CHAPITRE XVIII
Galerie de l'Académie de Saint-Luc : son origine, sa formation successive, son catalogue. — Médailler. — Salles des réunions académiques.
Nous avons vu, dans nos considérations rapides sur les origines de l'Académie de Saint-Luc, que Jean De Vecchi, prince de l'Académie en 1546, eut, le premier, la pensée de doter la nouvelle institution d'une galerie de beaux-arts *, en introduisant, dans les statuts qui portent son nom, un article aux termes duquel tout académicien, présent ou absent, était tenu '« de faire don à l'Académie d'un ouvrage « de peinture ou de sculpture comme gage de perpétuelle « mémoire ». Cette sage disposition fut tout d'abord scrupuleusement observée, et les grands maîtres de cette époque ne manquèrent pas d'envoyer leur présent à la Compagnie dont ils étaient les membres. Dans la suite, cependant? cette prescription statutaire fut l'objet de diverses transgressions, et elle dut être successivement remise en vigueur. Nous la retrouvons, en effet, sanctionnée de nouveau, en 1607, par les statuts Fedeli, qui imposèrent à chaque académicien non seulement d'offrir une œuvre de son art,
1 Chapitre premier, page 15.
mais encore de faire présent, en vue de former une bibliothèque artistique, d'un ouvrage traitant de matières d'art. Deux siècles plus tard, nous trouvons cette obligation encore maintenue par l'article 8 (Chapitre II) des statuts Canova l. Malheureusement, la prescription contenue dans cet article n'est plus guère observée, et il est regrettable que bon nombre de peintres, de sculpteurs et de graveurs le plus marquants du siècle présent se soient abstenus de s'y conformer. Quoi qu'il en soit, cette collection d'oeuvres d'art, déjà considérable sous la présidence de Pierre de Cortone et enrichie depuis de plusieurs legs et donations, constitue aujourd'hui une précieuse galerie, qui possède des tableaux de maître d'une grande valeur, et une série fort intéressante de 256 portraits d'artistes classés siècle par siècle, à partir de Cimabue jusqu'à nos jours.
A raison du prix que l'on attache à cette riche collection, chaque jour visitée par les artistes de tous pays et les touristes intelligents, nous avons cru devoir clore utilement ces considérations historiques sur la plus ancienne institution artistique de l'Italie, en reproduisant, à titre d'appendice, le catalogue qui a été rédigé à la suite de la réorganisation dont cette galerie a été récemment l'objet.