‹ L'accouchement dans l'artChapitre 4 sur 14 · PAGE · texte numérisé non relu

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décoration emblématique, un laurier, un figuier, une vigne, dont les détails sont finis avec une précision consommée.

Nous reproduisons (fig. 2) un sujet analogue tiré de la Chronica seu historia totius mundi ætatum (par Hartmann ScxepeLz, 1493). quelle différence au point de vue du concept et de l’exécution artistique ! Comme nous le faisions remarquer plus haut, Dieu est ici représenté, non plus sous les traits humanisés du Christ, mais sous la forme auréolée du Père Eternel, Créateur de l'Univers. Le paysage se perd dans un horizon de collines, au lieu de se limiter à quelques arbres symboliques, comme le palmier (vie immortelle), le chêne (vie humaine, le figuier (joie féconde de la vie domestique).

Mais ce sont surtout les deux sujets principaux, Adam et Eve, qui n'ont rien de la grâce de l'artiste florentin.

Comparez d’un côté cet adolescent endormi dans une attitude pleine de nonchalance, avec cet homme moustachu qui, accoudé sur le sol, dans le décubitus latéral, soutient sa tête pensive. L'Italien a mieux traduit que l'Allemand le texte biblique : « Le Seigneur Dieu envoya donc à Adam un profond sommeil ; et lorsqu'il était endormi, il tira une de ses côtes et mit de la chair à la place. »

Comparez également l'expulsion du corps d'Eve. Dans le bas-relief florentin, Eve sort tout à fait de la côte; c’est un accouchement véritable ; dans la gravure allemande, c’est un monstre bicéphale. On n'a plus ici la notion de l'accouchement ; c'est un corps de femme, mulier formosa superne, qui semble s'élever dans les airs comme un simple ballon, grâce à sa propre force ascensionnelle.

Ces critiques s'appliquent, en grande partie, à la gravure extraite de l'Histoire de l'imprimerie en France, que la Chronique médicale a reproduite dans son numéro du 1er mars 1907 (page 175). Il y a, d’ailleurs, de nombreuses répliques de ces naissances d'Adam et Eve, parmi lesquelles nous citerons particulièrement la superbe mosaïque de la cathédrale de Montréal près Palerme.

Mais quittons l'accouchement légendaire pour l’accouchement réel.

Le premier obstacle qui a dû arrêter les artistes, c’est certainement la difficulté de reproduire, d’une façon décente, une scène d’un pareil réalisme. Pour si physiologique que soit l’acte de la parturition, il n’est rien moins que poétique. On verra, par la suite, comment et par quels ingénieux artifices les artistes ont su voiler suffisamment les parties génitales de la femme pour ne pas offenser la pudeur.

C’est encore dans la Chronique médicale que nous retrouvons le plus ancien document qui nous intéresse. M. P. de Lisce du DrENEUc, conservateur du Musée de Nantes, a fait reproduire dans ce journal (1904, p. 807) une miniature extraite de La Cité de Dieu, manuscrit ayant appartenu à Philippe de Commines et conservé à la Bibliothèque de Nantes.

Cette scène d'accouchement, est-il dit dans la notice qui accompagne cette reproduction, est des plus singulières. Il s’agit, en effet, d’un accouchement debout, position qui rappelle ce qui se passe, d’après Witkowski, chez les Siamoises, au Wakamba, au Darfour, chez les Iroquoises et chez les Apaches.

La composition est des plus simples. Quatre personnages seulement : la parturiente et son nouveau-né, une sage-femme et une assistante.

La parturiente est debout, le thorax légèrement incliné en avant, les bras relevés, les mains acerochées à des cordes qui lui facilitent ainsi

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