‹ L'accaparement et la spéculation illiciteChapitre 20 sur 32 · FOUT · texte numérisé non relu

FOUT

dans d'autres circonstances, elles ont provoqué la rétention de la part des producteurs, en leur offrant des prix dérisoires.

Nous avons dû, à un certain moment, limiter les achats de l'étranger. En décembre 1915, le Gouvernement a réduit l'exportation en Angleterre aux quantités expédiées en 1913.

Pour remédier à notre sous-production, nous avons été obligés d'importer de létranger des marchandises d'un prix de revient très élevé, augmenté encore d'un dixième par la hausse du change. L'élévation de ce prix de revient élait due surtout au coût excessif des transports maritimes.

A l'intérieur, la crise des transports s'est faite très aiguë. Beaucoup de matériel était tombé entre les mains de l'ennemi depuis 1914. Le matériel restant était employé par l'administration mibtaire ; c'est ainsi que certaines marchandises, foisonnant dans une contrée, faisaient absolument défaut dans la contrée voisine. :

Aujourd'hui la guerre est finie et la France tend à se réorganiser; mais celte réorganisation sera très lente. Il ne faut pas oublier que notre pays a énormément souffert de la guerre. Quelques chiffres feront sans doute mieux saisir l'importance des dommages. Et d’abord, au point de vue agricole, 810,000 hectares de tranchées et de zone de bombardement ont été dépréciés de moitié, soit 1,336 millions. Dans la zone occupée par l'ennemi, 1,735,000 hecares ont subi une déprécialion de 1,214 millions. Dans une zone large de 40 kilomètres, s'étendant des Vosges à la Mer du Nord, il ne reste plus d'humus et le sol est chaotique. I faudra de nombreuses années avant que cerlaines lerres puissent être remises en valeur. La destrucon des bâtiments agricoles atteint 1,900 millions. Bref,

en lenant compte de la perte des forêts, des récoltes, des semences el autres revenus de la terre, les pertes subies par l'agricullure s'élèvent à la somme considérable de 21 milliards.

L'industrie n'a pas subi de moindres dommages. Tous les hauts fourneaux, toutes les usines, toutes les aciéries et tous les laminoirs ont été fortement endommagés par les Allemands. Il faudra de nombreuses années avant que toul ce matériel puisse être remis en service. D’après M. Dubois, appréciant au nom de la Commission du budget, le prix des travaux à exécuter au fond s'élève à 990 mulhons; 410 millions seront nécessaires pour la reconstruction des bâtiments; la valeur du matériel enlevé ou abimé est de 1,404 millions; celle des matières premières enlevées s'élève à 400 millions de francs. On évalue enfin à 1,016 milhons les pertes pour défaut d'exploitation.

Il nous faudra 4,800 milhions pour reconstituer notre outillage de sidérurgie.

Les pertes en matières premières atteignent 1,800 millions; celles d'exploitation, 8,722 millions.

Pour l'industrie du tissage, on pense qu'elle ne pourra guère reprendre normalement sa production avant un an ou deux : 1,900 métiers ont été endommagés et 1,400 ont besoin d'être réparés. On compte 2,925 millions de pertes pour le tissage de la laine; 757 pour celui du coton ; 602 pour celui de la toile, et 307 pour celui du tulle.

On a évalué les pertes de la sucrerie à 973 millions; celles de la distillerie à 767; celles de la brasserie à 116; celles de la verrerie à 407; celles de la meunerie à 423; celles de l'huilerie à 205; celles des produits chimiques à 4,172 millions.

Les dommages causés aux chemins de fer atteignent

Page 1