‹ L'Academie des sciences et les ecademiciens de 1666 a 1793Chapitre 133 sur 136 · RAPPORT SUR LE METAL DES CLOCHES · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LE METAL DES CLOCHES

M. Haïiy, pour faire un rapport de celte séance, conjointement avec Messieurs de l'Université, Messieurs de l'Académie de musique et Messieurs du corps des imprimeurs, dont copie sera remise à Messieurs du district.

« Il a été décidé que l'Académie ne nommerait pas de commissaires, mais que ceux de Messieurs les académiciens qui voudraient se rendre à l'invitation de Messieurs du district en seraient les maîtres. »

Quelques-uns des travaux demandés à l'Académie inspirent aux membres qui en sont chargés une répugnance évidente, qu'ils n'expriment toutefois qu'avec une grande circonspection.

Lorsque, par exemple, le 13 avril 1791, l'Académie est invitée à faire l'essai des métaux précieux provenant des églises jugées inutiles au culte, l'un des commissaires trouve que ce sont des opérations très-délicates, tant par rapport aux circonstances que pour avoir des résultats satisfaisants, et demande que l'on fortifie la commission par l'adjonction de nouveaux membres. Cette timidité ou ce scrupule ne se retrouve pas, il faut l'avouer, chez tous les académiciens. Pendant que Beaumé et Fourcroy étudient sans hésitation la composition du métal des cloches et cherchent sans répugnance le moyen d'en séparer les éléments jDyour les convertir en pièces de deux sous, ou de les plier à d'autres usages, La-

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grange et Borda acceptent très-librement l'examen d'un mémoire de l'abbé Mongès, sur les moyens d'utiliser pour la science la prochaine destruction des clochers. « Il sera bon, dit l'abbé, approuvé en cela par les commissaires, d'examiner avec soin l'orientation de la croix de fer qui surmonte souvent l'édifice, de noter si elle est inclinée par l'action du temps et si, conformément à une croyance populaire, elle l'est toujours dans le même sens; on devra aussi étudier avec soin de quels bois sont faites les vieilles charpentes et si l'essence, comme on le croit généralement, a disparu de nos forêts. »

Les Académies, en temps de révolution surtout, sont, comme leurs membres, pleines de contradictions, et les travaux scientifiques relatifs à la suppression des églises n'empêchent pas l'Académie des sciences de se réunir le jour de la Saint-Louis à l'Académie des belles -lettres, pour entendre la messe à la chapelle du Louvre.

Le 2fi août 1791, on lit au procès-verbal :

(( M. Sage a lu la lettre suivante de M. Desessart :

(( Le Roi donne son agrément pour que l'Académie, de concert avec celle des belles- lettres, fasse célébrer une messe dans la chapelle du Louvre, le jour de la Saint-Louis. »

(( Sur la demande de M. Lavoisier, on a été aux voix si l'on demanderait à M. le curé de la paroisse

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