CHAPITRE PREMIER
La cruation de l'Académie des sciences. — Le projet de Colbert. — L’installation de l’Académie dans l’hôtel Colbert. — Son transfert à la Bibliothèque du roi. — La nomination des premiers membres de l’Académie.
— Organisation des travaux. — Les premières dépenses de l’Académie dans la maison de Colbert et à la Bibliothèque du roi. — Louis XIV se constitue le protecteur de la Compagnie. — Médaille frappée à l’occasion de son institution. — Projet de transfert à l'Observatoire de Paris.
— Note de Cassini à ce sujet. — Ce qu'en a dit Sauvai. — La réunion tenue à l’Observatoire en présence de Jacques 11, le 20 août 1690. — Procèsverbal de cette réunion. — La séance du 5 décembre 1681, à laquelle assiste Louis XIV. — Procès-verbal de cette séance. — Ce qu’en pense Leprince. — Les publications de l’Académie. — Opinion de Martin Lister sur leur valeur.
Il existe encore aujourd’hui bien des obscurités relativement à la création de l’Académie des sciences et aux premières années de son existence.
Avant IGGG, époque à laquelle les procès-verbaux des séances de la Compagnie ont été dressés d’une manière régulière et suivie, elle n’était à proprement parler qu’une Société de savants qui SC réunissaient, depuis longtemps déjà, à des jours fixés d’avance, citez le père Mersenne, puis chez le maître des requêtes Montmort, et plus tard chez Melcbisédec Tliévenot.
C’est à cette Société, sur les travaux de laquelle on ne possède d autres documents que les ouvrages dus à ses membres, qu ont appartenu successivement Roberval, le père Mersenne,. Descartes, Dlondcl, Dlaisc Pascal et Etienne Pascal son père,
Gassendi, Melcbisédec Tliévenot et Montmort.
E. Mai.nduox.
« Ges premières assemblées, dit Lavoisier dans la notice qu’il a publiée sur la nouvelle constitulion de V Académie en 1785 (1), furent le berceau de l’Académie des sciences; elles acquirent assez de célébrité pour fixer l’attention du souverain. Louis XIV venait de conclure la paix des Pyrénées, sa puissance venait d’être aftermie par ses conquêtes, et son royaume n’avait plus besoin que d’être fortifié par les sciences et par l’industrie, embelli par les arts, et il chargeait Colbert de travailler à leur avancement.
« Ce ministre avait d’abord formé le projet d’un corps littéraire, qui devait réunir toutes les parties des sciences et des lettres. La Bibliothèque du roi était destinée à en être le rendez-vous commun. Ceux qui s’appliquaient à l’histoire devaient s’assembler les lundis et les jeudis; ceux qui cultivaient les lettres, les mardis et les vendredis; les mathématiciens et les physiciens, les mercredis et les samedis. Chaque partie devait avoir son secrétaire particulier, et, afin de lier ces Compagnies entre elles, il devait se tenir, les premiers jeudis de chaque mois, une assemblée commune qui aurait, en quelque façon, présenté les Etats généraux de la littérature et des sciences.
« Ce vaste plan, digne du génie de Colbert, n’eut qu’une exécution partielle; on laissa subsister l’Académie française et celle des inscriptions et médailles, qui avaient été précédemment établies. On créa une Académie particulière composée de mathématiciens et de pbysieiens, qui commença ses assemblées à la Bibliothèque du roi au mois de décembre 1060. Le roi y attacha quelques pensions et quelques fonds pour les expériences. »
11 reste donc acquis que l’Académie des sciences n’eut pas d’existence qui lui fût propre jusqu’au moment où Colbert, pressentant l’avenir qui lui était réservé, donnait à la Compagnie les moyens de se réunir dans sa bibliothèque particulière et consacrait ainsi sa fondation. C’était beaucoup déjà, mais ce n’était pas encore assez, et Colbert le comprit si bien que, transférant la Bibliothèque du roi de la rue de la Harpe à la rue Vivienne, dans une maison qui lui appartenait et qui avoisinait l’hôtel dont il avait fait sa résidence, il y réservait, avec l’approbation de Louis XIV, un local spécial dans lequel, pour la pre-
(I) iH’Jitvres do Lavoisier, t. IV,
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niièrc fois, rAcadémic pouvait se considérer comme chez elle.
Dans son ouvrage sur le Palais Mazarin, M. le comte de Laborde donne un plan précieux qui permet de constater que
la lhl)liothè(iue du roi était située à l’extrémité du jardin de 1 hôtel Colherl, en bordure sur la rue Yivienne, bien près de
1 eifiplacement cpi’occupe aujoui'd’bui rimmeuble portant le n" 8. *
L’ACADÉiMIli DES SCIEÎSCES
C’est 'là, le 22 décembre 1GG0, sans qu’aucun acte public fût dressé de cette prise de possession, sans qu’aucune forme légale fût attribuée à la fondation de la nouvelle Académie ni qu’aucun règlement lui fût donné, que Carcavi , bibliothécaire, procédait à son installation.
Quelle voie fut suivie pour la nomination des membres de la Compagnie, quelles inlluences Grent élire les savants qui allaient y prendre place, quels sont ceux qui déterminèrent la marche de ses travaux ? Nous l’ignorons. Sauvai, il est vrai, attribue à Diiclos et à Amable de Bourzeis le choix des académiciens, mais aucun document ne vient appuyer son affirmation. Ce
qu’on sait, c’est que l’Académie des
sciences, en
IGGG,
était
composée ainsi qu’il suit :
Aiizoul (Adrien)
astronome, mort en
Bourdelin (Claude), docteur en médecine
chimiste,
Buol (Jacques)
géomètre.
Carcavi (Pierre de), conseiller au parlement de Toulouse
géomètre.
Couplet (Cl.-Ant.), professeur de mathématiques des pages de la grande écurie
mécanicien.
Cureau de La Chambre, médecin ordinaire du roi
physicien.
Delavoye-Mignot
géomètre,
Du Clos (Samuel Cottereau), médecin ordinaire du roi
chimiste,
Duhamel (Jean-Baptiste), aumônier du roi
anatomiste,
Frénicle de Bessy (Nicolas), conseiller du roi en sa cour des monnaies
géomètre.
Gavant (Louis)
anatomiste,
Iluyghens (Christian)
géomètre,
Marchant (Nicolas), docteur en médecine de rUnivcrsité de Padoue, premier botaniste de M. Gaston de France, et directeur de la culture des plantes du jardin royal
botaniste.
Mariotte (Fdme)
physicien.
Niquet
géomètre.
Pecquet (Jean)
anatomiste.
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Perrault (Claude), docteur en médecine
de la Faculté de Paris physicien, mort en 1088
Picard (Jean), prêtre astronome, — 1082
Pivert
nicher (Jean) astronome, — 1090
Iloberval (G. Personne de) géomètre, — 1075
Jean-Baptiste Duhamel fut choisi par le roi pour exercer les fonctions de secrétaire perpétuel.
Le premier volume des procès-verhaux rédigés par lui s’ouvre de la manière suivante :
Ce 22 décembre 1000, il a esté arresté dans la Compagnie qu’elle s’assemblera deux fois la semaine, le mercredy et le samedy.
2. Que l’un de ces deux jours, sçavoir le mercredy, on traitera des mathématiques; le samedy, on travaillera à la physique.
3. Comme il y a une grande liaison entre ces deux sciences, on a jugé à propos que la Compagnie ne se partage point, et que tous se trouvent à l’assemblée les mesmes jours.
Il eût été intéressant de fixer d’une manière précise l’emplacement qu’occupait l’Académie des sciences cà la Bibliothèque, mais nous le constatons à regret : après avoir parcouru tous les ouvrages qui pouvaient apporter quelque éclaircissement à la solution de ce problème, nous avouons n’avoir trouvé aucune trace ni de la salle d’assemblée ni du laboratoire de l’Académie ; l’édifice qui leur donnait asile a disparu, et son plan intérieur ne paraît pas avoir été conservé.
Les Co7nptes des bâiimenis du roi sous le règne de Louis XIV, publiés par M. Guiiïfey (i), mentionnent quelques dépenses effectuées au nom de la savante Compagnie, du 24 août 16CG au 28 janvier 1607. Ce sont là, croyons-nous, les seuls renseignements qu’on possède sur les frais occasionnés par le séjour de l’Académie dans la maison de Colbert et sur ceux qui résultent de son établissement définitif dans la Bibliothèque du roi; malheureusement la nature de ces frais est restée inconnue ;
24 août IGOü. — A Nicolas Clcrambaut, pour le payement de menues dépenses de l’Académie royale des sciences, 2500 livres.
(1) Paris, Imprimerie nationale, 1881, in-4, t. 1“'-, p. 151.
3 novembre 1666, 28 janvier 1667. — A luy pour l’établissement (le la Bibliotliè({ue (lu roy et de la nouvelle Académie (trois payements), 7000 livres (1).
Nous avons dit plus haut qu’aucune ordonnance royale n’avait été rendue au moment de la fondation de l’Académie. C’est uniquement à la sollicitation de Colbert, enelfet, que Louis XIV ne tarda jias a se constituer son jirotecteur et à lui donner des marques de sa haute sollicitude. Outre les pensions qu’il voulut accorder à. quelques-uns de ses membres, outre la somme de
Médaille de Louis NIV,
frappée en 16G6 à l’occasion de l’institution de l’Académie des sciences.
douze mille livres qu’il consacra à la Compagnie pour faire face à ses frais d’expériences, à ses achats de livres et à l’entretien de son laboratoire, le roi résolut aussi de perpétuer le souvenir de son institution, en faisant frapper une médaille qui porte la date de 166G; cette médaille, dont les coins existent encore, est décrite, dans le catalogue du Musée des monnaies, de la manière qui suit :
Avers. — Tête de Louis XIV, cheveux longs et bouclés.
Légende. — Lunovicus xiiii rex christianissimüS (Louis XIV roi très ebrétieu). Manger t.
Revers. — Minerve assise au milieu des attributs de l’astronomie, de l’anatomie et de la chimie.
(I) M. fiuiirrcy a bien voulu nous signaler une Iransposilion lypograpbiciue, (pii fait attribuer le payement de cette dernière dépense ii Pierre Patel. Nous rélablissoiis ce texte conformément à ses indications.
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Légende. — Naturæ investigandæ et perfic. artir. (Pour découvrir les secrets de la iialure et perfectionner les arts.)
Exergue. — Regia scientiarum academia inst. mdclxvi. (Institution de l’Académie royale des sciences. 1G6G.)
Dès cette époque cependant, ainsi que le rappelle Jacques- Dominique Cassini (1) dans ses Mémoires pour servir à l'histoire des sciences, l’établissement de l’Académie à la Bibliothèque du roi n’était considéré que comme ayant un caractère absolument provisoire. Au moment de la construction de l’Observatoire de Paris, Claude Perrault, qui en fut l’architecte, avait conçu, d’accord avec Colbert, le projet de « réunir dans ce lieu tout ce qui avait rapport aux sciences ; l’Académie devait y tenir ses séances. L’immense édifice, distribué en longues galeries et en vastes salles d’une élévation considérable était destiné aux observations astronomiques et devait servir de dépôt à toutes les machines et aux modèles de mécanique présentés à l’Académie ; au-dessous de la terrasse qui règne devant la façade méridionale du bâtiment, on avait commencé à construire des fourneaux et des laboratoires de chimie; enfin, tout autour du terrain où l’Observatoire est situé, on se proposait de bâlir des logemens particuliers pour les astronomes de l’Académie et les autres savans attachés à l’établissement projeté. »
(1) On désigne habituellement les membres de la famille Cassini, de la manière suivante :
Cassini I (Jean-Dominique), 1625-1712.
Cassini II (Jacques), fils de Jean-Dominique, 1677-1756.
Cassini 111 (César-François) dit Cassini de Tbury, fils de Jacques, 1714-
Cassini IV (Jacques-Dominique), fils de Cassini de Tbury, 1748-1845.
Cassini V (Alexandre-Henri-Gabriel), fils de Jacques-Dominique, 1781-
Le dernier des Cassini est le seul qui ne se soit pas occupe d’astronomie. Lalande rapporte cependant dans sa astronomique (p. 803) (jiie « le 11 novembre 1798, Madame Le Français fit faire la première obsertion, dans l’observatoire du Collège de France, au citoyen Cassini V, âgé de seize ans, qui était venu habiter l’observatoire pour suivre les traces de ses ancêtres mais il n’a pas continué ».
En effet, Henri-Gabriel Cassini entra dans la magistrature et devint viceprésident du tribunal de première instance de la Seine. 11 s’occupa de botanique et prit place au sein de l’Académie des sciences, au titre d’académicien libre, le 7 mai 1827.
L’ACADÉMIK DES SCIENCES
« Mais une partie de ce qui devait être ne fut point, continue Cassini. En eflet, la tenue des assemblées de l’Académie des sciences dans un lieu aussi éloigné du centre de la capitale, ne pouvait guère avoir lieu ; le mélange des objets d’astronomie, de mécanique, de chimie, n’eût causé que gêne et confusion, enfin le rassemblement de tous les astronomes observant dans le même lieu, avec les mêmes instrumens, eût, peut-être, été plus nuisible qu’utile aux progrès de l’astronomie. »
Sauvai, dans les quelques lignes qu’il consacre à l’iVcadémie des sciences, considère le projet de Colbert et de Perrault comme ayant’ reçu son exécution; il n’y a pas lieu d’en être surpris :
« M. Colbert, dit-il, avec le même zèle pour les sciences utiles au public, donna un établissement à cette Académie, et pour cela, le sieur Duclos, médecin, et Amable de Pourzeis eurent le soin de choisir les personnes les plus capables de la former, en mathématiques, en médecine et en physique; ils s’assembloient à l’Observatoire qui fut bâti au fauxbourg Saint-Jacques pour les observations astronomiques. »
L’auteur des Antiquités de la ville de Paris mourut en 1670, et la première édition de son ouvrage ne parut qu’en 1724; il ignora donc les raisons d’ordre supérieur qui obligèrent Colbert cà abandonner le projet qui nous occupe.
Quelques réunions eurent lieu cependant à l’Observatoire, et l’une d’elles est restée historique ; c’est celle du 20 août 1690, à laquelle assista le roi d’Angleterre Jacques II.
Jean-Dominique Cassini en fit le récit détaillé cà la compagnie, dans la séance qu’elle tint au Louvre le 27 du même mois. Ce récit fort curieux, important même, pour l’histoire de la science astronomique, a été inséré par Duhamel au procèsverbal ; nous le reproduisons ici ;
Le 20“ d’aoust 1G90, le roy d’Angleterre «ayant dit à Monseigneur l’évêque d’Autun qu’il désiroit voir l’Observatoire, M. de \ illacerf le fit sçavoir en même temps à M. de La Chapelle, de la part de Monseigneur de Louvois, qui donna l’ordre que messieurs de 1 Académie royale s’y trouvassent.
Sa Majesté s’y rendit à dix heures du matin, accompagné des ducs de Pouvis, des milords Damhartlion et Melfort, et étant conduit dans la tour orientale de l’apartement inférieur, elle considéra les observations que l’on avoit laites la nuit précédente.
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On fil remarquer à Sa Majesté BrilaniiifiuG fjue des cinf} satellites de Saturne, il y en a quatre qui ont été découverts dans cet observatoire, après celuy qui avoit été découvert longtemps auparavant par AI. Huygens, aussy de celte académie, outre 1 anneau qui 1 environne, de sorte qu’on le voit présentement avec cinq satellites auxquels on a donné le nom d’astres Ludovices qui, avec les quatre satellites de Jupiter et les sept planètes connues des anciens, font en tout, le nombre de seize planètes.
Sa Alajesté Britannique considéra leur système et la grande variété de leurs mouvemens, le premier que nous avons découvert après tous les autres faisant une révolution en un jour et vingt et une heures, et le cinquième, que nous avons découvert le premier, faisant sa révolution en quatre-vingts jours.
On parla de la propriété extraordinaire de ce cinquième satellite de Saturne qui, en chacune de ses révolutions, demeure plus d’un mois invisible, et particulièrement lorsqu’il parcourt la partie orientale de son cercle, ce que l’on ne sauroit attribuer qu’à la conformation de la surface de celte planète, dont une partie doit être plus propre pour réfléchir de toute part la lumière du soleil, l’autre obscure et incapable de réfléchir la lumière avec assez de force pour pouvoir être apperceüe d’icy par nos lunettes. On remarqua que cette propriété n’a point d’exemple en aucune autre planette, mais qu’elle luy est commune avec une étoile fixe placée dans le col de la Baleine, qui tous les ans demeure invisible pendant sept mois et se peut voir pendant quatre mois, de sorte qu’au bout d’onze mois, elle reparaît avec la même clarté.
Nous avions aussy observé la nuit précédente une ecclipse du second satellite de Jupiter, qui étoit sorti de son disque à neuf heures et quarante-cinq minutes, ce qui donna occasion de parler de l’utilité de ces observations et particulièrement dans la géographie et dans la navigation. L’on dit que l’on avoit envisagé cet usage dans la première découverte que Galilée fit des satellites de Jupiter, mais qu’on ne l’avoit jamais pu réduire en pratique avant l’établissement de l’Académie royale des sciences, et avant que nous eussions donné les éphémérides et les tables de ces satellites; que depuis ce tempslà on y a travaillé assidüement, et que le roy informé de cet usage a envoyé divers académiciens en diverses parties du monde pour faire des observations correspondantes à celles que l’on fait en même temps dans cet observatoire. Que ces observations comparées ensemble servent à trouver les différences des longitudes.
Sa Alajesté Britannique dit que ces observations de longitude sont très difficiles à déterminer et très nécessaires à la navigation. Elle témoigna qu’elle étoit informée des observations que l’on avoit fait
sur ce sujet de concert avec M. Flamsted, direcleur de l’Observatoire d’Angleterre, et avec d’autres personnes de la Société royale, et elle ajouta que M. Halley avait été observer pendant un an entier à l’isle Sainte-Hélène et qu’il avoit remarqué de très grandes fautes dans les cartes marines.
On parla de la différence qui s’est trouvée entre la longitude de Siam marquée dans les cartes et celle qui a été trouvée par la comparaison des observations et des éclipses des satellites de Jupiter, faites en même temps dans cet observatoire et îi Louvo par les pères jésuites, envoyez par le roy en qualité de ses mathématiciens à la Chine.
Sa Majesté Britannique dit que les astronomes anglois avoient travaillé de leur costé à connoître cette différence des méridiens par les éclipses des satellites de Jupiter et qu’ils avoient reconnu la grande utilité de ces observations et la nécessité de réformer les cartes géographiques.
On fit remarquer à Sa Majesté que dans cet observatoire on avoit entrepris ce grand ouvrage et que, sur ce projet, on avoit fait une carte aussy correcte qu’on avoit pu, dans le plancher de la tour occidentale que Sa Majesté voulut voir en passant d’une tour à l’autre.
On fit voir à Sa Majesté un essai de la méthode de se servir de verres sans lunettes tant sur terre qu’au ciel, que nous avons pratiquée dans les découvertes des satellites de Saturne.
On avoit mis à la fenêtre septentrionale un objectif de JOO pieds, de la façon de M. Hartsœker, et par un oculaire placé sur un pied à la porte méridionale, on regarda un objet éloigné dans la ville. On lui fit voir qu’il n’est point nécessaire que le rayon visuel tiré d’un verre à l’autre soit perpendiculaire à l’objectif, mais qu’il y peut être incliné de plusieurs degrez sans qu’on y trouve une différence sensible dans la clarté et dans la distinction ; de sorte que dans cette longueur on peut promener l’oculaire par toute la largeur de la galerie de l’Observatoire pour voir divers objets fort éloignés à droite et à gauche sans changer la situation de l’objectif.
On fit encore remarquera Sa Majesté l’usage que l’on fait de celte méthode dans les observations du ciel par le moyen d’une tour de bois de cent trente pieds de hauteur, que le roy a fait transporter de Marly, où elle avoit servi à élever les eaux qui vont à Versailles, et la fit dresser sur la terrasse de l’Observatoire. Elle soutient à ses angles des soliveaux sur lesquels coule une machine qui porte l’objectif dressé à l’astre, pendant que l’on tient roculairc à la main, sur un pied où il coule à la distance du foyer de l’objectif.
La carte géographique de l’Observatoire qui avoit été faite prc-
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mièrenient par Messieurs Sétlileau et Cliazelles, sur les corrections et les inéuioires (jue l’Acacléuiie leur avoit donnés, avoit été nouvellement rétablie par Monsieur de La Faye. On montra à Sa Majesté les endroits qu’on avoit établis par les observations immédiates de Messieurs de l’Académie par l’ordre du Roy, par Messieurs Picard, de La Rire, Richer, Varin, Duclos et des Rayes, en Dannemarck, sur les cosles de France, en Cayenne, au cap Verd, aux Antilles, et par les pères jésuites mathématiciens du Roy au cap de Bonne-Espéiance et à Siam, d’où l’on avoit appris que les vrayes différences de longitude sont ordinairement plus petites que celles qui sont marquées dans les cartes.
Sa Majesté dit que l’on avoit aussi observé en Angleterre où l’on avoit mesuré un degré de la circonférence de la terre qu’on avoit trouvé être de . 72 milles d’Angleterre au lieu qu’auparavant on le supposait’de 60 milles; que les milles d’Angleterre sont de différentes grandeurs, mais que ceux dont il s’agit icy sont de 5000 p. de Londres.
On dit à Sa Majesté qu’avant cela, dez l’année 1668, une des premières opérations de l’Académie royale des sciences avoit été de mesurer avec un grand soin, aux environs de Paris, par les grands triangles, un degré de la circonférence de la terre que l’on avoit trouvé de 51 060 toises de Paris, et Sa Majesté Britannique ayant souhaitté que l’on en fit la comparaison avec la mesure trouvée en Angleterre, on promit à Sa Majesté de l’en informer.
On représenta à Sa Majesté que pour avoir la mesure de la circonférence de la terre avec plus d’évidence et d’exactitude, l’Académie des sciences s’étoit proposé de mesurer les degrez et minuttes et le nombre de toises qui sont dans le travers de ce royaume, du septentrion au midy ; qu’.à cet effet l’on avoit prolongé la méridienne de l’observatoire, d’un côté jusques dans la Flandre et de l’autre côté jusqu’au Rourbonnois, et que l’on l’avoit mesurée par de grands triangles liés ensemble dont le premier est fondé sur une base mesurée actuellement, et que par cette manière l’on auroit huit degrés de la circonférence de la terre dans lesquels il n’y auroit pas plus d’erreur que dans un degré.
Sa Majesté Britannique dit qu’il étoit d’une grande importance d’avoir une mesure la plus exacte qu’il fût possible, pour servir à la géographie et à la navigation dans la réduction des degrez en lieues et en milles et des milles en degrez. Sa Majesté dit qu’elle avoit fait mesurer la distance qui est entre la montagne des Roches, en Irlande, près de Rublin, et la montagne du Cap en Angleterre, par un triangle dont la base et scs angles fussent mesurés aux trois Roches qui donnèrent la distance de 46 milles et demi d’Angleterre.
On dit à Sa Majesté que Monsieur de La Hire avoit mesuré, par un triangle dont la base est assez grande, la distance qui est entre le port de Calais et 1e château de Douvres. Cette distance fut trouvée de 21 3G0 toises, un peu plus de sept lieues, à 300 toises par lieue, qui est l’estime ordinaire de cette distance, quoyque les cartes la fassent ordinairement plus grande.
Sa Majesté marqua sur la carte les endroits où des pilotes anglois ont tenté le passage aux Indes orientales par le nord-ouest et dit que les plus grands obstacles qu’ils avoient eus avoient été les brouillards qui, en ces endroits, empêcboient de jour de voir le ciel et la terre, de sorte que Ton ne pouvoit naviguer que la nuit pour l’observation des étoiles fixes, et que Monsieur Vossius avoit jugé que la saison la plus propre pour tenter ce passage seroit l’hyver quand ces brouillards seraient tombez. Elle parla aussy des passages faits par les Anglois, par le détroit de Magellan, dont on avoit fait'des cartes exactes, et de quelque autre route qu’ils avoient trouvée plus vers le midy pour passer à la mer Pacifique ; que l’on avoit trouvé que dans ces parties méridionales à pareille distance de l’équinoxial et du soleil, le froid est plus grand à proportion que dans nos climals, et on remarqua aussi que dans notre climat, le froid est plus grand dans le Canada qu’en France, quoyque le Canada soit sous le même parallèle.
On parla de l’isle Taprobane, connue aux anciens, que quelques géographes modernes supposent être l’isle de Ceilam (1), quelques autres l’isle de Sumatve (2). On dit que la situation que Ptolémée luy donne s’accorde mieux à celle de l’amas des Isles Maldives, qu’on dit être au nombre de onze mille, dont les anciens n’ont point parlé; que Ptolémée place Taprobane vis à vis du promontoire Cori, qui est le plus avancé dans la mer, entre l’Inde et le Gange, que ce promontoire ne sçauroit être que celuy qu’on appelle présentement Commori ou Commorin qui est dans la mesme situation entre l’Inde et le Gange, que ce géographe place Taprobane sous l’équinoxial qui la divise en deux parties inégales, à peu près en la même proportion, de sorte que la plus petite partie est du côté du midy et la plus grande du côté du septentrion. Ces isles étant étendues à peu près du midy au septentrion, comme la Taprobane de Ptolémée.
Que les Maldives, suivant la relation de Picard, sont exposées à un courant furieux qui heurte contre les rochers qui les environnent et en emporte de temps en temps quelques-unes qui ne sont, la plus part, séparées des autres que par des canaux qui, dans la basse mer,
(1) feylan.
(2) Sumatra.
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n’ont que deux ou trois pieds d’eau, quoyqu’il y ait douze canaux larges et profonds qui distinguent ces Isles en douze amas qu’on appelle Attelons.
Que les Malabares, suivant Linscot, rapportent que ces isles ont été autrefois unies au continent, d’où elles ont été séparées par les courants, qu’elles ont donc pu former l’isle Taprobane, et particulièrement si elles ont été unies à l’isle de Ceilam, qui, étant éloignée de plus de six degrés de l’équinoxial, ne peut pas toute seule former cette isle divisée par l’équinoxial.
Ensuite Sa Majesté considéra le planisphère d’argent que Monsieur Cassini avoit fait faire au sieur Buterfield pour le Roy, et la facilité des opérations astronomiques que l’on fait par son moyen. Elle considéra aussi la machine des trois systèmes faits à la manière de Copernic, de Tycho et de Ptolémée, qui est au dos de ce planisphère pour faire voir le rapport d’un système à l’autre, ces systèmes y étant disposez de manière qu’ils s’accordent à montrer précisément les mesmes apparences. Les cercles des planettes y étant dans la juste proportion et dans la véritable situation, on y trouve en tout temps leurs véritables longitudes vües du soleil et de la terre, et leurs véritables distances en diamètres de la terre et en millions de lieües par le moyen d’une alidade divisée à cet effet, dont Sa Majesté vit l’usage et remarqua avec plaisir la justesse du rapport de ces trois systèmes dont les hypothèses semblent être si différentes.
Ayant vu un anneau astronomique, d’un pied de diamètre, qui marque distinctement et avec justesse toutes les minutes des heures, et montre en même temps la déclinaison de l’aiman, Sa Majesté dit qu’elle en avoit un à peu près de cette grandeur, et qu’elle trouvoit que c’étoit l’instrument le plus propre pour trouver exactement et promptement l’heure dans les voyages, et à l’occasion de la déclinaison de l’aiman, que l’on trouve par ces anneaux, comme on parla des observations que l’on en avoit faites à Paris et ailleurs, et de celles de la variation. Sa Majesté dit que l’on avoit observé en Angleterre la variation des variations de l’aiman, et que l’on avoit trouvé des règles qui répondoient aux observations et que l’on avoit fait une éphéméride de cette variation pour dix ans qui s’étoit trouvée conforme aux observations; que ces observations avoient été faites par le moyen d’un grand hémispbère concave de pierre placé à Witehal, dans lequel on avoit tracé la ligne méridienne avec un soin extraordinaire, ce qui avoit été lait sous le règne de Jacques premier, ayeul de Sa Majesté. Que par cet bémispbère, on s’étoit aperçu, en le comparant à la pendule, qu il y avoit quelque petite dilférence entre les beures du matin et les heures du soir, ce que l’on dit pouvoir être attribué aux réfractions qui peuvent être un peu plus grandes le matin que le soir.
L’ACADÉMIE DES SCIEÎSCES
On rcprésenla à Sa Majesté qu’il est difficile d’établir ces règles de la variation de l’aiman, vù les irrégularités de différences que l’on a observées à Paris, et la longueur du temps qu’il seroit requis pour la vérifier, quoyque l’entreprise de le tenter soit fort louable.
Sa Majesté ayant rapporté la pensée de Monsieur Newton et de quelques autres qui jugeoient que la figure de la terre n’est pas parfaitement ronde, on répondit que cette pensée étoit venue à quelques uns, à l’occasion des observations de Jupiter, qui a paru quelquefois n’être point parfaitement sphérique, mais que la partie de l’ombre de la terre qui tombe sur la lune dans les éclipses de lune, paroissoit assez circulaire pour persuader que la figure de la terre ne s’éloigne pas fort sensiblement de la sphérique. Que cette conjecture avoit été aussy fortifiée par les observations de la longueur du pendule faites par des personnes envoyées par l’Académie royale des sciences à la Cayenne, au Gap Verd et aux Antilles, où le pendule à secondes s’est trouvé constamment et sensiblement plus court que dans notre climat, mais que celte différence pouvoit être attribuée au tempérament de l’air, puisque dans le même lieu, nous trouvons un peu de dillerence entre l’été et l’byver. Qu’il faudroit pouvoir régler cette différence pour corriger les pendules.
Sa Majesté Britannique dit que les pendules pouvoient être d’un grand usage dans la navigation pour l’observation des longitudes, qu’un pilote anglois, nommé Ilolms, en avoit fait l’expérience, se servant de deux pendules qu’il comparoit ensemble, que par ce moyen il avoit réussi, ayant trouvé son point avec assez de justesse. On répondit qu’on en avoit aussi fait l’expérience en France, suivant la proposition de Monsieur Huygens et que, nonobstant les difficultés qui s’y trouvent, il faut avouer qu’employant plusieurs pendules et les comparant ensemble, les unes par les autres, on en peut faire un bon usage.
Sa Majesté monta ensuite à la Salle des machines où elle admira principalement celle des Éclipses inventée par Monsieur Ilœmer et exécutée par le sieur Thurel d’une manière toute particulière. Elle vit aussy celle des planètes suivant le système de Copernic, qu’un seul mouvement fait tourner toutes différemment autour du soleil.
Sa Majesté, ayant vu divers modèles de cabestans, parla des conditions qu’ils doivent avoir afin que la force des hommes y soit bien appliquée, et de quelle manière elle les avoit fait faire dans les Hottes ([ii’elle avoit commandées, où il y avait eu souvent des hommes tués par la mauvaise construction de ses instrumens.
Elle considéra les machines hydrauliques pour élever les eaux, parla de celle que le chevalier Morland avoit inventées et
INSTALLATIONS SUCCESSIVES d’autres d’une meilleure construction qui avoient été inventées par
un autre ingénieur anglois nommé Gourdon.
Elle vit aussi diverses machines pour élever les fardeaux et particulièrement une de Monsieur Perrault qui les élève en se balainuant et celle qui sert présentement à l’Église des Invalides, où la force est appliquée fort loin du fardeau que l’on veut élever, et elle considéra le modèle d’un pont portatif que Monsieur Couplet a inventé, dont chaque soldat transporte une pièce et l’accroche en un instant, pourvu que l’appuy au bord de la rivière soit inébranlable.
A l’occasion des machines du chevalier Morland, Sa Majesté fit voir deux plaques d’argent en forme de médaille, dont une servoit pour trouver pendant plusieurs siècles, a chaque jour de 1 année proposée, le jour de la semaine, dont l’une étoit selon le calendrier Julien, l’autre suivant le Grégorien, mais elle dit que cette dernière étoit fautive et ne pouvoit servir que jusques a la fin de ce siècle, parce qu’on n’avoit pas pris garde au jour qu’il faut ôter à l’année 1700, ce qui donna occasion à Monsieur Cassini de parler d’une table exacte et perpétuelle qu’il a faite pour le calendrier Grégorien.
L’heure du midy s’approchant, on passa à la tour occidentale du second appartement, où il y avoit le miroir ardent fait par le sieur Yillète, et l’on fit l’expérience de faire fondre une pièce d’argent.
Sa Majesté Britannique vit les instrumens que Monsieur Sédileau avoit apresté pour observer, par lesquels on prit la hauteur méridienne. Elle régla en même temps ses montres dans lesquelles il y avoit une invention nouvelle qui sert à faire répéter les heures et les quarts sans bruit, toutes les fois qu’on la presse en un certain endroit.
Sa Majesté Britannique vit par occasion le niveau de Monsieur Picard, qui a servi à faire tous les grands nivellemens de Versailles.
Sa Majesté Britannique, étant montée sur la terrasse, vit les bassins quarrés où depuis longtemps Monsieur Sédileau fait, par ordre de Monsieur de Louvois, les observations de la quantité de l’eau qui tombe du ciel et de celle qui s’évapore. On fit voir que la plus grande hauteur que la pluye a faite en 24 heures, depuis deux ans, a été de 14 lignes, et en une année de 17 à 18 pouces; que la plus grande évaporation en 24 heures a été de 2 à 3 lignes.
Nous fûmes tous pleins d’admiration des vastes connoissances que Sa Majesté Britannique fit paroître en ces entretiens beaucoup d’intelligence dans toutes ces matières, et elle eut la bonté de témoigner qu’elle étoit fort contente de tout ce qu’elle avoit vu et entendu.
L’Académie poursuivait donc ses travaux à la Bibliothèrpie du roi, sans que pour cela on renonçât à lui procurer un local plus spacieux et mieux aménagé. Le 5 décembre 1081 , Louis XIV voulut assister à l’ime de ses réunions ; le procèsverbal rend le compte suivant de cette démarche, inspirée sans doute par Colbert :
Le vendredi 5® de décembre 1G8I, le roy honora l’Académie de sa présence, accompagné de Monseigneur le Dauphin, de Monsieur, et de Monsieur le duc. Après avoir veu la Bibliothèque et le Cabinet des médailles, il entra d’abord dans le laboratoire où M. Du Clos luy lit voir la coagulation de l’eau de la mer, qui se fit en un instant par l’huile de tartre; 2® la réduction de quelques sels fort âcres, comme du sel de tartre, en une terre insipide, ce qui se fit par des lotions; 3® la distillation de la flamme de l’esprit-de-vin; 4® de la manganèse qui, estant verte, este la couleur verte au verre.
Estant entré dans l’Académie, Monseigneur Colbert fit voir à Sa Majesté les ouvrages imprimez de l’Académie et une partie de ceux qu’on doit imprimer. Le roy considéra particulièrement les figures des animaux terrestres dans le manuscrit de M. Perrault et celles des poissons dessinés par M. de La Dire, et quelques dessins des plantes comme du Melocarduus que M. Dodart expliqua, après quoy le Roy dit à la compagnie qu’il n’estoit point nécessaire qu’il l’exhortast à travailler et qu’elle s’y appliquait assez d’elle-même.
Ensuite il alla voir l’atelier des tailles-douces. Monseigneur Colbert lui avoit leu une partie du catalogue des livres imprimez. Enfin le roy vit les*deux machines de M. Rœmer que M. Cassini lui expliqua, où il s’arresla assez longtemps. Une de ces machines est pour le calcul des éclipses et l’autre pour la théorie des planètes.
Cette visite fut considérée, à l’époque, comme un véritable événement ; le souvenir en a été conservé, non seulement dans le procès-verbal qu’on vient de lire, mais encore dans VEssai historique sur la B ibliothèque du roi, deLeprince.
L’auteur y signale, en effet, l’année 1681 « qui sera, dit-il, à jamais remarquable par la visite dont Louis XIV daigna honorer sa Bibliothèque. Sa Majesté, continue Leprince, y vint accompagné de Monseigneur, de Monsieur, de M. le Prince et des ])lus grands seigneurs de la cour. Après que Colbert eut montré tout ce qui étoit le plus capable d’attirer l’attention, le Boy lit aussi riionncur à l’Académie des sciences d’assister
INSTALLATIONS SUCCESSIVES
à une de ses assemblées qu’elle lenoit encore à la Bibliothèque. »
Les publications sur l’existence desc{uelles Colbert insistait avaient une grande importance; en France comme à l’etranger, partout où la science était en honneur, leur valeur était fort appréciée, et elles n’avaient pas peu contribué à répandre le goût des recherches c|ue poursuivait l’Académie et à en accentuer le développement.
Martin Lister, dans son Voyage à Paris, rend à cet égard un témoignage précieux à recueillir :
On a ici, dit-il, une telle passion pour se faire des bibliothèques que les livres sont aujourd’hui aux prix les plus déraisonnables. J’ai payé un Nizoliiis trente-six livres à Anisson; vingt-cinq livres les deux petits in-4'’ des Mémoires de V Académie des sciences, c’està-dire quelque chose comme deux années des Transactions philosophiques, car c’est à leur imitation que l’Académie avoit publié ces extraits de ses registres, mais elle s’interrompit au bout de deux ans (1).
(1) Ces deux volumes, devenus introuvables, ont été réimprimés seulement en 1733 et forment la tète de la collection des Mémoires.
E. MAixüno.x.