673.
(î) La Suze est aujourd'hui un chef-lieu de canton de la Sarthe de 2,5oo h. à 20 kil au S. O. du Mans. On y voit les ruines d'un château appelé vulgairenient Château de Barbe-Bleue. Note A. R-
La comtesse, dont il est question, ne serait-elle pas plutôt la femme de N. de La Baume, comte de Su:{e, dont parle Pithon Curt, t. I, p. i3o, ou quelque autre dame de la famille de La Baume de Su^e, très connue en Provence (i) et en Languedoc ? Un an après (mai 1668) M, de Chambonas fut admis à l'Académie, et sa mère est Charlotte de La Baume de Su\e ; Armand Anne Tristan de La Baume de Su\e, prévôt de l'église de Nîmes, depuis 1666, devint, en 1675, évêque de Tarbes, puis de Saint-Omer et enfin archevêque d'Auch, et il avait succédé à Louis François de La Baume de Suze, qui mourut évéque de Viviers, en 1690 (son portrait a été gravé, en i656, par R. Nanteuil) et fut remplacé par M. de Chambonas, son neveu, évéque de Lodève, précédemment son vicaire général et membre de l'Académie d'Arles,
Ne s'agirait-il pas simplement de la fille de François de Montier, comte de Mérinville et de Rieux, chevalier des ordres du roi, lieutenant de roi en Provence de 1 659 à 1 669, qui épousa le comte de Suze en 1 663 ? Le lecteur appréciera. Nous n'osons nous prononcer.
Epitaphe de m. François de Boche, par M. de Grille
(mars 1677, p. 34).
Francisais de Boche de Vers, arelatensis,
Ex antiqiiis Marcliionibiis de Baux
Oriiindus,
Nobillimo et probatissimo sanguine, ex utroque,
(1) On a publié, en 1878, \qs Lettres inédites du comte de Su^e, d'après les Mss. autographes de la Bibliothèque de S. M. l'empereur de Russie, par M. E. de Barthélémy, Paris, Br. in-8. Ces 4 lettres de François de La Baume, qui joua un rôle important en Provence et qui mourut le 28 août 1567, au siège de Montélimar, sont datées d'Avignon, ibGi, et adressées au roi.
Vixit,
Miles, A iilicus et civis proestant issimus,
Fortitudine in hostes
Fide in principem,
Amore in patriam,
Immortalis.
Hune plangunt pauperes,
Hune obeliseus ostentabit
Hune requirit patria,
Hune tota pêne Provineia ademptum luget
Obiit Anno Dont.. .
Siste parumper viator, non obiit
Qid
Parte meliore vivit in perpétuas œternitates,
Qui
Fîlios ecclesice, régi, patrice, aeadcmice procreavit,
Filios
Vera virtute, animi magnitudine tnorutnque suavitate,
Nontam sibi similes quant pares,
Obiit tamen
Parte sui quam mortalem gerebat,
Tert. Kal. Martii
Abi viator et pro defuncto precare.
Registre de l'Académie, fol. i 55, verso, et Ms i 060, p. 87,
RÉPONSE DE M™' DE GrILLE A l'AcADÉMIE.
(voir p. 88).
Messieurs, Vous serez sans doute estonnés de ma témérité d'oser répondre à un corps aussi redoutable par son esprit, qu'il est illustre par le mérite de tous ceux qui lé composent, et d'oser lui répondre aussitost après avoir reçeu vostre obligeante lettre, mais, messieurs, comme je ne me pique point et avec raison d'estrebel esprit, et que je ne prétends vous parler que des sentiments de mon cœur, j'ai creu que je le pourrois aujourd'hui a\issi bien qu'une aiitl*e fois, d'autant mieux qu'il me"
semble que la recognoissance qui agit plus promptement est toujours la meilleure et la moins suspecte ; celle que j'ai pour vos bontés^ messieurs, est toute telle qu'elle doibt estre, mais ne pensez pas que ces bontés m'éblouissent et qu'elles me tirent de la juste cognoissance que je doibs avoir de moi-mesme, je scay fort bien que l'approbation que vous me demandezj n'est pas de celles qui peuvent vous donner de la gloire, et ce sera toujours pour la mienne que je publierai hautement les sentiments d'estime et de vénération que j'ai pour vostre compagnie. Si ce n'estoit que d'aujourd'hui, messieurs, que j'eusse de pareils sentiments, ils pourroient vous paroistre inthéressés, mais avant que d'estre dans le commerce estroit avec monsieur vostre secrétaire, je m'estois déjà expliquée en vostre faveur, si j'ose parler ainsi et j'eusse pris agréablement vostre parti contre l'envie, mais, messieurs, mon zèle demeure inutile aujourd'hui ; ce monstre n'oseroit plus attaquer une compagnie qui sçait si bien se defîandre, vous marchez si bien et si vite dans le chemin de la gloire, qu'il vous perd de veue ; ainsi, messieurs, mon esprit est si bien d'accord avec l'inclination que j'ay de vous honorer que je ne suivray point, s'il vous plaît, le conseil que vous me donnez de ne pas le consulter, et c'est par son adveu, autant que par le sentiment de mon cœur, que je seray toute ma vie, messieurs, vostre très humble et très
obéissante servante,
D. DE Sartres,
ROBIAS (i).
A Arles, ce 4 janvier 1667. »
(0 Registre de l'Académie, fol. 36, verso. M-' de Grille (Delphine de Sartres) appartenait à une famille noble de Montpellier. Son père,conseiller à la cour des Aides de Montpellier, était exilé
La Marquise de Ganges
Ganges est un bourg de 4500 h., chef-lieu de canton de l'arrondissement de Montpellier (Hérault) ; c'était autrefois une terre, seigneurie et baronnie qui donnait entrée aux Etats de Languedoc. « Après avoir été dans la maison de Pterrefort, elle passa dans celle de Saint-Etienne, d'où elle est entrée dans celle de Vissée de La Tude, par le mariage, en 1629, de Jeanne de Saint-Etienne, baronne de Ganges, avec Jean Pons de Vissée de La Tude, gouverneur, pour le roi, du fort de Saint-André de Villeneuve lez Avignon. Les descendans de ce dernier possèdent aujourd'hui cette barronnie. Voir Vissée de La Tude. » La Chesnaye Desbois, t. VIII, p. 927, nouv. édit.
La Marquise de Ganges était Anne-Elisabeth de Rpssan, fille de Gabriel de Joannis, sieur de Rossan ou Roussant et possesseur de la propriété de Château Blanc, aux bords de la Durance, qui avait appartenu au XI V siècle au cardinal Blanc, et de Laure de Rousset
en i663, aux environs de Calais. Voir Mémoires de Jacques de Parades de l'Estang, Musée, 2» série, p. 267. Elle s'intéressa dès le début aux travaux de l'Académie, voir p. 58.
« Le 17 mai i685, Delphine de Sartres, épouse de Jacques de Grille, secrétaire perpétuel de l'Académie, mourut à l'âge de 5i ans, très regrettée, elle avoit beaucoup de goût pour la musique et étoit très savante dans la littérature. » Ms 1060, p. igS.
Jacques de l'Estang Parade, dont les curieux Mémoires comprennent la période de 1642 à 1674, et ont été publiées dans le Musée, 2' série, était un gentilhomme aventureux, ennemi des Grignan qui prit part à toutes les cabales de. 1642 jusqu'à sa mort. Il fut consul en 1 645, en 1 652 et en i 66 1. Il était né en 1 6 1 4 et il est le père de Guillaume de l'Estang. (Voir plus haut, p. no). On a de lui un Discours généalogique de la maison de VEstang, dressé en i655, imprimé à Aix, chez Roize,
de Saint-Sauveur, {étude Floreng, notaire à Avignon).
Giberti (Ms Carp., t. II, ch. X,art. 2, p. 1430- J451) lui donne le prénom de Diane, et a été suivi en cela par quelques auteurs, en particulier La Chesnaye Desbois et M. de Fortia d'Urban. Quoiqu'il en soit, elle naquit à Avignon, en i635 ou i636, et épousa vers 1647 Dominique de Castellane, sieur d'Ampus (veuf de Gabrielle de Cambis) qui servait dans la marine et périt dans un naufrage, sur les côtes de Sicile. Elle se remaria, en i658, avec Charles de Vissée de La Tude, né en i638, baron de Ganges, colonel d'un régiment d'infanterie, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi (i656), gouverneur du fort de Saint- André de Villeneuve lez Avignon, après la mort de son père, lôSy. Il fit ériger la baronnie de Ganges en marquisat, en i663. De ce mariage naquit un fils qui continua la famille et une fille, Marie Esprite de Vissée de La Tude de Ganges, qui épousa d'abord Henri de Fay, marquis de Peraud, en Vivarais, puis, en 1691, Paul de Fortia d'Urban, dont elle devint veuve en 1734. (Voir La Chesnaye Desbois, t. XIX, p. 900. Nouv. Ed., que nous citons toujours).
Nous n'avons pas à insister sur les péripéties de la vie de M°»e de Ganges : elles ont été souvent racontées plus ou moins exactement.
Voir en particulier : Histoire véritable de la mort véritable de la marquise de Ganges, par un officier du Languedoc, voisin du lieu de Ganges, écrite, à ce qu'il paraît, en 1667, et imprimée à Arles. Ce pourrait bien être la Relation de Giffoyi, dont nous parlons page 96; Histoire véritable de la mort déplorable de la marquise de Ganges, imprimée à Rouen, en 1667; Relation de la mort de la marquise de Ganges, publiée à Paris, en i6f57, et signalée par le P. Lelong, Bibl. Hist. de France, n» 17439.
Il est parlé aussi de la marquise de Ganges dans l'Histoire amoureuse des Gaules de Bussy-Rabutin ; dans les Causes Célè-
bres de François Gayot de Pitaval (20 vol., in-12, 1734 et sqq.) ; dans les Causes Célèbres de François Richer (22 vol., in-12, 1 778- [788, Amsterdam) ; dans les Caprices de la Fortune, par Adrien Richer (4 vol., in-12, 1786-1789) ; dans les lettres Historiques et galantes de M"" Dunoyer {Londres, 9 vol., in-12, l'/b-j).
Cfr. Recueil, Ms Bibliothèque Méjanes, 767. La mort de M"» la marquise de Ganges, cy devant marquise de Castellane, empoisonnée et assassinée par l'abbé et le chevalier de Ganges ses beaux frères. Récit divisé en j3 paragraphes et terminé par l'arrêt du parlement de Toulouse qui condamne l'abbé et le chevalier a être rompus tout vifs et le marquis au bannissement perpétuel (21 août 1667), jS p., petit in-fol. Ce n'est pas la Relation de Giffon et nous en ignorons l'auteur.
Ses malheurs ont fait le sujet de plusieurs pièces de théâtre, au commencement de notre siècle. Nous ne mentionnons qu'avec répugnance le roman : la Marquise de GiJHges (Paris, in-12, 181 3), par le marquis de Sade, où l'auteur de Justine a cherché à avilir son héroïne. Trois années plus tôt, M. de Fortia d'Urban lui avait consacré un travail sérieux : Histoire de la marquise de Ganges, 1810, i vol., in-12.
Enfin, M. Ma^el, en i885, a coordonné et complété ces travaux de valeur très diverse.
Les Emulateurs d'Avignon
(voir page 107)
Nous avons recueilli trop tard quelques renseignements sur cette Académie. Barjavel, dans son Dictionnaire Historique, biographique et bibliographique du département de Vaucluse {Carpentras, 2 vol., in-8, 1840-41) lui consacre un très court article, et dit que vers T678 il n'en était plus question. Sur la foi de M. Bouillier (op. cit., p. Sy) nous avons parlé d'une demande d'affiliation avec l'Académie française, en 1678. Cette demande eût lieu en 1660, et Chapelain fut chargé d'y répondre. Il y a dans le recueil des lettres de Chapelain (publiées dans la Collection des
documents inédits sur l'Histoire de France), t. Il, i883, p. 121-149-15 1-176-178, plusieurs lettres adressées au marquis de Peraud, secrétaire des Emulateurs, qui se rapportent à l'année 1661. Enfin, dans le Bulletin Historique, Archéologique et Artistique de Vaucluse de 1879, ont paru plusieurs articles du docteur Lava/, sur l'Académie des Emulateurs.
Les indications sommaires de Barjavel sont complétées, surtout d'après un Ms de Richard de Cainbis, d'Orsan, auditeur de Rote et primicier de l'Université d'Avignon, en 161 3 et en 1625. Ce Ms appartient aujourd'hui à M. Valère Martin de Cavaillon. Il nous apprend que la deuxième séance se tint, le i^"" février i658, en présence du légat Jean Nicolas Conti et qu'on y lut les. statuts définitifs de la société. « M. François Félix d'Aymar, baron de Châteaurenard, lieutenant au régiment des gardes de Sa Majesté, fut ensuite introduit dans l'assemblée et reçu au nombre des académiciens. » Bulletin, p. 267.
M. de Châteaurenard prit souvent part aux discussions de l'Académie. Un jour, il agita cette question : s'il vaut mieux posséder les charges sans mérite que d'avoir le mérite sans les posséder ; et il prouva par un discours solide et brillant « que, quoiqu'il soit avantageux de posséder les charges sans les mériter, il est beaucoup plus glorieux de les mériter, sans en avoir la possession. » Un autre jour, il établit « qu'il n'y a rien de si nécessaire au monde que l'amitié. »
Joseph d'Arlatan de Beaumont fut aussi parmi les adhérents de la première heure, avec l'abbé Cassagne (i 635- 1679), Samuel Sorbière de Nîmes (161 5-1670) et J. ^. Suarei, évêque de Vaison (i 599-1677).
La mort de M de Benoist (i658) le départ du légat Conti, qui réunissait chez lui les académiciens (1659),
de M. de Peraud (1660), l'occupation française en i663, mirent fin aux séances et le Ms de M. de Cambis ne contient plus rien qui concerne les Emulateurs.
Néanmoins, l'Académie n'était pas morte définitivement : nous trouvons dans le Journal des Sçavans de [680, l'éloge d'une Table Chronologique, historique et généalogique des rois de France, par messieurs de la conférence géographique et historique d'Avignon, 1679. A Avignon, et se trouve à Paris chez Jean Cusson (éditeur du journal). C'était le nom nouveau des Emulateurs. En 1687, ils célébrèrent, avec toute la France, des fêtes en l'honneur du rétablissement de la santé de Louis XIV. Voir la Relation de ce qui s'est fait par messieurs de l'Académie de belles lettres d Avignon, en action de grâce à Dieu pour le rétablissement de la santé du roy, dans la chapelle royale de S. Pierre de Luxembourg, patron de la ville, à Avignon, che:{ Michel Mallard, marchand-libraire et imprimeur de l'Académie royale d'Avignon. »
Dans cette pièce, les Emulateurs se font gloire d'être associés avec l'Académie française. Ce fut leur chant du cygne. Désormais, il n'ert plus nulle part question des Emulateurs. Le marquis de Peraud, dont la présence à Avignon, donnait la vie à cette Académie, était absorbé par la fondation de l'Académie de Nîmes et ne paraissait plus que rarement dans la capitale du Comtat. Il mourut, d'ailleurs, peu après.
Le nom d'Emulateurs ne doit pas nous surprendre,
il existe encore, dans plusieurs départements de France,
des sociétés d'Emulation pour le progrès des lettres,
des arts et des sciences.
Vo'r : Bulletin de Vaucluse, 1^79, p. 5-27, une lettre de Cha-
pelain, publiée par M. Tamizey de Larroque et relative aux Emulateurs, qui l'avaient nomme membre de leur société en i66i.
L'abbé de Chambonas
(page 128)
Nous n'avons donné presque aucun détail sur cet académicien, il faut réparer cet oubli. L'abbé de Chambonas dont il est question dans la note i (p. 128) ne peut être que son frère ou son neveu. Voici la notice consacrée à M. de Chambonas, dans la France pontificale, que nous nous permettons d'emprunter tout entière :
Charles-Antoine de La Garde de Chambonas . [1671-1690]
Charles-Antoine de La Garde de Chambonas était le deuxième fils d'Antoine de La Garde, seigneur de Chambonas, commandant dans la province de Languedoc, et de Charlotte de la Baume de Sii\e qu'il avait épousée, par contrat du 16 août 1629. Il était issu d'une maison d'ancienne chevalerie, tirant son nom de la seigneurie de La Garde Guérin, au diocèse de Mende, et de celle de Chambonas au diocèse de d'Uzès, cette dernière érigée en marquisat, par lettres du mois d'avril i683, en faveur de Louis François de La Garde, seigneur de Chambonas, frère aîné de l'évêque de Lodève. Chanoine comte de Brioude, Charles Antoine était vicaire général de Viviers, lorsqu'il fut appelé à monter, en 1671, sur le siège de Lodève. Son sacre eut lieu à Paris, le i5 novembre de cette année, en l'église du couvent des Chartreux, et la cérémonie en fut faite par Louis François de la Baume de Su\e, évêque de Viviers (i), son oncle,
( I ) Prévôt de l'Eglise de Nîmes de i65S à 1 666, eut son neveu pour successeur dans cette dignité, voir plus haut, p. 382.
assisté de Louis de Rechignevoisin de Guron, évêque de Comminges (i), et Louis de La Vergue de Monteynard de Tressan, évéque du Mans.
Le nouveau prélat prêta, le 19 de ce mois, serment de fidélité aux mains du roi. Il fit prendre d'abord possession du siège par Robert de Guilleminet, archidiacre de la cathédrale et vicaire général, et ne tarda pas à venir en personne à Lodève, puisqu'on le voit, dès le ig mars 1672, signer divers actes notariés contenant des baux à ferme'des biens ou droits lui appartenant, dans toute l'étendue du diocèse ; quelques-uns de ses mandements sont signés : C. A. de Chambonas, évêque et comte de Lodève, tandis que les titres rédigés par les notaires de l'évéché le qualifient évêque et seigneur de Lodève, comte de Montbrun. Depuis 1096, en effet, le titre de comte de Lodève était passé dans la maison des comtes de Rouergue.
M. de Chambonas assista à l'assemblée du clergé de France de i685. Le 20 mars 1688, Jean François d' le lier lui rendit aveu et dénombrement à raison de la seigneurie de la Vaissière.
Un brevet du 14 octobre 1690, nomma Charles Antoine de Chambonas au siège de Viviers que laissait vacant la mort de son oncle, Louis de la Baume de Su\e, arrivée le 5 septembre précédent.
Les démêlés que la cour de France avait, à cette époque, avec le Saint-Siège, retardèrent sa préconisation qui n'eut lieu que le 24 mars 1692. Des bulles lui furent accordées dans le consistoire du 5 mai suivant, et M. de Chambonas qui, pendant tout cet intervalle, n'avait pas cessé d'administrer spirituelle -
(i) C'est à lui que Graverol dédia, en i 687, la Sorberiana.
ment le diocèse de Lodève, où il se trouvait encore en avril 1691, alla immédiatement prendre possession de sa nouvelle église. 11 quitta rarement son troupeau ; nous le trouvons toutefois à Paris, le 23 avril 1702 dans l'église du noviciat des Jésuites, conférant l'onction épiscopale à Jean Louis de La Bourdonnaye, évéque de S. Pol de Léon, et assister Daniel de Cosnac, arch. d'Aix, le 2 3 juillet de cette année, dans la cérémonie du sacre de Gabriel de Cosnac, évêque de Die (i). En 1707, il fut député de la province ecclésiastique de Vienne à l'assemblée du clergé de France qui se réunit à Paris au mois d'avril, et mourut dans son diocèse au mois de février 171 3.
Les armoiries de M. de Chambonas étaient d'argent au chef d'azur.
Fisquet, la France pontificale, province d'Avignon. Les Evêquesde Lodève, p. 462-463.
Lettre du Marquis de Chatraurenard
Accompagnant l'envoi d'un factum du duc de Saint- Ai gnan, do'it il est parlé en note, p. 199.
A Paris, ce 17 février 1672.
Messieurs,
Dans le temps que je cherchois les moyens de vous donner des marques de ma reconessance et du sentiment que je veux conserver éternellement pour vos bontés et pour la part que vous avez bien voulu prendre en mon dernier malheur, nostre incomparable
(1) II était précédemment vicaire général d'Aix, en même temps que l'abbé de Barrême, et leurs signatures reviennent souvent au bas des actes épiscopaux. Voir 42» Registre des Insinuations, aux Archives de l'Archevêché d'Aix. Ibid. Collations àe 1694 a 1708,
proteoteur est venu à mon secours et comme le factum qu'il m'a envoyé pour vous, touschant une affaire qu'il passionne extrêmement, peust seulement m'acquiter d'une partie de ce que je vous doibs, je ne scaurois différer plus longtemps et pour vostre intérest et pour le mien de vous l'envoyer, faisant connoistre par là à tout le monde et ce que nous debvons et ce que je doibs en mon particullier à cet illustre duc. Mais quand je considère que c'est payer mes debtes d'une monnoye estrangère, je tombe doublement dans la confusion, et je vous prie de considérer que comme jusqu'ici mon zelle et mon attachement pour le corps m'ont tenu lieu de mérite, vous aurez la bonté de recevoir ma bonne volonté et les sentimens ardans de reconessance que je conserve dans l'âme, comme les marques les plus assurées de la vénération éternelle que j'aurai tousjours pour toute la compagnie et pour chascun de vous en particullier, en qualité de, messieurs, vostre très humble et très obéissant serviteuret
confrère,
D'Aymar Chasteaurenard.
Registre de l'Académie, fol. io5, verso. < Le dernier jour de février (1672), M. de Grille montre la lettre qu'il écrit au duc en remerciement du factum et promet de répondre à M. d'Aymar qui l'avait envoyé. » Ibid. Au sujet de sa maladie, voir p. 253.
MM. DE Lédignan, d'Arnaud et de Valavoire
(voir p. 200).
Au mois de novembre 1669, deux nouveaux membres avaient été proposés par M. de Barras, à son retour de Paris. C'étaient M . l'abbé de Roys de Lédignan et M. âï Arnaud, de Beaucaire (i), dont il n'est plus question au Registre.
(i) Registre de l'Académie, fol. 74. Cité plus haut, p. 200.
La famille de Rqys (i) est originaire du Languedoc, elle a donné, dans tous les temps, des officiers fidèlement attachés au service du roi. Quatre branches de cette famille étaient établies à Beaucaire, au XVII*' siècle. La noblesse des Roys est très ancienne et l'on cite une donation faite le 24 septembre 1200, par Pétronille, femme de Pons de Roys à Guillaume de Roys. Ils étaient seigneurs de Saint-Michel , de Marvejols, de Cessenon, de Brescou et de Lédignan, près de Nîmes. Plusieurs membres de cette famille furent chevaliers de Malte, ce qui est une preuve de bonne noblesse. En i2o5, Hugues de Lédignan était prévôt de l'église de Nîmes.
Joseph de Roys, seigneur de Marvejols, au diocèse de Nîmes, né en i65i, établit sa noblesse de race depuis le i6« siècle, et prouva que la terre de Marvejols appartenait à sa famille depuis 1200, aussi fut-il déchargé le 16 janvier 1679, de la taxe des francs-fiefs par M. Ba\in de Besons, intendant de Languedoc.
Les Roys portaient d'azur à l'aigle éployée d'or à deux têtes ; ils étaient alliés aux Pignan, Lusignan, d'Arlos, Liautard, Amphoux, Thieulay, Monestier.
J.-B. de Barrême frère de René de Barréme, né en 1 63 8, et plus tard avocat du roi au siège d'Arles, épousa Gabrielle Gras de Preigne, fille de Jacques de Preigne et de Dominique de Roys de Lédignan.
L'abbé de Lédignan, sur lequel nous n'avons aucun détail personnel, était de cette famille, et peut-être frère du cousin de Joseph de Roys dont nous venons de parler (2).
(i) Dictionnaire de la Noblesse de laChesnaye Desbois, t. XVII, p. 911.
(2) En 1678, le P. Marc Antoine de Roys prononça l'oraison funèbre de la mère Marie Madeleine de la Très-Sainte-Trinité,
M. d'Arnaud, de Beaucaire, appartenait-il à la famille Arnaud, originaire du Dauphiné, qui sctablil à Pézenas, en Languedoc, au commencement du XVII" siècle, ou à l'une des deux autres familles Arnaud dont Robert de Briançon (t. I, p. 3o8 et sqq.) et Artefeuil, (t. I,p. 60 et sqq.) rapportent la filiation ? En l'absence de documents précis , nous ne pouvons nous prononcer. Le nom de M. d'Arnaud n'est qu'une seule fois cité dans le Registre de l'Académie, à notre connaissance, aussi c'est pour nous un inconnu.
En 1659, M. de Rebattu donna un exemplaire de son Portraict retouché de la Diane d'Arles, à M. Arnaud, aumônier de Monseigneur l'Archevêque (Bibl. Méjanes, Ms 545), y a-t-il quelque rapport entre cet abbé et l'académicien du même nom ? Nous ne savons.
Il y avait parmi les académiciens^ dès les premières années, un abbé de Valavoire, mais nous n'avons trouvé nulle part dans le Registre la date de sa réception. Le Sommaire des Délibérations, par Pierre Véran, ne le mentionne pas ; et il nous est impossible d'assigner une date, même approximative. Tout ce que nous savons c'est qu'il fut admis avant 1677.
et cette oraison funèbre fut imprimée à Avignon, i vol., in-12 (Bibl. Méjanes, 16 154). Ce religieux était sans doute de la famille de l'académicien.
Voir dans le Ms 788 de la Bibliothèque Méjanes, une plaquette (2 p. in-fol.; insérée avant l'année îyBS, qui a pour titre : Compliment prononcé sur le théâtre à Beaucaire, le 5 janvier lySz à M. de Lincel, premier consul d'Arles, au nom de la jeune troupe des acteurs, représentant dei)ant lui Le Médecin malgré lui et Les Fourberies de Scapin. C'est l'œuvre du Chevalier de Roys de Brescou, dont le nom figure au bas.
M. Joseph de Croze de Lincel était consul en 1722, il le fut de nouveau en 1732. Voir M» 788,
Le Ms 1060 assigne sa réception au 5 décembre 1667 : « Ignace d'Amat, seigneur de Graveson, l'abbé de Valavoire et Frain du Tremblai, conseiller au présidial de Anvers (?) furent reçus académiciens. » P. 212. Mais faut-il nous en rapporter à cette indication ?
La famille de Valavoire est une des plus considérables et des plus anciennes de Provence. Elle tire son nom de la terre de Valavoire, viguerie de Sisteron, qu'elle possédait depuis le XII I^ siècle, ce qui est établi par des titres incontestables (i). Elle s'est illustrée surtout dans les armes, et l'on cite un Valavoire qui fut blessé à la bataille de Marignan, d'autres se signalèrent pendant les guerres de la Ligue et commandèrent diverses places fortes de Provence. Vers la fin du XV II" siècle un Valavoire servait dans la marine royale et la Galette de France le cite. en divers endroits.
En 161 8, Pierre de Valavoire, seigneur de Vaux épousa Gabrielle, fille de Gaspard de Forbin-Soliers, gouverneur de Toulon et de Clarisse de Pontevès- Carcès. Il fut viguierde Marseille, en 1628, et laissa plusieurs enfants, parmi lesquels : François Auguste, l'aîné, créé marquis de Valavoire en novembre i652, et marié la même année avec Marie d'Amat ; il mourut lieutenant général des armées et gouverneur de Sisteron, sans postérité (après 1689). Nicolas second fils de Pierre, fut nommé évêque de Riez, en i652, et mourut en i685 ; Louis quatrième fils de Pierre, fut chanoine de Riez et occupait encore cette fonction en 1689, ^ l'époque où Robert de Briançon écrivait son Etat de
(i) Ces titres sont rapportes par Robert de Briançon, t. Ilf, p. 168 et sqq., auquel s'en réfère Maynier, p. 171-172, et Artefeuil, t. II, p. 471 et sqq. Cfr. Le Dictionnaire de la Noblesse de Lt» ChesnayeDesbqiî, t. XIX, p. 369.
la Provence. En 1695, il fut nommé abbé de Lure, diocèse de Sisteron (i).
Louis de Valavoire n'est peut-être autre que notre académicien. Il vivait encore en 1709 (2) et nous n'avons pu découvrir la date précise de sa mort.
L'abbé de Valavoire était allié aux grandes familles de la Provence et l'Académie le traita toujours comme un de ses membres les plus respectés. Le 14 août 1677, il vint à Arles et aussitôt M. de Grille alla le complimenter :
« M. l'abbé de Valavoire, confrère de l'Académie royalle, arrive ; M. le secrétaire le visite, en l'absence de la plus part de ces messieurs, qui sans doubte eussent tesmoigné à cet académicien l'estime que tout le corps se conserve pour lui (3). » Il ne paraît pas que M. de Valavoire ait souvent assisté aux séances, car il était retenu à Riez, par ses fonctions.
Deux sonnets de l'ancien viguier de Grille
(voir p. 244).
En octobre 1670, MM. de Beaumont et de Sabatier adressèrent chacun un sonnet à M. de Grille, qui leur
(i) Voir Fisquet, Métropole d'Aix, diocèse de Sisteron, p. 172, et diocèse de Riez, p. 431-436.
(2) Il existe au fonds Nicolaï, n» 114, pièces 10 et i3, deux lettres de l'abbé de Valavoire à l'évêque de Sisteron, son oncle, en date du 3i mars et du 19 avril 1709, relatives à une cession de bénéfice. Il s'agit évidemment de l'académicien, car il n'existait à cette date aucun autre abbé de Valavoire, à notre connaissance. L'évêque de Sisteron était alors Louis de Thomassin, fils de François de Thomassin, conseiller au parlement de Provence, né en 1637, évêque de Sisteron, de 1680 à 1718. Wo'ir Fisquet, Métropole d'Aix, diocèse de Sisteron, p. i3o-i34. C^) Registre de l'Académie, fol. 161, verso.
répondit sans retard : « Le lundi trantiesme novambre, M. le secrétaire faict voir deux sonnets en responses des deux précédans, que M. d'Estoublon mourant et très incommodé avoit dicté lui-mesme. On les peut voir ici pour l'honneur d'un si digne personnage, aussi bien que pour celui de l'Acadénùe, qui s'estime honnorée par un tel acte d'académicien que vient de faire cet illustre confrère, à la veille de son départ de ce monde, en octobre 1670. » Registre de l'Académie, fol. 90.
Les sonnets de MM. de Beaumont et de Sabatier n'ont pas été conservés, voici ceux de M. d'Estoublon :
A M. DE Beaumont
Je veux mal à mes yeux, cher et docte Damon, De ce qu'ils n'ont sceu voir les savantes merveilles ; J'en ai pourtant gousté les saveurs sans pareilles. Grâces à mon lecteur, grâces à son poulmon.
Que n'ai-je le secours de quelque heureux démon, Pour mériter l'honneur de tes scavantes veilles Q.ue n'ai-je de bons pieds et de bonnes oreilles, Pour te suivre et t'ouïr jusques au double mont !
Ton sonnet qui me flatte et me comble de gloire, A mis comme en dépost dans ma faible mémoire. Et de biens et de maux le meslange divers.
Car, hélas ! on peut dire, en cette conjoncture, Si je veux aujourd'hui me repaistre de vers, Que peust estre demain, j'en serai la pasture.
A M. DE Sabatier
Quelque affreux sentiment que la parque nous donne Quand son fantosme noir assiège nostre lict, Ton sonnet, cher Damon, au momant qu'on le lit. Semble éclairer la nuit dont l'horreur m'environne.
Sans double cette main qui n'cspargne personne, Epargne un triste objet que ta Muse ennoblit, Cette Muse peust tout, elle flatte^ embellit, Et se faict escouter alors qu'elle raisonne.
Mais enfin, cher Damon, c'est en vein nous flatter, La mort, la fière mort lasse de t'escouter. Va finir d'un seul coup une longue menace.
Que si rêvant pour moi quelque chose de beau, Tu veux bien prodiguer les fleurs de ton Parnasse, Garde les, cher ami, pour orner mon tombeau.
De mon lict, ce 14 novembre 1670.
ESTOUBLON (i).
Le Marquis de Vardes
(voir p. 247)
La famille du Bec, originaire de Normandie, généralité de Rouen, possédait les seigneuries de Vardes, La Brousse et Bourri. Le dernier membre fut le marquis de Vardes, dont il est ici question.
François René du Bec, gouverneur d'Aigues- Mortes, capitaine des cent-suisses de la garde du roi, chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, perdit les bonnes grâces du roi, en i663, selon d'autres, en i665, lorsque Madame eut révélé à Louis XIV le complot qu'il avait formé avec la comtesse de Soissons, pour perdre M"»* de La Vallière, en 1662. « Il lui en coûta sa charge, dit Saint-Simon, et plus de vingt-cinq ans d'exil en Languedoc ; il en revint si rouillé qu'il en surprit tout le monde et conserva toujours du provincial. Le roi ne revint jamais qu'à l'extérieur, et
(i)Il mourut après « avoir esté alicté durant une année »,le4 décembre 1670, voir plus haut, p. 244. Registre de l'Académie, toi. 90, verso.
encore fort médiocre, quoiqu'il lui rendit enfin un logement et ses entrées. « Il mourut le 3 septembre ]688, après une longue maladie. Son exil n'avait duré que vingt ans, car il reparut à la cour, en i685. D'après les Mémoires de Dangeau, t. II, p. 164 et i65, il était « de ceux qu'on nommoit pour être gouverneur de M. le duc de Bourgogne. » C'est pourquoi on lui applique un passage de La Bruyère (delà Cour) relatif aux brigues qui aboutirent à la nomination du duc de Beauvilliers, fils du protecteur de l'Académie d'Arles. Cette clef est très contestable.
En octobre 1675, le marquis de Vardes alla voir, en compagnie du coadjuteur d'Arles, l'obélisque que l'on venait de déterrer. Livre de raison de Barrai Saint-Martin, analysé dans le Musée, i"^ série, p. 227.
En 1679, il était à Arles, logé à l'archevêché, et il entretenait d'excellents rapports d'amitié avec les Grignan, ce qui explique les ménagements de l'Académie pour Corbinelly (i). Voir plus haut p. 25o.
EpiTApHE DE M. Henri d'Oppède
(voir p. 253)
Le premier président Henri de Meynier de Forbin d'Oppède, comte palatin, mort à Lambesc, le i3 no-
(i) « Le marquis de Vardes, gouverneur d'Aigues-Mortes et cordon bleu, vint alors (1679) à Arles ; nous fûmes le voir en chaperon, pour obliger M. l'archevêque chez qui il estoit logé, et pour faire honneur au gouverneur d'une place de notre voisinage, de qui nos habitants peuvent souvent avoir besoin. » Mimoires de J. de Sabatier, Musée, 3» série, p. 227.
Voir La Chesnaye Desbois, t. XI, p. 781 ; Bussy-Rabutin, His-
vembre 1 67 1 , à l'âge de 5o ou 5 i ans, légua son cœur à cette ville. Les consuls de Lambesc prièrent Henri de Boche (i) de demander à l'Académie une épitaphe pour le premier président. M. de Grille en fut chargé, son projet fut examiné par MM. les abbés de Boche et de Barrême, puis approuvé par l'Académie et Henri de Boche le transmit aux consuls.
Si cette inscription fut gravée , il n'en reste plus trace dans l'Eglise de Lambesc, reconstruite d'ailleurs sous la monarchie de juillet.
toire Amoureuse des Gaules ; les Lettres de M"* de Sévigné ; Moréri ; Les grands officiers de la Couronne, t. VI, p. 63 1 ; le Laboureur, Du Chesne, Sainte-Marthe, La Roque; Mémoires du marquis de La Fare, etc..
(i) « Monsieur de Boche revenu de Lambesq porte la nouvelle de la mort de M. le premier président. Il dit qu'il avait laissé son cœur en tesmoignage de son affection à cette ville là, dont les consuls estoyent obligés par reconnaissance de faire travailler à son épitaphe. M. Bouvet, directeur de ce moys, remonstre que c'est là un employ digne de l'Académie. M. de Boche dict que les consuls de Lambesq l'avaient chargé d'en faire la très humble prière à messieurs de l'Académie royalle. M. le secrétaire est chargé de la chose et promet de faire tout son possible, d'autant mieux que M. d'Oppède avait donné l'arrest d'enregistrement des lettres patentes du roy pour l'establissement de l'Académie royale, il estoit de justice de rendre quelque gloire à son tombeau. M. le secrétaire fit voyr quelques vers et quelques proses qu'on addressait à l'Académie sur la mort de M. le premier président, de quoy on deraendoyt le sentiment de la corn., pagnie. La chose estant agitée, il fut résolu qu'on ne s'expliquera point et que la mauvaise humeur du sieur Corbinelly debvoit instruire ces messieurs de ce qu'ils debvoient faire en pareilles rencontres (a). >
(a) Registre de l'Académie, fol. 102, verso. Décembre 1671. Voir les Mémoire» de J. de Parades de l'Estang, année 1671. Cités dans le .Vuiél de 1875, p. 177.
Hcnrico de Meynier de Forbin Baroni d'Oppède, in
Supremo galloprovinciae senatu protoprœsidi,
Quod
Cor et viscera
Suprema sua voluntate deponi jusserit Lambesco,
Ubi, dum comitia obit,
E vivis abiit
Anno 1671, mense nov. die....
Grato dictante genio,
Magno patrono suo,
Hoc Carmen posuit civitas Lambescensis.
Cui fuerat nuper vasti brevis area regni, Conditur augusta magni cor prœsidis urna, Scilicet ad superos mens una capacior orbe, Angustas pertœsa domos, cœlo fruitura recessit, Viscera quae dulcis dum vita manebat, acuto Torquebant sensu miserae fata aspera plebis, Hic deposta jacent, orbas solatia gentis, Sed late spirant cineres fatoque s.uperstes Spargit odoratam virtutum gloria famam, Dum generis titulos Forbinœ insignia gentis, Patriciosque atavos, qui claro stemmate et arctis In reges vincti obsequiis, belloque, togaque, Conspicui, primas regni tenuere curules Œterno charités laudum splendore coronant, Doctas mentis opes, facundae munera linguas, Et curas animi vigiles, vastique labores Concilii, gemino dignam diademate frontem, Pectoris invicti robur sublimiaque acta, Oppressas scelerum pestes, incendia belli Civilis i-estincta, altae molimine mentis. Sed melius Phocensum animos, nisusque féroces Mentita fractos hostiiis imagine belli, Et pulchram cœlo jussam descendere pacem, Incidunt memores ferali in marmore musae, Nec tamen hic décorum cumulus nec pulcher honorum Limes erit: meritos alibi virtutis honores, Magnorumque operum fructus Provincia sospes, Purpurei patres, comitia, principis aulae. Et favor œternum populis regnoque loquentur. Registre de l'Académie, fol. 104.
Une des inscriptions satiriques que la médisance
composa an président d'Oppède :
IN TITULUM SEPULCHRI
Henricus de Meynier de Forbin,
Nobilissimus vir
Baro d'Oppède antiquissimus,
Marchio novus,
Cornes Palatinus,
Militias togatse dux quondam,
Nuperrime proi-ex, gubernator et provinciae prœfectus
Sub cujus imperio,
Summa libertas exspiravit
Sed immerito,
(Urbs enim fidelis aeterna libertate donanda)
Ejusdem concilie,
Rex triumphavit,
Sed invitus
Quia de subditis.
Aquensis senatus princeps,
Strenuus, Magnanimus, prœpotens,
Massiliam pacificam in castrensem convertit,
Rempublicam evertit,
Maenia subvertit,
Dignitatis acerrimus vindex,
Quippe qui
Hostes ad crucem usque prosecutus est,
Hic tandem,
Amicorum cura
Opère et industria medicorum,
Jacet.
Archives des Bouches-du-Rhône , fonds Nicolaï , n» 109,
pièce 37. V. son Oraison funèbre, Bibl. Méjanes, Ms 849, pièce 46,
Sonnet de M. de Grille
(voir p. 256, note)
Ces vers furent lus à la séance du 1 8 novembre 1 672 . Ils sont à l'honneur du roi, sur la devise composée
d'un laurier éclairé par le soleil, avec ces mots : Virescam dum aspiciet, devise qui rappelle le protectorat que Louis XIV réclama cette année-là sur l'Académie française.
L'âme du grand Armand que le ciel a ravie, Me fit part autrefois du bonheur de ses jours, Je fus un digne objet de toutes ses amours, Et sa pourpre me mit au-dessus de l'envie.
Des faveurs de Séguier ma faveur fut suivie, Mon règne s'établit sur celui des deux cours. Mais enfin mon laurier eut flétri pour toujours, Si mon divin soleil n'eût ranimé sa vie.
Grand Roi dont les regards font ma félicité,
Vous êtes mon soleil et ma divinité,
Le temps ne verra point vos merveilles bornées.
Je ne crains aujourd'hui ni sort, ni changement, Ce que font les héros dure quelques années. Mais ce que font les dieux dure éternellement (i).
Le p. Bertet, S. J.
(voir p. 262)
Jean Bertet naquit à Tarascon, le 22 février 1623. Il était fils de François Bertet et d'Anne d'Ise. En 1637, il entra dans la Compagnie de Jésus et fut, durant plusieurs années, chargé d'enseigner les huma-
(i) Registre de l'Académie, fol. 109.
Le Laurier est le symbole de l'Académie française, qui parle dans ces vers. Le cardinal Armand de Richelieu, fondateur de l'Académie, fut le premier protecteur et le chancelier Séguier lui succéda. Voir une pièce intitulée : Academia Gallica ad Luparam accita, Alb. Daugières, Carmina, etc. Lyon, 1708, p. 2 53.
— 4nô —
nités. Il se tît rapidement une réputation méritée de littérateur et de savant dans les langues. Il s'attacha au cardinal de Bouillon, grand aumônier de France, qui fut, dit-on, son élève et chez qui il se retira lorsque, en 1681 , il quitta la compagnie de Jésus. Il mourut le 29 juin 1692, c\ Paris.
Il était en correspondance avec le président Henri de Forbin d'Oppède, Boiirdaloue, le P. La Chaise, le P. Ménestrier, Sorbière, Gassendi, etc., etc. La liste de ses ouvrages qui roulent sur toute espèce de sujets est donnée par le P. Bougerel, à la suite de la notice de ce savant. Bertet tenait de son père un goût prononcé pour la poésie, il tournait élégamment les vers en latin, en français, en espagnol, en italien et en provençal. En 1672, il composa une chanson provençale sur : La Campagno d'Hollando. Cette pièce ayant plu au roi, il en écrivit d'autres sur les divers exploits de Louis XIV. Celle qui eut le plus de retentissement fut une épigramme sur le siège de Maestricht (juin lôyB).
« Pour en sentir toute la beauté, il faut se ressouvenir que le siège ne dura que treize jours ; que le jour de Saint-Pierre nos troupes donnèrent un assaut furieux ; que les ennemis capitulèrent le jour de Saint- Paul, et se rendirent le lendemain.
San Peyre eme sa testa ra:{0, Diguet devant Maéstric l'autre jour à San Pau, Per combattre aujourd'hui presto mi ioun espa^o, Din dous jours, per intra te prestaray ma clau.
Il la traduisit aussi en vers latins ; elle fut fort goûtée ; on la lut au roi. Elle fut encore traduite en vers latins par M. de Montmor et par le P. Albert
d'Augières, jésuite (i), elle fut cause d'une petite dispute entre plusieurs beaux esprits, dont on trouvera le détail dans la vie de Pierre de Chasteuil Galaup. y» Bougerel, p. 209-210 (Cette vie n'a pas paru).
Sur le P. Bertet, en dehors de la notice de Bougerel (Hommes Illustres de Provence, p. 2o3-22i) composée sur des mémoires communiqués par M. Bertet, son petit neveu, et par M. Pierre Galaup de Chasteuil, (né à Aix, le 22 août 1644^ y mourut le i3 juillet 1727), on peut consulter le nouveau supplément de Moréri, art. Bertet, dans les Add. ; Pa^^OM, Histoire de Provence, t. VI, p. 786 ; Dictionnaire de Provence, t. I, p. 79 et sqq., mais tous s'inspirent du P. Bougerel.
Mgr d'Orléans de La Motte
(voir p. 285, note)
Louis François d'Orléans de La Motte, né à Carpentras, en i683, mort évéque d'Amiens, le 10 Juin 1774, après avoir été chanoine de Carpentras, vicaire général d'Arles et administrateur du diocèse de Senez, après la déposition de Soanen, par le concile d'Embrun,était de la même famille que l'académicien M, de Bédouin, dont nous avons parlé p. 287.
Voir la Vie de M. d'Orléans de La Motte, évêque d'Amiens, dédiée à Monseigneur l'Archevêque de Sens (de Brienne) principal ministre, par M. l'abbé Prqyart, Paris, Lyon, Amiens, Lille, 1788, I vol. in-12, et Dictionnaire de Provence, t. II, p. 23.
(i) Voici cette traduction, insérée dans les œuvres du P. d'Augières, Carmina, etc. Edit. de Lyon, 1708, in-8, p. 25o : Cum premeret Lodoix Trajecti mœnia, calvus Hisdictis Paulum fertur adisse Petrus :
Congredior, nunc nunc gladium mihi porge; vicissim, Claves, biduo ut hinc ingrediare, dabo.
Un des frères de J. Bertet était capucin : le P. Théodose, prédicateur assez renommé,dont les sermons ont paru, à Lyon,in-8, 1694. Il était peut-être aussi parent d'Antoine Bertet, fondateur des Gardistes.
— iOT - Quelques pièces de M, de Beaumont
(voir p. 290)
A l'illustre M. de Rebattu, conseiller du roy au siège d'Arles Sur sa traduction en vers des épi grammes de Martial (i).
Sonnet
Illustre Rebattu, cet excellent ouvrage, Fait voir jusques où va ton esprit sans égal, On ne sauroil juger ce qui vaut davantage. De la traduction ou de l'original.
Qui pourroit hors de toi faire de Martial, Un poëte françois comme ceux de notre âge, Et lui faire changer pour le bien général, Sans changer son esprit, de grâce et de langage :•
Tu fais bien aujourd'huy ce qu'il fit autrefois. Et tes vers sont au moins aussi dignes des rois, Que les siens l'ont esté des souverains du Tybre.
Vous estes différents toutefois en ce point : C'est qu'il eust une humeur et médisante et libre. Et des vices que tu n'as point. .
Beaumont (2).
(0 12J épigr. de Martial, tornées en vers françois, Ms 5ôi, p. 253 et sqq. Traduction commencée en août 1660. Continuation de Martial dédiée à Joseph de Beaumont, p. 2g5etsqq.
(2) L'original se trouve Ms 56 1, p. 247, et à la suite M. de Rebattu a écrit: Reçeu le 26 aoust 1660, puis sa réponse.
Nobilissimo clarissimoque viro D. Josepho d'Arlatan Beaumont, Musarum alumno, virtutiim cultori prœcipuo.
Quod célébras nostrum, Belmonti, carminé librum, Debetur merito gratia magna tuo.
Nos quoque laudamus tua carmina gallica, ut ipsum, Quod tribuis libro, det liber ipse tibi.
4ns —
Pour M. le conseiller de Rebattu, sur sa poésie. Sonnet
Que l'on doit à tes soings, que l'on doit à tes veilles, Grand démon du Parnasse, esprit dont tant de fois Tous les meilleurs esprits ont faict si digne choix, Pour publier la gloire et chanter les merveilles !
La douceur de tes vers enchante les oreilles, Et dans ceste douceur le mérite a son pois, Tu scais louer les dieux, tu peux louer les rois. Et ta muse a pour eux des grâces sans pareilles.
Mais digne de louer les hommes et les dieux. Tu peux encore plus, les donnant à nos yeux Par les traicts d'un pinceau dont la main est fameuse.
Aussi, cher Rebattu, mesme entre les mortels, Chacun t'immortalise et Thémis est heureuse Qu'un homme de ton prix ait soin de ses autels.
d'Arlatan de Beaumont ([).
Sonnet
Enfin quand je devroy faire crever l'envie, Rien ne m'empeschera de faire dans mes vers Un portrait raccourci des miracles divers Que Rebattu fait veoir tous les jours de sa vie.
II a par sa Rochelle (2) une palme ravie, Aux plus scavantes mains qui soient dans l'Univers, Son Marché (3) lui produit des lauriers toujours verds. Et sa moindre action est de gloire suivie.
(1) « Reçeu le 3o janvier i65i, par un laquet du sieur de Beaumont, » au bas de l'autographe, Bibl. Méjanes, Ms 664, Recueil de diverses pièces de Rebattu. Cfr. Ms 56i, p. 5.
(2) Centon imprimé au temps du siège et réimprimé en 1643.
(3) Mercatus Arelatensis, poème imprimé en lôSg. Voir p. 176 du Ms 56 1, sur le prix de l'impression (François Mesnier, Arles). En tête, il y a des vers de Claude Terrin.
Mais un grand coup d'essay qu'il a fait au barreau, Est pour toute la France un miracle nouveau, Où l'on peut admirer la doctrine et la reigle.
Et bien qu'il eust paru d'un cœur toujours pareil, Toutefois à ce coup il paraît comme un aigle, Qui mène sans trembler son Aiglon au Soleil.
Beaumont (i).
Le p. Athanase Kirker, S. J. et l'Obélisque
(voir p. 301 ET SaO..)
Né à Fulde, le 2 mai 1601, le P. Kirker mourut à Rome, en nov. 1680. Il fut professeur de mathématiques et de langues orientales, au collège des Jésuites d'Avignon. 11 le quitta, en i635, pour aller professer à l'Académie impériale de Vienne. On voit, dans la préface de ses Primitiœ Gnomonicce Catoptricœ (i . Piot, Avignon, 1 635) qu'il quitta à regret un climat favorable à ses observations astronomiques.
Le collège des Jésuites, fondé en 1564, était établi dans le palais du cardinal de Brancas, dont une ancienne tour, en face l'Eglise Saint-Didier, servait d'observatoire. C'est dans cette tour que le P. Kirker avait tracé des projections uranographiques qu'il appelait : Horologium avenionense astronomico - catoptricum in quo totiiis primi mobilis motus, reflexo solis radiOy demonstrabatur .CqX. Horologium existe encore, et l'ancien collège des Jésuites est aujourd'hui le lycée (2). La résidence du P. Kirker à Avignon explique ses rapports avec M. de Varadier de Saint-Andiol.
(i) Bibliothèque Méjanes, Ms 56 1, p. 8, sans date.
(2) Voir de l'Etat ancien de l'Instruction publique dans Vaucluse, Y>a.v Jules Cour tet, Bulletin de Vaucluse, 1879, p. 463-64.
Le P. Niceron donne la liste des ouvrages innombrables du P, Kirker, Mémoires, t. XXVII, p. 190.
- hiO —
Le Mercure Galant de janvier 1678, publia un abrégé des observations de Terrin sur les obélisques, et ce savant, mécontent de quelques erreurs qui s'étaient glissées dans cet abrégé, fit imprimer luimême ses Observations sur les proportions des pyramides et des obélisques (i), sous forme de lettre à la suite de ï Entretien de Musée et de Callisthène sur la prétendue Diane d'Arles, et réunit le tout en un volume in- 12, sous le titre : La Vénus et l'Obélisque d'Arles, par M. Terrin, conseiller du roy au siège de cette ville, à Arles, chez Jaques Gaudion, marchand libraire m dc lxxx, dédié au coadjuteur d'Arles, 179 p.
Après les Observations se trouvent les Eclaircissements des doutes proposés contre mes observations sur les obélisques et les pyramides. Terrin nous apprend que le P. Kirker avait vu tirer des ruines du cirque de Caracalla l'obélisque qu'Innocent X fit dresser sur la place Navone, et il invoque, en sa faveur, l'autorité de ce savant. Dans une curieuse pièce latine qui termine le volume, intitulée : Obeliscus régi, Arelatoque restitus, et qui est dressée à Eugène Brunet, avocat au parlement de Paris, Terrin fait l'historique de la discussion. Il établit, dès le début, l'importance de la question, parce que « Levis momenti quibusdam visa res est, ingeniosa quœ hactenus litteratos exercuit de lapidese molis in foro arelatensi erectœ nomine discep-
(i) Terrin avait composé des inscriptions latines pour l'obélisque d'Arles. Il les a conservées à la fin de son ouvrage La Vénus et l'obélisque d'Arles ; quant aux a inscriptions françoises à la louange du roi, pour mettre au piédestal de l'obélisque, au nom de l'Académie royale d'Arles », dont parle le P. Bougerel (Hommes Illustres, p. 338) nous croyons à une confusion de sa part, Terrin, à cette date, n'était pas de l'Académie, encore moins travaillait-il en eon nom, car il lui était peu sympathique.
— 'iM —
tatio. » Tel ne fut pas, selon Terrin, l'avis des érudits qui s'accordèrent à donner à ce monument le nom de obélisque, tandis que le peuple l'appelait pyramide, et cela depuis longtemps. Un seul homme soutint que ce serait un crime de changer la vieille dénomination populaire. Il s'agit de M. Gaspard de Varadier de Saint- Andiol que Terrin qualifie « vir ecclesiastica dignitate, nobilitate, eruditione, carminumque scriptione conspicuus. » M. de Varadier s'autorisa du P. Kirker et, dans une lettre adressée à M. Brunet, avocat au parlement de Paris, il soutint son opinion que Brunet réfuta, dans une dissertation « ingenii, doctrinaeque plénum opus. » Brunet demanda avis à Terrin, qui lui répondit par ses Observations, dans lesquelles il développe une opinion moyenne. Il prétend que le monument d'Arles est une pyramide, il est vrai, mais de celles qu'il faut appeler obélisques, en raison de leurs proportions, car entre une pyramide et un obélisque, il n'y a pas d'autres différences, l'obélisque étant une espèce de pyramide. L'opinion publique adoptait ce sentiment, le P. Fatou, S. J., le défendait dans un discours prononcé à la rentrée des classes du collège d'Arles ; le P. d'Aiigières (i) chantait l'obélisque ; le cardinal Emmanuel Théodose de Bouillon^ grand aumônier de France, passant à Arles, au retour de Rome, après l'élection du pape Innocent XI, et regardant la place royale des fenêtres de l'archevêché,
(i) Obeliscus Arelatensis régi consecratus, carmen A. D. J. J. (d'Augières) 148 vers hexamètres, in-40. — Voir Dubreuii, t. I, p. 253, verso. Voir plus haut, p. 3og. Il fut traduit en français par M. de Bouvet, avril 1676. 11 est cité, Alb. Daugières Carmina, etc., 1708, p. 48, sous la date 1675, et il fut imprimé, dès 1675. Voir Ms 545 de la Bibliothèque Méjanes, à la fin.
s'écriait : « Voilà un obélisque et une autre Rome. » Ces paroles étaient répétées dans le public. Enfin Pellisson, dans ses inscriptions, penchait vers ce sentiment et le roi les avait approuvées. Tout à coup, parut l'écrit de M. de Varadier qui combattait l'opinion générale (i). « Inopinato prodit tanquam e tripode oraculum : Pyramidis arelatensis vindicatum nomen, opéra scilicet nobilissimi viri supra laudati. »
M, de Varadier l'envoya à Terrin qui le parcourut, pour y découvrir les raisons opposées à ses observa' tions. Pour tout argument, il y trouva trois lettres du P.Kirker. (Nous continuons à analyser l'écrit de Terrin.)
Certes, l'autorité de cet homme « pour qui la sagesse des Egyptiens n'a pas de secrets » était de nature à trancher le débat. Aussi Terrin, pris à parti, essayat-il de montrer que ces lettres ne prouvaient rien et que les ouvrages du P. Kirker établissaient, au contraire, que le monument d'Arles était un obélisque, non une pyramide. La première lettre du P. Kirker, écrite après une grave maladie, ne peut être invoquée comme l'expression de sa pensée vraie ; la seconde est embrouillée et prouve plutôt que le monument doit être appelé obélisque, puisque il convient qu'obélisque et pyramide ne diffèrent que de mesures « non nisi decurtatione. » Dans la troisième lettre, sollicitée par M. de Varadier qui « anxius desuae pyramidis fato, oraculum
( I ) Dans la préface de son écrit: Pyramidis arelatensis vindicatum nomen, M. de Varadier faisant allusion à sa cécité disait: « Fateor equidem cœcum in errores facillime labilem, nec ejus testimonio de re visibili esse attendendum ni peritissimorum authoritate et suffragiis innitatur. » Il ne cesse d'en parler dans ses vers.
Dans les Juvenilia, V. p. 8 , 4 pièces sur la pyramide, pui» p. 3 12 se trouvent deux autres pièces : Erectae Pyramidi Arelatensi. V, Ms 1060 à l'année 1677.
tertium tentavit », il n'y a aucun argument nouveau. Le P.Kirker n'est pas plus affirmatif: <i! Solum in contextu sermonis molem nostram Pyramidem vocat, at obeliscum esse non negat , de quo tamen summa quœstionis, » p, 171.
Mais si les lettres du P. Kirker, en faveur du nom de pyramide, ne sont pas concluantes, ses ouvrages sont très formels, en faveur du nom d'obélisque.
« Sed nondum ab adyto discedat vir nobilissimus ; habeo quo continuetur oraculi vox ; supplebit Obeliscus Pamphilius, quod primo et ultimo eruditissimi Kircheri responso deest mediumque, meamque simul sententiam plenissime confirmabit, scilicet pyramidem ab obelisco non differre nisi ut genus a specie, obeliscum esse pyramidem nostramque molem verum obeliscum esse. » Et Terrin cite les pages de l'ouvrage en question, (paru en i65o) il ajoute que c'est dans les écrits de ce père, qu'il faut chercher son véritable sentiment et non dans les lettres où l'amitié nécessite certaines atténuations, pour ne pas froisser les opinions de nos amis. Cela est d'autant plus vrai, ajoute-t-il, que le P. Kirker, dans ses lettres, est très réservé tandis que ses ouvrages sont très explicites.
« Hic verus mihi crede Kircheri sensus est qui saepius molem nostram pyramidem dixit, ut viro nobilissimo favere videretur , nunquam obeliscum esse negavit ne veritatem lœderet : nisi tamen putare quis possit patrem eruditissimum ut urbanitatis officiis plenius fungeretur, totum Obeliscum Pamphilium, totumque Œdipum^Egyptiacum (i), ingentisdoctrinae opéra quibus maxima famae sua pars structa est, unico epistolio obliterata voluisse. » p. lyS.
(i) VŒdiyus ^gyf}tiacus du P. Kirker parut en i65<.
Terrin conclut que le nom d'obélisque est seul admissible, l'obélisque étant une sorte de pyramide aiguë dont les proportions répondent à celles du monument d'Arles, et que cette sorte de pyramide « est appelée indispensablement du nom d'obélisque. » La postérité s'est rangée à l'opinion de Terrin, et la querelle que nous venons de résumer est bien oubliée aujourd'hui.
Le récit de la marche et de l'élévation de l'obélisque se trouve avec les planches et les dessins dans les Mémoires de Véran. Le livre de raison de la famille Barrai de Saint-Martin analysé dans le Musée de 1873 (225-232) contient de nombreux détails sur la découverte de l'obélisque, son transport et son élévation et sa décoration.
Cfr. Mémoires de J. de Sabatier; Annales des Minimes d'Arles par le P. Melchior Fabre, p. 121-1 25, Ms 547, Bibliothèque Méjanes. Les inscriptions de Pellisson y sont citées avec la traduction de Séguin, faite a avec sa subtilité ordinaire. »
Les inscriptions de Pellisson furent traduites en français par Séguin (1682) qui dédia sa traduction aux consuls et la fit imprimer sous forme de placard, à l'usage des « voyageurs curieux. » Il y a un exemplaire à la suite des Antiquités, à la Bibliothèque Méjanes, n" 14601,(13290).
Consulter un très curieux ouvrage, dont la Bibliothèque Méjanes possède un exemplaire, avec l'ex-libris de Sade (Recueil 31,687 pièce 9): Poème provençal sur l'Obélisque d'Arles, nouvellement érigée à la gloire de Louis le Grand, par nobles François de Boche, Maurice Romani, Antoine Agard, Jean Maure, et mise dans sa dernière perfection par nobles Pierre de Sabatier, sieur de l'Armelière, Pierre Deloste, Claude Beuf, Gérard Beuf, consuls et gouverneurs de la ville et citté d'Arles, juges des polices, seigneurs de Trinquetaille, composé par Pierre Vespier maistre. fournier des^Baux, habitant de cette ville d'Arles.
A Arles, chez Claude et Jacques Mesnier, imprimeur du roy et de ladite ville, 1676, 36 p., in-8. Cité par Dubreuil, 1, 253.
Notons en terminant, que M. Estrangin est revenu sur l'opinion émise par lui, dans les Etudes sur Arles, p. 106, et affirme dans sa Description de la ville d'Arles (Aix, 1845), p. 64, que l'obélisque est d'origine égyptienne.
— 4!5 — Inscription pour l'Obélisque
(voir !>. 503)
Cette inscription fut proposée par M. de Grille comme la moins imparfaite (décembre 1 675), et c'est d'elle que Pellisson s'est inspiré. Voir Registre, fol. 140 et fol. 159, et plus haut p. 3o2 et 338.
Dum Batavos domat
Ludovicus Magnus,
Dum Belgas, Hispanos, Germanos vincit,
Dum hostes ubique fugat et fundit.
Ne quid sileat,
In tanto victoriarum et triumphorum applausu,
Loquuntur lapides,
Ne quis non audiat,
Vocem praebet Academia regia Arelatensis.
Sciant posteri
jEgyptiorum more urbem inclytam
Obeliscum hune soli regio,
Erexisse, dicasse, sacrasse.
Inscriptions dr l'Obélisque d'Arles
Composées par Pellisson.
Ludovic© magno,
Omnes omnium ante se principum virtutes amplexo,
Imperatori invictissimo,
Legislatori sapientissimo,
^quissimo judici,
Clementissirao domino,
Benefactori amplissimo,
Patri populorum optimo,
Vere régi,
Olim soli sacrum Gentium Dec ;
Nunc felicioribus auspiciis,
Splendore ac sublimitate fortunac,
Ingenii lumine, perspicacitate,
Vi, claritate,
Mentis magnitudine ac beneficentia,
Vero orbis gallici soli,
Nec pluribus impari,
Qui nec errât, nec cessât
Quieto similis :
Proque ejus incolumitate, alque saiute.
In qua salus publica .versatur
Deo optimo maximo,
Dicat, vovet, consecrat,
Ludovico raagno,
Ad aeternitatem gallici nominis nato.
Semper victori,
Semper pacifico,
Studiorum, artium, virtutum omnium,
Parenti mitissimo et liberalissimo
Ejusque justitias, pietati, providentias,
Munificentiae,
Ludovico magno,
Q.uod labefactatam rempublicam,
Restituerit,
Authoritatem regibus, vim legibus.
Rébus ordinem,
Reddiderit,
Impiam singularium certaminum rabiera,
Exstinxerit,
Terra marique in immensum
Francorum vires, commercia, imperium,
Auxerit, propagaverit,
Gentis Fœderatas armis,
Ipsam invidiam gloria
Vicerit,
Quelques Rectifications de détail, (dates, noms, inexactitudes partielles, etc.)
« C'est un métier que de faire un livre, comme de faire une pendule : il faut plus que de l'esprit pour être auteur. » La Bruyère (des Ouvrages de l'esprit). Pour l'exécution matérielle d'un volume il faut une grande patience et une attention soutenue, encore échappe-t-il nombre de fautes et d'erreurs ! Les Errata sont rarement consultés, néanmoins un auteur peut et doit se livrer à la révison matérielle de son livre, ne serait-ce que comme satisfaction personnelle. C'est ce que nous avons fait, en essayant de relever les principales fautes, et avec la conscience cependant de n'avoir pas réussi à les signaler toutes. Les erreurs purement typographiques seront corrigées par les lecteurs eux-mêmes, qui voudront bien n'en faire un crime ni à l'auteur, ni même à son imprimeur :
Qiiandoque bonus dormitat Homerus.
Nous avons écrit tantôt Conrard, tantôt Conrart. Les deux manières d'écrire sont employées dans le Registre de l'Académie d'Arles, et au XVII* siècle, Chapelain et les autres correspondants de Conrart s'en servaient indifféremment. Mais toutes les signatures du Dossier, conservé à la Bibliothèque Nationale (pièces originales 889, Conrart i8832, p. 52 à 58) portent Conrart, avec un t, ce qui tranche le débat.
De même, nous avons écrit Aj^mar et Aimar, parce que ces deux orthographes étaient en usage au XVII« siècle ; de même encore. Boche et Boches, Robin et Roubin, Aiguières et Eyguières, Bouvet avec ou sans particule, etc., etc. L'orthographe était chose si varia-
ble, surtout pour les noms propres, au XVII" siècle, que nous n'insistons pas. Nous avons adopté l'orthographe d'Augières, mise en honneur par le P. Bougerel, puis par le Dictionnaire de Provence, alors que d'après les documents originaux, il faut écrire Daugières, en un seul mot : nous réparerons cette faute. Une erreur plus grave, et que nous devons relever ici, est celle qui nous a fait écrire presque partout Bouguerel, au lieu de Bougerel. Le savant oratorien est trop connu, pour qu'il soit excusable de ne pas écrire son nom correctement.
Joseph Bougerel, naquit à Aix, le 23 février 1680. Son père était procureur au Parlement. Le 3 mai 1678 Jean-Baptiste Bougerel et Michel Bougerel frères, furent reçus au prieuré de Saint-Gilles d'Arles en qualités de chapelains conventuels. Ils étaient nés à Aix, paroisse Sainte-Madeleine, en i663 et 1667. Etaientils les frères ou les cousins de Joseph ? Nous ne savons (i). Ce dernier entra à l'Oratoire, en 1702, et mourut à Paris, le 19 mars 1753 âgé de 73 ans. Il y résidait depuis 1726, époque où il quitta la Provence.
L'abbé Gouget, son ami, a publié son éloge dans le Journal de Verdun de juin 1753, p. 445-451.
« S'il n'étoit pas doué d'un grand génie, il avoit,en dédommagement un grand amour pour le travail. Il s'appliqua principalement à faire des recherches sur les écrits et la vie de plusieurs gens de lettres, et en particulier sur les Hommes Illustres de sa province. » Bibl. Méjanes, Ms 746, p. 149. Le P. Bougerel fut un chercheur intelligent qui consacra sa vie à l'étude.
(i) Pierre Augustin Bougerel, était conseiller au siège d'Aix, en 1750, et semble être le frère de l'Oratorien.
— il9 —
Voir pour plus de détails sur la vie et les ouvrages de Bougerai le Ms 746 de la Bibl. Méjanes : Vie des Pères de l'Oratoire provençaux les plus distingués ou par leurs ouvrages, ou par leur piété ou par les places qu'ils ont occupées dans la congrégation, par le P. Bicaïs, de l'Oratoire, p. 149-156. Cfr. Notice de l'Oratoire de France {1788-89) par le P. Bicaïs, 2 vol. 10-4°, Ms Bibliothèque Méjanes 639-640, d'où est tiré l'ouvrage précédent ; Dictionnaire des Hommes Illustres de Provence, t. I, p. 118 (i).
Bougerel avait préparé un ouvrage en 4 vol., in'4°, dont il avait même publié le prospectus en 1 7 1 8 . Il était intitulé : Mémoires pour venir à l'histoire des Hommes Illustres de Provence et de tous ceux qui se sont distingués par leur sainteté, leur sçavoir leurs emplois... depuis la fondation de la ville de Marseille jusques à présent, avec des dissertations et des notes.
Cet ouvrage avait été annoncé dans les Mémoires de littérature et d'Histoire du P. Desmolets, t. I, première partie, p. 77, dans les Nouvelles littéraires, vers 1723 et dans la Bibliothèque historique du P. Lelong,en 17 19, p. 872^ mais la mort surprit Bougerel, au moment où il venait de l'achever et d'en publier un extrait : Mémoires pour servir à l'Histoire de plu-
(i) Les œuvres de Bougerel sont éparses dans les divers recueils littéraires et le plus grand nombre sont restées manuscrites.
La Bibliothèque d'Aix possède le Parnasse Provençal ou les poètes provençaux qui ont écrit depuis environ le seizième siècle jusques à présent, par le P. Bougerel de l'Oratoire (Ms 728 ) petit in-4' de i36 p. Ce n'est qu'une ébauche intéressante. On trouve encore à la Méjanes une lettre ou dissertation du P. Bougerel sur l'avocat général Guéri n adressée au président Hénaut. Recueil, Ms 798, pièce 4. Elle est datée du i5 décembre 1747, et comprend 24 p. in-fol.
sieurs Hommes Illustres de Provence, i vol., in- 12, Paris, Claude Hérissant (1752).
Le Ms 782 delà Bibliothèque Méjanes, pièce i3 '• Ecrivains de la Provence qui sont en vie, en 1750 parle (§ XIII) de^ce ^volume que l'on imprimait et qui devait paraître, sur la fin de cette année 1751 ou au commencement de 1752. Voir le Journal des Scavans de 1752 et le Journal de Fer^wn, de juillet 1752.
Consulter sur le P. Bougerel, un volume de la petite Bibliothèque oratorienne du P. Ingold, intitulé :
Le P. Joseph Bougerel, prêtre de l'oratoire. Notice biographique et bibliographique, d'après des documents inédits, Paris 1882, I vol., in-i8.
Les œuvres imprimées du P. Bougerel, avaient déjà été indiqués dans l'Essai de Bibliographie oratorienne, par le P. A. M. P. Ingold, bibliothécaire de l'Oratoire, i vol., in-8, Paris, 1880-1882, Sauton et Poussielque, p. 14-16. Cette liste est complétée dans le nouveau volume, et les Ms qui existent encore (car beaucoup sont perdus) y sont décrits avec la plus scrupuleuse exactitude.
L'œuvre capitale de Bougerel, les Vies des Hommes Illustres de Provence, forme 4 vol., in-4°, d'une écriture serrée et tout prêts à être livrés à l'imprimeur. Le Ms définitif est en la possession de M™» de Bougerel, à Lyon, et M. le marquis de Clapiers, à Marseille, possède la copie d'une notable partie. Au t. III, après le livre XVI, se trouve V Histoire de l'Académie d'Arles (environ 5o pages). Ce sont, au rapport de Goujet (journal de Verdun, juin 1753, p. 451) des documents que Bougerel eut pas le temps de mettre en œuvre. Comme le P. Ingold, nous désirons vivement que les précieux Ms de Bougerel soient publiés, car il contiennent probablement des trésors des choses ignorées.
Nous regrettons, en particulier, de n'avoir pu consulter les notes sur l'Académie d'Arles. Bougerel avait résidé à Arles et devait avoir des informations très précises.
Nous lisons dans le Parnasse Provençal qu'Antoine Bertet, père de Jean Bertet (voir p. 404) était poète lui-même et qu'en dehors de vers provençaux très appréciés, il composa un traité'd'éloquence (p. 83).
Enfin nous empruntons à cet ouvrage inédit la notice sur Gaspard de Venel, qui complétera les renseignements donnés déjà par nous, plus haut p. 237.
« Il n'y a guère eu de magistrat en Provence plus connu que A/, de Venel (i). Il naquit à Aix, et fut reçu conseiller au Parlement de Provence, l'an i633. La poésie provençale fit ses délices, il composa une grande quantité de pièces qu'on n'a pas pris soin de recueillir et qu'on aurait aujourd'huy bien delà peine à retrouver. En 1676, il donna une tragédie Françoise intitulée : Jephté. Il avoit mille secrets très curieux qui le faisoient passer pour sorcier parmi le peuple ; il aimoit le plaisir, la joie ; aussi n'a-t-il rien épargné pour se contenter. Il avoit épousé Magdeleine de Gaillard, dame d'un grand mérite, dont il n'eut point de postérité ; elle fut gouvernante des nièces du cardinal Ma^arin et ensuite sous-gouvernante de Messeigneurs les ducs de Bourgogne, à' Anjou et de Berry. Elle mourut en 1687. Son mary lui survécut car il ne mourut qu'en 1697, il fut enterré dans l'Eglise du premier couvent de la Visitation. J'assistai à ses obsèques. C'étoit un très bel esprit. Il eut, comme j'ai dit ailleurs (2), une petite dispute avec M. deCha-
(i) Parnasse Provençal, Bibl. Méjanes, Ms 723, p. ii8etsqq. (2) Ibid. p. 71. Jean de Chazelles, prévôt du chapitre de Saint- Sauveur d'Aix, mourut en 1671.
\elles, sur quelques expressions qu'il avoit employées dans un sonnet. Ils choisirent M. Godeau pour arbitre. Je m'en vais rapporter la lettre de ce prélat, telle que Je la trouve dans le recueil Ms de ses lettres, que j'ai entre mes mains, parce qu'on n'en a donné qu'une partie. Elle se trouve dans mon recueil p. 102.
Lettre de M. Godeau à MM. de Venel et de Cha:{elles.
Messieurs,
Vous me faites beaucoup d'honneur de me prendre pour juge delà noble dispute qui s'est élevée entre vous
Au 'reste je souhaiterois q^u'il n'y eut dans l'Europe que des querelles semblables à la vôtre ; elles feroient quelque bruit, mais ce.seroit un bruit comme celui des cascades. Que sait-on si la fontaine d'Hypocréne n'en fait point sur le mont du Parnasse ! Si vous devez toujours disputer aussi agréablement que vous faites, je ne vous conseille pas de vous accorder jamais et je me mêlerois volontiers de votre querelle, non pas comme juge, mais comme entremeteur intéressé qui apprendray toujours quelque chose en nous entendant disputer : je suis de tout mon cœur..,
Antoine, évêque de Vence.
A Vence, le i" septembre 1669. »
Nous ne citons pas cette lettre en entier, non qu'elle ne soit piquante, mais il faut nous borner et elle a déjà été publiée dans la notice sur le P. Bougerel, dont nous parlions plus haut. Godeau mourut 3 ans après, âgé de 69 ans (1603-1672).
Un autre nom a été complètement défiguré par suite d'une erreur de lecture, c'est celui du P. de Mervesin, qui est transformé en celui de Mercuesin. p. i85.
Joseph de Mervesin, né à Apt, en Provence, fit profession dans l'ordre de Cluny, qu'il quitta plus tard. Il publia, en 1706, une Histoire de la Poésie Fran-
çaise, qui tut bien accueillie, malgré son peu de valeur réelle, à cause de la nouveauté de la tentative.
Il fut vivement pris à partie par M. de Remerville de Saint -Quentin, aptésien, comme lui, et à la suite de ses critiques , Mervesin donna une seconde édition améliorée de son œuvre, in- 12, Amsterdam, 1717.
J. de Mervesin mourut de la peste, en soignant les malades, à Apt, en 1721.
Il a laissé V Histoire du marquis de Saint-André Montbrun, Paris, 1696, in- 12, plusieurs poésies, et un canevas de rhétorique restés manuscrits (i).
Dans l'introduction, p. xvi, au lieu de : par le P. Fabre de Tarascon, minime, lisez : par le P. Fabre de Tarascon, grand carme ;
P. 3, note I , au lieu de : lettre patente, lisez : lettres patentes, le singulier n'est pas usité ;
P. i3, au lieu de : François d'Aiguières est né probablement en 1637, lisez: François d'Eyguières est né en 1647, ^'^^^ 1^ date exacte donnée par les généalogistes de la famille, en particulier par le P. Loys, cordelier .d'Arles, mort à Nîmes, en décembre 1744 ;
P. 14, dans la note 2, lire : Roquemartine, au lieu
(i) Voir le Dictionnaire de Provence (t. I, p. 5 14-5 1 5) qui lui consacre un long article, et Bibl. Méjanes, Ms 820, p. 1101-2, Critique du Nobiliaire de Provence : « N. de Remerville de Saint- ' Quentin, très scàvant dans les vieilles Chartres et dans l'Histoire des Familles. » Recueil Ms 84g, pièce i3, une lettre autographe de M. de Remerville à M. de Chasteuil de Galaup, à Aix, datée d'Apt le 14 décembre i7o3,et contenant un conte badin, etc. Voir Recueil, Ms 77g, 4 lettres de 1725 à 1728 ; Ms 847, d'autres lettres datées de 1706, et l'article du Dictionnaire de Provence, t. II, p. 148-150, sur ce savant qui mourut en 1730, à Apt, où il était né, en i65o.
de Rochemartine, puis ajouter : Les Lubièr&s sont éteints, et le nom et les biens de cette famille appartiennent aujourd'hui à M. de Bonnecorse , ancien conseiller à la cour d'Aix ;
P. 21, à la ligne 24^, lire : en i658, au lieu de : en i663. Voir p. 23, note 2 ;
P. 22, à la fin de la note i, au lieu de : René de Barrême mourut en 1702, lisez : mourut en 1697, voir aux Pièces Justificatives, p. 3 80 ;
P. 33, la note sur la comtesse de Su\e, doit être rectifiée, ainsi qu'il est indiqué aux Pièces Justificatives, p. 38 1 ;
P. 49, à la fin de la note, au lieu de : Henri de Boche mourut en 1721, lisez: mourut en 1709, voir p. 28. Ce fut la troisième femme de Henri de Boche, Françoise de Pierre de Bernis qui mourut en Juin ou Juillet 1721 ;
P. 5o,-à la troisième ligne de la note, au lieu de : Registre, fol 2, verso, lire : Registre, fol. 1 1, verso ;
P. 74, la note i doit être supprimée, car, si M. de Cays avait déjà fait partie du conseil de ville, il ne fut élu consul que le 2 5 mars 1667, selon l'usage ;
P. 86, parmi les signaturer des académiciens, au lieu de : Montmiras-Lubières, lisez : Montmiral- Lubières, au lieu de : Defaure Fondumente, lire : De Faure Fondamente ;
P. 92, ligne quatrième, au lieu de : M. de Grille prononça hautement, lisez : M. de Grille ^e prononça hautement ;
P. 92, ligne septième, supprimez le membre de phrase : sans oublier la Diane d'Arles, qui semblerait indiquer que cette statue est une œuvre de la Renaissance, ce qui est inexact ";
P. p3, ligne huitième, au lieu de : peu de cas de
mériter des reproches, lisez : peu de cas des reproches ;
P. 93, ligne douzième, au lieu de: voires mêmes, lisez : voire même ;
P. 95, sur la marquise de Ganges, voir Pièces Justificatives, p. 385 ;
P. 107, Smx \&s, Emulateurs, von Pièces Justificatives, p. 387 ;
P. 108, la note sur Gilles Roubin a besoin d'être corrigée. Sur la foi de l'abbé Paul, collaborateur du Dictionnaire de Provence, nous affirmons que Roubin s'était fixé à Trinquetaille. La vérité est qu'il habita toujours le Pont Saint-Esprit, sa patrie.
L'article de M. Fassin, auquel nous faisons allusion a été reproduit dans le Musée, 3'" série, p. 35 et sqq. Il est puisé dans V Avertissement qui se trouve en tête des oeuvres de Roubin (17 16) et qui a été rédigé par Joseph Roubin, son fils ;
P. 122, au lieu de : M. de Barras, lieutenant de la ville, lire : M. de Barras, lieutenant particulier du siège d'Arles. Il fut installé par Terrin, conseiller au même siège. Nous avons quelques doutes sur l'identité de xM. de Barras ; peut-être nos recherches les ferontelles cesser, mais nous en devons l'aveu aux lecteurs ;
P. 123, à la ligne sixième de la note, au lieu de : Clémens de Saint-Laurent, lisez : Clumanc et Saint- Laurent. Clumanc, canton de Barrême (Basses-Alpes) ;
P. 128, la note i est rectifiée aux Pièces Justificatives, p. 390; M. de Chambonas fut député aux assemblées du clergé de 1670-1685-1693-1695-1701-1707, pour la Province de Vienne ;
P. 200, sur MM. de Lédignan et ai Arnaud, voir Pièces Justificatives, p. 393 ;
P. 239, Balaruc est une station d'eau à 12 kil. de Cette, à l'extrémité orientale de l'étang de Thau ; on y
envoie les malades atteints de scrofule, de paralysie, de rhumatisme, etc., on voit que sa réputation est ancienne, le Registre en parle souvent ;
P. 270, dans la note, il est dit de Charpentier, qu'il devint directeur perpétuel de l'Académie, c'est : secrétaire perpétuel qu'il faut lire. Il succéda à Valentin Conrart, en lôyS ;
P, 290, dans la note 2, au lieu de : M. de Rebattu avait alors 62 ans, lisez: 72 ans. Voir Ms SSg delà Bibliothèque Méjanes, à la suite de l'autographe du Portraict retouché de la Diane d'Arles. « Commencé le 23 avril lôSg, achevé d'imprimer le 23 juin lôSg, Rebattu fecitanno œtatis 72, Deo gratias 1659. » Il mourut en 1662. La Méjanes possède nombre de ses autographes, Ms 545, 56 1, 664, 839, etc. ;
P. 3oi, nous avons dit, en note, que les Oô.s-er)Ja^/ow5 de Terrin furent le point de départ de la discussion sur l'obélisque, elles en furent, en réalité, la conclusion. Voir Pièces Justificatives, p, 409 et sqq. ;
P, 328, en parlant de Colbert nous avons dit que sa sœur épousa le fils du protecteur de l'Académie, Ce n'est pas la sœur, mais la fille de Colbert (16 19-1683) Henriette Louise, qui épousa Paul, hls aîné du duc Beauvilliers, le 20 janvier 1671. Voir Arte/euil, t. I, p. 273 ; P. Anselme, t. IV, p, 693 et sqq. ;
P. 329, la note i doit être complétée ainsi qu'il suit : La famille Brunet a fourni successivement six notaires de 1622 à 1765. Le nom de l'un d'eux est cité dans le Registre de l" Académie, à l'occasion des dépenses pour l'obtention des lettres patentes de 1668. Ce doit être ^runef^S/mon, qui exerça de i653 à 1682 et succéda à son père Gaspard Brunet, l'auteur du Recueil de diverses pièces et mémoires servant pour les affaires de la ville d'Arles, de 877 à 1666, par Gaspard Brunet,
notaire royal et secrétaire de la maison commune d'Arles, Ms autographe, Archives des Bouches-du-Rhône, fonds Nicolaï, n" 140. Les actes de Brunet sont à présent dans l'étude de Af" Fouquoii.
Un Gaspard Brunet fut capitaine de la ville en i683, puis trésorier de 1688 à \y\5 au moins, ce ne peut être le même personnage ;
P. 370, au lieu de : notre assemblée n'est composée pour la plus part de gentilshommes, lisez : n'est composée pour la plus part que de gentilshommes ;
P. 386, au lieu de : épousa vers 1647, Dominique de Castellane, lisez : épousa en 1649. (Bibliothèque Méjanes Ms 757). La marquise de Ganges fut mariée à peine âgée de i3 ans.
Nous bornons là nos rectifications mais plus nous relisons ce volume, plus nous voudrions modifier, ajouter ou remanier. . .
Fin du premieu volume.