‹ L'Accord paríait: Comédie en 3 actesChapitre 14 sur 34 · ALBERTE, MAURICE · texte numérisé non relu

ALBERTE, MAURICE

Alberte. — Si on pouvait lui trouver une occupation plus absorbante.

Maurice. ^ ... Qui le tienne l'après-midi et même aussi le soir... mais es-tu sûr qu'il consente à prendre un emploi... 11 ne se plaint pas de n'avoir rien à faire... Il ne s'ennuie donc jamais I

Eigilized by

Alberte. — Il passe des heiu-es sur ce fauteuil... Si on sort, si on ariive à sortir, on le retrouve il In même place eu rentrant.

RfAURiCE. — Il a une si belle eon£iunce dans notre amitié qu'il ne s'imagine pas qu'il nous ^ue... Ainsi, il ne se dit pas une minute que nous voudrions, de temps eu temps, dîner seuls.

Albertï:. — - J'ai essayé quelquefois jusqu'il huit heures et quart de ne pas lui demander de dîner avec nous; il ne s'en allait pas, la cuisinière m'a demandé trois fois si elle pouvait sen-ir; j'ai fini par lui dire; oui, de gneiTe lasse et par inviter Achille,

Maubice. — C'était un peu comme je faisais jadis quand je venais chez vous...

ÂLBERTE. — Mais il est [.ersuadé que nous avons le plus grand plaisir à partager notre repas avec lui...

Maurice. — Une petite récrimination personnelle. L'autre jour, comme on ne l'attendait pas du tout, on m'avait fait un petit tournedos parce qu'il y avait un gigot et que je n'en maugie pas... Comme il ne mange pas de gigot non plus, je lui ni offert mou petit filet: il l'a pris...

Albebte. — Pourquoi le lui as-tu offert î

Madbice. — Comment veux-tu que je fasse autrement: je suis chez moi, ici... c'est-à-dire que je suis chez moL..

Albebte. — Nous ne sommes pas chez uou<; ^0Illl la vérité,

Maurice. — Enfin, quoiî II n'y aurait pas mo\en de lui faire comprendre... de lui faire comprendre qu'on l'aime bien, mais qu'on l'aimerait da^anta^e s'il s'imposait moins... Mais comment \eus lu dire à quelqu'un qu'il est indiscret T

Alberte, — Oh! je vais lui dire ça, moi.

MaDRice. — Tu ne fei'as pas ça.

Albebte. — Tu verras.

Madbice. ^ Je sais bien que c'est dans son intérêt autant que dans le nôtre... II n'y a pas d'être meilleur et plus sympathique... de là à devenir odieux, il n'y a qu'un pas.

Alberte. — Odieux est un mot un peu trop fort. Il est un peu embêtant.

Maurice. — On n'est pas un peu embêtant...

(S<mgfur.) C'est curieux...

Albebte. — Oui, je vois ce que lu veux dire:

il n'était pas comme cela jadL*.

Maurice. — Oui, quand il était ton mari, il était d'une discrétion... oui, c'est un homme délicat... Comme il avait tous les droits de nous troubler, il n'en usait pas, et maintenant qu'il n'en a plus, il ci'-

Albebte. — Je vais lui parler...

MAimiCB. — Tn oseras*

Alhebte. — Tu vas voir...

M.irRirK. — Non. je ne ve raconteras.

Alberte, — AIi! YoUà riuimnie brave!

M.iuricf;. — Si mi allait faire un voya^i'?

Albkrtk. — Il nous suivrait... Mais c'est si sii pie d'avoir une explication.

Maurici;. Simple! Simple !... I,c voila qui i vient.

i pas ça... Tu me

Page 1