DISCUSSION
Avant de commencer la discussion de nos observations, nous devons dire quelques mots de la façon dont nous avons conduit nos traitements. Chez la plupart de nos malades, nous avons administré une moyenne de 10 à 11 grammes d’acétylarsan, soit 2 gr. à 2 gr. 50 d’arsenic, en 10 où 16 injections, selon que l'injection était pra tiquée une fois ou deux par semaine.
Dans le premier cas, elle était de 5 ce. soit 0,23 d’arsenic ; dans le deuxième, elle n’était que de 3 ce. 0,15 d'arsenic. |
Nous avons réservé aux sujets moins forts et qui, par suite de leurs occupations, ne pouvaient s’accomoder d’un traitement bi-hebdomadaire l'injection de Æ ce. soit 0,29 d’arsenic, une fois par semaine : dix injections, réalisant un total ‘de 2 gr. d’arsenic. Nous laissons entre les séries un intervalle de un mois, pour laisser au sujet le temps de se désintoxiquer : l’Acétylarsan « n’est pas de l’eau »,
Bent
a dit Audry, et, malgré son élimination particulièrement rapide, il est susceptible de donner les accidents de a saturation arsenicale.
Une albuminurie, même légère, constatée avant le traitement, a toujours été pour nous une indication de. nous en tenir aux doses faibles, ne dépassant pas 9 gr. d’acétylarsan. Chez les. sujets n'ayant, auparavant, pas supporté les arsénobenzènes, et chez qui nous étions en droit de craindre. une intolérance absolue à l’arsenic, nous avons débuté par une injection d’épreuve de 1cc.
Est-ce grâce à ces précautions que nous n'avons pas eu, au cours de nos traitements, d'accidents, dignes de ce nom, à signaler ? ou ie doit-on à la tolérance de l’acétylarsan en lui-même. Chez plusieurs malades, nous avons eu l’occasion d'observer, quelques heures après la première et parfois la deuxième piqûre, des phénomènes gastro intestinaux, nausées, vomissements, diarrhée ou simplement selles pâteuses. Mais ils n’ont, pas persisté et ne se sont pas reproduit en cours de traitement. Ils sont d’ailleurs loin d’être la règle et la majorité des sujets ayant un foie sain, ne les présente pas. Quelques éryvthèmes arsenicaux bénins et rares : mais, en général, nous n'avons rien constaté de grave qui nous obligeât à suspendre le traitement, ou qui forçât le malade à arrêter ses OCCupations : il récevait son injection, mangeait comme à l'ordinaire, vivait, en somme, sa vie courante sans y tien changer.En somme une tolérance facile, tant locale que générale, une administration également facile : nous avons surtout pratiqué l'injection sous cutanée, ne voyant aucun avantage à Ja faire intramusculaire ou intraveineuse ; l’injection est toujours très bien supportée, ne