‹ L'accouchement dans l'artChapitre 3 sur 14 · RER RE · texte numérisé non relu

RER RE

la consultation, du même, qui semble lui faire suite ; La déclaration de grossesse, de Moreau le jeune (1741-1814) ; L’aveu difficile, de LAWRENCE (1769-1830).

Abordons l'accouchement lui-même, sujet délicat qui a pu tenter bien des artistes, mais qui a presque toujours retenu leurs pinceaux.

Ici encore nous devons recourir à une subdivision. De même que nous avons vu la conception miraculeuse de la Vierge, & quæ per aurem concepit », de même la légende nous apprend qu'Adam aurait été tiré du limon de la terre, et Eve extraite de la côte d'Adam. Ce n’est certes pas un cas de dystocie, mais c'est une parturition tellement anormale que l’on a dû se demander si, comme corollaire, nos premiers parents, d'après l'Ecriture, étaient gratifiés d’un ombilic. Ce sujet a d’ailleurs été plusieurs fois traité dans la Chronique médicale (années 1897, 1898, 1899, 1903 et 1905; et je me contente de le signaler.

Quoi qu'il en soit, comme l'artiste emprunte ses documents aux légendes aussi bien qu'à la réalité, il y a intérêt à rechercher comment les peintres et les statuaires ont pu concevoir et représenter cet accouchement, qu'aucun obstétricien n’a Jamais vu.

John Rusxin, dans Les malins à Florence, nous signale les vingtsept bas-reliefs qui ornent la Tour de Giotto et qui sont l'histoire de la Genèse. Deux de ces sculptures attribuées à Giovanni Pisano ou à ses élèves représentent, l’un, la Création de l’homme, l’autre, la Création de la femme.

Dans la Création de l'homme, le Seigneur apparaît sous les traits du Christ, et non du Père Eternel, comme on le voit dans le cas de Hartmann SCuEpEL et autres; il occupe le milieu du panneau, et Adam repose étendu sur le sol, dont il semble sortir pour ouvrir les yeux à la face du Christ. Son attitude est remarquable, le coude gauche appuyé sur la terre, tandis que le genou droit est à demi fléchi ; il semble s'éveiller à la vie. C’est, d’ailleurs, dans une attitude presque semblable qu'on le retrouve au plafond de la chapelle Sixtine. Comme décoration, on remarque un palmier, un chêne, un poirier, un figuier et une plante rampante symbolisant, d’après John Ruskin, l'aliment de Vie. Ce critique fait remarquer que, dans ce bas-relief, les feuillages sont moins avancés que dans les autres, les plantes destinées à la nourriture de l’homme ne devant pas être plus avancées dans leur développement que l’homme lui-même, dont les doigts sont trop courts parce qu'ils poussent encore.

Dans la Création de la femme (figure 1), l'exécution est conçue dans une idée poétique qui la rend supérieure, d’après John Ruskin, au bas-relief fameux des portes du baptistère de GniBerti. Ici encore le Seigneur a les traits du Christ, et de sa main gauche il attire, — comme dans une procidence du bras, — le bras droit d Eve, dont les membres inférieurs sont encore plongés sous l’hypocondre droit d’Adam. Quel contraste charmant entre la courbe gracieusement ondulée de ce corps de femme qui s'éveille à la vie et l'attitude endormie de ce corps masculin qui enfante dans le calme et la sérénité ! Comme

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Fig. 1 bis. — LE PARADIS TERRESTRE

(D'après CLauDin, Histoire de l’Imprimerie \

Cliché de l'Imprimerie Nationale.

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