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LA GESTATION

La gestation, période qui s'étend depuis le jour de la conception jusqu'aux premières douleurs de l’enfantement, a été déjà maintes fois décrite, et tout récemment par le docteur L. BoucHacourT, sous le titre de Recherches sur la grossesse dans l'Art (1). Je le remercie de m'avoir communiqué son travail, auquel je ferai quelques emprunts.

Cette période doit se subdiviser en plusieurs parties.

C’est d'abord la conception mystique, plus connue sous le nom d’Annonciation, qui a suscité le talent de quelques artistes. Les lecteurs de la Chronique médicale ont déjà vu, dans les années 1899, 1902 et 1904 de cette revue, des reproductions de cette conception par l'oreille, qu'il me paraît utile de rappeler sans y insister.

Puis viennent les grossesses représentées par un fœtus dessiné sur l'abdomen. Ce sujet a été également traité dans la Chronique (années 1900, 1901, 1905 et 1906). Moi même, J'ai le premier signalé celle de la basilique de Nuestra Señora del Pilar à Saragosse Je renvoie le lecteur aux numéros de cette revue qui traitent du sujet.

En troisième lieu, viennent les grossesses sur lesquelles on ne peut se méprendre et que l'artiste a nettement caractérisées par la saillie abdominale classique, avec ou sans lordose. Je citerai, entre autres exemples, les tableaux, plus ou moins connus, de : Un bourgeois et sa femme, de Jan Van Eycx (1386-1440) ; Le seigneur et la dame, d’Albert Dürer (1471-1528) ; La donna gravida, de RapHaëz (1483-1520) ; Un aveu, de WareneR (Salon de 1887); Inquiétude, de Boquer (Salon de 1889) ; Une désillusionnée, statue en marbre de Mlle Courrois (Salon de 1905).

Cet état physiologique, au Salon des /ncohérents, ne pouvait être traité que plaisamment ; c’est ce ‘qu'a fait P. Bizxaup, avec La Fille aux oranges :

Pauvre fille, tu peux manger Tous les fruits d'or de l'oranger, Ca ne l'en rendra pas la fleur.

Et comme pendant, cette paysanne normande, au ventre gravide, que souligne ce mauvais ieu de mots : Le petit poussait (2).

En dernier lieu, je placerai les sujets où l'artiste fait allusion à la grossesse, sans que rien dans l'anatomie de la femme le laisse soupconner. On peut citer comme exemple: Un savant, de David RYcKAERT (1612-1661), où un urologue découvre avec stupeur au fond de l’urinal l’'homonculus révélateur ; La fille confuse, de Greuze (1726-1805) ; La consultation appréhendée, de BizcoQ (1755-1838), et Le retour de

(1) Annales de la Société obstétricale de France, 1905. (2) Boucaacourr, loc. cit.

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