P. Clément, V
\. Procès-verbal du 6 novembre 1666. à TÉcole des beauxarts.
encourager les jeunes artistes, et le cavalier Bernin daigna se déranger pour corriger leurs essais. Moins de trois ans après, la colonne Trajane était moulée tout entière, et l'on commençait la même opération pour les figures et les chevaux de Monte- Gavallo1. En même temps, les peintres copiaient au Vatican les tapisseries de Raphaël ; le recteur^ tout en les surveillant, s'occupait d'acquérir pour le roi des objets d'art et pressait l'achèvement de la statue de Louis XIV par le Bernin, cette fameuse statue qui, après avoir été demandée, pour ainsi dire, comme une faveur, payée et prônée à l'avance comme un chef-d'œuvre, fut jugée si médiocre qu'on la relégua dans un coin des jardins de Versailles, en remplaçant le royal visage par une tête de fantaisie. Errard trouvait encore assez de loisirs pour exécuter les plans et les dessins de l'église de l'Assomption, qui n'est pas son plus beau titre de gloire, mais qui, enfin, ne prouve pas de sa part une inaptitude complète à remplir sa mission,, comme en conclut avec trop de sévérité Mariette. Quelle que fût la lourdeur de sa manière, elle ne pouvait influer beaucoup sur le talent des pen-