Antoine-Théodore Giroult. pensionnaire depuis 1 7 7 s
de partir. Pour parvenir à lever les plans de Caprarole. que le s1' Lanoy 1 vous a demandé [de faire], comme ce palais appartient au roy de Naples et que son ambassadeur est absent de Rome, j'ai eu recours au secrétaire d'ambassade, à qui j'ai demandé la permission, ce qu'il m'a promis d'obtenir de sa cour. D'abord qu'il m'aura envoie la permission, le s' Lanoy partira.
8 mai 1782.
.Mou devoir me prescrit de vous témoigner mon étonnement sur ce que, dans une académie qui fait tant d'honneur à la France, devenue la pépinière qui répand des artistes dans toute l'Europe, il n'y ait point, je ne dis pas une bibliothèque, mais pas un seul livre pour y chercher des sujets. De mon tems j'en parlay à M. Notoire, qui ne m'écouta pas. Je prends donc la liberté de vous en parler. Monsieur le comte: vous (fui avez extrêmement à cœur le progrès des arts, procurez-nous, je vous prie, petit à petit, les livres indispensables aux peintres. Vous savez mieux que moi que la peinture et la sculpture tirent leurs productions de l'histoire et des poètes : or, si les pensionnaires ne sont point à portée de trouver ces livres sous la main pour cultiver et nourrir leur génie, leur génie vide de pensées n'engendrera
]. François-Jacques de Launois, architecte, arrivé en 1779.
332 l'académie de frange a rome.
que des sujets rebattus, au lieu de sujets neufs, dont l'histoire est inépuisable. Je sçais que les tems peu favorables aux dépenses extraordinaires sont des raisons avec lesquelles on peut me clore la bouche d'un seul mot. Cependant j'ose vous représenter, Monsieur le comte, que l'on pourroit commencer par quelques livres de la première utilité '.
26 juin 1782.
Les peintres, les sculpteurs et les architectes travaillent tous vigoureusement à leur morceau, que j'ai vu et ([ue je revois de tems eu tems. et je puis vous assurer. Monsieur le comte, que les peines qu'ils se donnent ne seront point infructueuses. Le s1 Giroust a fini sa copie d'après la Sainte Pètronille du Guerchin ; le coup d'éperon qu'il a reçu en copiant ce tableau me persuade fortement qu'il partira de la pour se montrer d'une manière
1. Pierre ne fut pas lies favorable à cette proposition: il observa que cette bibliothèque serait bien vite dissipée, que de son temps, en 1735. il y avait seulement à l'Académie de Rome « une vieille Bible et une vieille Fleur des Saints de Ribaneira, deux in-folio plus déchirés que salis par la lecture. » et que les élèves désireux de s'instruire ne manquaient jamais de facilités pour le faire. (27 juin.) Toutefois Lagrenée, ayant trouvé un petit fonds de livres d'occasion, obtint l'autorisation de l'acquérir pour l'usage des élèves, et bientôt la bibliothèque ri<> l'Académie se composa de 77 volumes, comprenant Diodore de Sicile, Plutarque, Virgile, Homère, Quinte-Curce. Horace,
jusqu'à présent inattendue. Le sv Lamarie ' a fini son académie modelée d'après nature, et travaille actuellement à achever sa copie en marbre de VAppoline pour le Roy. Le sr Bacari- est occupé à finir son académie d'après nature, et ensuite commencera sa copie eu marbre, pour le Roy, du Joueur de disque qui est au muséum du Vatican, et que le pape, à la sollicitation de M. le cardinal de Bernis, a permis que l'on moulât. Il y a un bloc de marbre dans la cour de l'Académie qui servira pour cette figure ; mais pour la copie du Philosophe Zenon, que le s1' de Seine'3 doit exécuter pour le Roy, j'en ai fait venir un... Le nommé Lesueur, sculpteur, le dernier arrivé4, donne les plus grandes espérances: sa
Anacréon, les Annales de Tacite, la Pharsale de Lucain, les Lettres de Pline le jeune, les Annales romaines, le Voyage du jeune Cyrus, Télémaque, les Révolutions romaines, la Henriade. la Jérusalem délivrée, YHistoire des Grecs par Temple, les Incas, l'Histoire d'Angleterre, Y Art des anciens par Vinkelman, les Révolutions- de Suède, les Révolutions de Portugal, les Révolutions de Russie, la Vie de Charles XII, la Vie de Christine, reine de Suède, les Caractères de Théophraste, un Dictionnaire de la Fable, un Abrégé de la Fable, un Dictionnaire des hommes illustres, des Anecdotes des beaux-arts, et les Satires de Juvénal. (Catalogue envoyé en 178o.)