E.-F.-A. VULPIAN
Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences (1886-1887), d’après une photographie de Pierre Petit.
Huzard, membre de la première classe, présidait l’Institut au moment de cet événement, et il en parle dans une importante collection de pièces qu’il a formée, et qui appartient aujourd’hui à la Bibliothèque de l’Institut. Il résulte de ces documents que les observations présentées par Suard portaient spécialement sur cette phrase : « Nous appelions avec toute la France un libérateur, la Providence nous l’a envoyé. »
(1) Granier de Cassagnac, De l'Institut de France.
NAPOLÉON EMPEREUH
L’fnslilut cepemlanl ne modilia pas sensiblement son adresse, et, le 2 avril suivant, l’empereur en entendait la lecture dans la salle du Trône. Comment accepta-t-il ces nouvelles marques d’attachement, nous l’ignorons; mais, le 10 du même mois, la première classe de l’Institut recevait la lettre qui suit :
Timbre de l’Académie des sciences, en 1887.
M. le Président, l’Empereur a reconnu l’inconvénient qu’il y a de laisser vacante, dans la section de mécanique de la première classe de l’Institut, la place que Sa Majesté est obligée de laisser inactive de fait. Sa Majesté tient cependant à honneur d’avoir dû cette distinction scientifique, comme simple particulier, aux suffrages de ses anciens collègues; mais aujourd’hui, en sa qualité d’empereur, le litre de Protecteur de l’Institut est celui qu’il convient de lui donner dans les listes qui seront imprimées, sans cependant oublier d’y rappeler qu’il a été élu le 5 nivôse an VI.
Je vous invite. Monsieur le Président, conformément à l’ordre de Sa Majesté, à faire nommer le plus tôt qu’il vous sera possible à la place réputée vacante, dans la section de mécanique, en vous conformant d’ailleurs à ce qui est prescrit par les règlements.
Agréez, Monsieur le Président, l’assurance de ma haute considération.
Paris, le 10 avril 1815.
Carnot.
Bizarre coïncidence, c’est Carnot, l’illustre fructidorisé, devenu ministre de l’empire, Carnot à qui Bonaparte a succédé comme membre de la section des arts mécaniques, qui est chargé par celui-ci de transmettre sa démission au Président de l’Institut.
Le 8 mai 1815, la première classe se conformait au désir
I!0.NA1>.\I!TK .MK.MIÎIÎK IH': I/INSTITUT NATKiWL
exprimé par le souverain et lui donnail Molard eomiTic siieeesseur.
Le fauteuil de Napoléon, qui avait appartenu avant lui à Vandcrmonde et à Carnot, a été occupé, depuis le décès de Molard, par Gambey, par Combes et par Tresca; M. Marcel Deprez en est actuellement le titulaire.
Nous ne voulons pas terminer cette étude sans indiquer les séances auxquelles Napoléon a assisté et dans lesquelles il a pris une part personnelle aux travaux de l’Institut.
Ce sont les suivantes ;
Cachet de l’Académie des sciences en 1887.
Réunions de la première classe :
0, I l , 10 nivôse an Yl ; 1 , 11 , 10 pluviôse an VI ; 21 , 20 ventôse an YI ; 1 , 11 , 21 , 20 germinal an YI ; 0, 11 lloréal an YI ; 1 , 11 , 21 brumaire an YIII ; 0 frimaire an YIII ; L'' nivôse an IN ; 20 pluviôse an IX; 10 brumaire an X.
Présidence de la première classe :
0, 11 germinal an YIII; 10 messidor an YIII; 11 thermidor an YIII.
Séances générales de l’Institut :
15 nivôse an YI ; 5 pluviôse an YI; 5, 15 germinal an YI ; 5 prairial an YI; 27 prairial an Yll; 1, 5, 11 brumaire an VIII; 5, 15 nivôse an YIII ; 15 germinal an YIII ; 21 brumaire an IX.