CRÉATION RE L’INSTITUT
cloison dont on distingue encore les traces et qui ne disparut que vers 1860.
L’entrée de la salle de l’Institut, inaugurée au mois d’août 1800, s’effectua alors par le bel escalier dont tout le monde admire l’originalité (1). On y pénétrait par une porte en regard de celle de la bibliothèque Mazarine sur laquelle on peut
Vue intérieure de la salle des séances publiques. Restauration Vaudoyer.
encore lire le mot Muséum recouvert d’une couche de peinture noire.
Quand on avait franchi cette porte, on en rencontrait immédiatement une seconde s’ouvrant sur une sorte d’antichambre en forme de demi-lune dont les fenêtres prenaient jour sur la première cour du palais; cette antichambre donnait accès à la salle qui nous occupe. A l’extrémité droite de cette salle un escalier encore existant, mais qu’on a dissimulé par un pan-
(1) Cet escalier a été construit exactement à l’endroit qu’occupait autrefois la porte de la tour de Nesle. La tour se trouvait elle-même sur l’emplacement que couvre aujourd’hui le pavillon oriental de l’Institut affecté à la bibliothèque Mazarine.
neau devant lequel est placé un buste en marbre de Mazarin, faisait communiquer la salle de l’Institut avec sa bibliothèque actuelle et avec les bureaux de son administration.
Cette disposition singulière, si peu favorable aux intérêts de la bibliothèque Mazarine qui ne pouvait plus ainsi recevoir aucun accroissement, donna à Napoléon la pensée de réunir les deux établissements et de ne former qu’une seule et même bibliothèque. Un décret impérial du l" mai 1815 intervint à ce
Vue extérieure du palais de l’Institut.
Restauration Vaudoyer.
sujet, mais le 4 août de la même année, ce décret était rapporté par Louis XVIII.
Cédant à son tour à d’énergiques sollicitations, Louis XVIll revenait sur cette détermination et ordonnait de nouveau, pai un décret du IG décembre 1819, la réunion des deux bibliothèques, sous le nom de Bibliothèque Mazarine ; le nouvel établissement devait être régi par la commission administrative de l’Institut et par les conservateurs de la bibliothèque Mazarine.
Nous ignorons si quelque accident se ju’oduisit a la suite du
décret de 1819, mais nous trouvons aux Archives de l’Académie des sciences les traces d’une grave préoccupation au sujet des dangers pouvant résulter de la situation d une salle de léunion
placée entre deux bibliothèques.
Le moyen d’abolir les foyers d’incendie qui menacent les deux collections du sort subi par bien d’autres dépôts célèbres, serait, pensait l’Académie, d’obtenir du ministre compétent qu’une nouvelle salle fut établie dans une autre partie du palais.
Cette affaire reçut, à la demande de 1 Académie des beauxarts, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, de l’Aca-
L’Institut de France, marque de Didot, imprimeur de l’Inslitut.
démie des sciences et des conservateurs de la bibliothèque Mazarine, une première solution, par une ordonnance royale du 20 décembre 1821, qui rendit aux deux établissements intéressés leur entière indépendance.
Ce ne fut que dix années plus tard, le 7 mai 1831, que l’Institut obtint satisfaction pour ce qui le concernait, et qu’il reçut ded’Argout, alors ministre du commerce et des travaux publics, avis que des ordres étaient donnés pour que le bâtiment situé à droite de la grande cour, laissé vacant par le transport à la bibliothèque de la rue de Richelieu des matériaux recueillis par la commission d’Egypte, fut mis à la disposition des Académies pour y établir une salle de séances ordinaires.
Les travaux furent aussitôt entrepris, d’après les dessins et
SOUS les ordres de M. Le Bas, architecte du palais ; jusqu’à leur complet achèvement, c’est-à-dire jusqu’à la fin de l’année 1834, les Académies continuèrent à siéger dans la bihliothèque Mazarine.
La salle nouvelle, dont l’Académie des sciences prit possession le 9 février 1835, était située, comme nous venons de le dire, dans le bâtiment de droite; elle prenait jour à la fois sur la cour du palais et sur la rue Mazarine. On y pénétrait par une porte sans aucune décoration extérieure, donnant accès à une petite pièce servant alors de dépôt de livres. En entrant, on avait en face de soi une porte plus large, à deux vantaux, au sommet de laquelle on peut encore voir, peint en lettres d’or, le mot Inslilut. Cette porte donnait à son tour entrée dans une première salle servant de dépôt des manuscrits ; son aspect a été modifié par l’installation du meuble qui en occupe le milieu. Elle communiquait avec celle des séances qui est restée, maintenant qu’elle appartient à la bibliothèque de l’Institut, ce qu’elle était alors.
Des galeries avaient été établies dans sa partie supérieure, et c’est dans ces galeries, spécialement en face la porte d’entrée, qu’avaient été classées les collections de l’Académie des sciences dont la conservation fut confiée, en 1834, à M. A. -G. Becquerel.
On reconnut vite à cette salle des inconvénients sérieux auxquels on n’avait pas songé tout d’abord; sa proximité d’une voie publique extrêmement fréquentée ne tarda pas à apporter de grands troubles dans l’ordre des délibérations de la Compagnie, et des plaintes pressantes et réitérées s’élevèrent à ce sujet; heureusement l’occasion se présenta quelques années plus tard d’y donner pleine et entière satisfaction.
Les constructions qui faisaient face à la salle en question et ([ui occupaient le côté gauche de la grande cour tombaient en ruines; le 14 avril 1838, le ministre de l’intérieur, informé de celte circonstance, avait donné d’urgence l’ordre de les étayer ; le 31 mai 1839, il avait été nécessaire d’en commencer la démolition ; l’Institut vit rapidement le profit qu’il pourrait tirer de cette situation, et l’architecte du palais, M. Le Bas, fut chargé de préparer, sur les indications de la commission administrative, des projets plus complets que ceux qui, jusque-là, avaient pu être mis à exécution.
De graves difficullés se présentaient relativement à la restitution d’une portion de terrain formant autrefois le jardin du
s .ti
collège des Quatre-Nations. Ce lot avait été cédé provisoii a 1 administration des monnaies, en l’an IV, pour lui pr
ement procurer
les moyens d’élablir des ateliers destinés à la fabrication des sous avec la matière des cloches. L’Institut le réclama au ministère des travaux publics et obtintgain de cause, le 19 août 1841 ; cette restitution avait une certaine importance, car elle donnait à M. Le Bas les moyens d’élever les bâtiments existants aujourd’hui et qui, grâce à cette circonstance, présentent une façade de 72"’,80.
Les plans intérieurs furent examinés avec le plus grand soin, puis modifiés et approuvés. Commencés en 1842, les travaux furent poussés avec activité sous la direction de l’habile architecte. Au mois de décembre 1845, les Académies purent enfin prendre possession d’une installation qui, sans être parfaite, est cependant la meilleure de celles qu’elles avaient eues jusque-là.
Les bâtiments nouveaux, tels que nous les voyons maintenant, adoptés dans leur ensemble par la commission centrale administrative, le 26 avril 1845, donnaient à la cour du palais la physionomie architecturale qu’on lui connaît. Bien des difficultés avaient dû être abordées et vaincues par M. Le Bas ; il était nécessaire, par exemple, que les salles des séances, les cabinets des secrétaires perpétuels, les cabinets de réunion des commissions, se trouvassent directement en communication avec la bibliothèque, avec le secrétariat et enfin avec l’aile droite du palais reprise par les bibliothécaires pour la création de galeries indispensables à l’extension de leurs services.
Tous ces problèmes reçurent une solution aussi favorable qu’il fut possible; cependant de justes critiques ne furent pas ménacfées à l’architecte de l’Institut. La salle des séances a été
particulièrement attaquée; elle reçoit le jour, en effet, d’une manière incomplète par un plafond en partie vitré et par cinq fenêtres ouvertes sur la grande cour; elle est mal chauffée et mal ventilée, et maintenant surtout qu’on a renoncé à l’éclairage par les bougies, et que depuis 1875 on y a introduit le gaz, son séjour peut être très fatigant, dangereux même, s’il est par trop prolongé. Pour tout dire, en un mot, et si nous en croyons un des membres les plus éminents de l’Académie des sciences, M. Boussingault, dont les sciences déplorent aujourd’hui la perte, cette salle, dont nous venons de montrer les défauts les plus apparents, paraît avoir été construite lieaucoup plus pour les candidats que pour les académiciens eux-mêmes.
Liis SALLi:s nii; l’académie des sciences
Les salles des Académies sont situées au second étage, la première dans laquelle on pénètre conduit à la fois à la bibliothèque, qui se trouve adroite, et à la salle d’inlroduclion ou des pas perdus, qui est à gauche; dans celle-ci a été placée, outre de nombreux bustes de membres de l’Institut, une belle statue de Chateaubriand par Duret.
La salle des pas perdus donne immédiatement accès à la première salle des séances, celle dans laquelle se réunissent hebdomadairement l’Académie des inscriptions et belles-lettres, l’Académie des sciences et l’Académie des beaux-arts (i). Elle présente un carré long de 22“,50 et large de 8"', 50, disposé suivant le dessin qui suit.
11 est bien difficile de montrer exactement les places occupées dans cette salle par les membres de l’Académie des sciences; nous le tentons pourtant, tout en insistant sur ce point que plusieurs académiciens retenus, soit par l’état de leur santé, soit par les missions scientifiques qu’ils sont appelés <à remplir, soit enfin par leurs travaux ou leurs fonctions officielles, assistent aux séances d’une manière irrégulière et n’ont d’autres fauteuils que ceux qui se trouvent inoccupés quand ils peuvent prendre séance.
L’Académie est composée de 78 membres et la salle entière ne contient que 7G places en y comprenant le bureau, encore doit-on remarquer que les huit places les plus rapprochées de la table du lecteur sont généralement réservées aux savants étrangers ou aux correspondants qui, accidentellement, assistent aux réunions; il ne serait donc pas possible que, étant donné le local dont elle dispose, l’Academie se trouvât au complet.
Les membres absents pendant une partie de l’année 1881, époque à laquelle nous avons préparé ce travail, et dont les noms ne figurent pas dans le tableau suivant, sont ;
MM. le baron Cloqucl.
de Lacazc-Dulliicrs.
Liouvillc.
Naudin.
Thénard.
MM. le colonel Perrier.
de Saint-Venant.
Sédillot.
Tulasne.
Delesse, décédé.
(I) Cette même salle sert également aux réunions trimestrielles non publiques (le riiistltut tout entier.
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