‹ L'Acétylarsan dans le traitement de la syphilis nerveuseChapitre 6 sur 49 · RARE · texte numérisé non relu

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traitement spécifique à ses débuts) puissent favoriser la localisation cérébro spinale des lésions syphilitiques, au moins quand cette localisation est précoce. Lorsqu'au : contraire, cette précocité n’existe pas, on peut admettre, que dans l’immmense majorité des cas, « la syphilis n’a nul besoin, n’a que faire de causes adjuvantes pour se. porter sur le cerveau : elle existe, ‘et c’est assez » (Fournier). s

D'autre part, un fait n’est pas douteux et Fournier, dans ses Leçons l'avait déjà proclamé : il est des syphilis nerveuses qui résistent au traitement, et qui, par cette résistance, se classent en dehors du cadre normal de la syphilis. « IT est des neuropathies syphilitiques, disait cet auteur, qui n’obéissent pas à un traitement égal ou même supérieur à celui cependant efficace pour la guérison d’autres lésions nerveuses ou de lésions cutanées, muqueuses ou viscérales. »

On sait que l’hémiplégie, la paraplégie banales, d’origine -Syphilitique, peuvent céder rapidement au traitement, tandis que la paralysie générale, le tabès sont considérés comme très rebelles, sinon même comme irréductibles.

Quelle est la cause de ces réactions thérapeutiques différentes ? Les partisans de la pluralité des germes en ont tiré parti, et la discussion est revenue, une fois de plus, de là nature dermotrope ou neurotrope du germe. Mais on comprendrait la spécificité effective d’un sérum antisyphilitique préparé avec l’un des virus et restant inactif sur l’autre ; on saisit moins la différence d’action d’un corps chimique novarsenical qui serait puissant VISà-vis du virus dermotrope et impuissant vis-à-vis du virus neurotrope, alors que ces deux virus sont doués de telles

affinités biologiques parallèles qu’ils engendrent la même lésion initiale, le chancre. |

Il n’est nul besoin de faire appel à la pluralité des germes syphilitiques pour expliquer cette résistance de certaines syphilis nerveuses au traitement antisyphilitique : l’hémiplégie, la paraplégie Syphilitiques sont fonction d’artérite syphilitique ; le spirochète est alors intravaseulaire, la lésion n’est qu’artérielle, et si la cure

est dirigée, précocement, avant la désorganisation trop

grave du département nerveux tributaire, la guérison est à peu près assurée.

Mercure et arsenic peuvent, dans ce cas; atteindre directement le spirochète et agir sur lui Comme ils le feraient, de façon analogue, au niveau du tissu cutané où muqueux.

Il en sera tout autrement si le spirochète, et c’est la conception de M. Sicard en particulher, au lieu de se fixer sur la paroi vasculaire, se propage primitivement à l’intérieur même du parenchyme nerveux, ébauchant ainsi le processus de début du tabès ou de la P. G. La méningite chronique, inséparable de ces deux affections, est secondaire et tardive, et, quand la ponction lombaire permet de dépister les réactions anormales du liquide céphalo rachidien, le tréponème est depuis déjà trop longtemps fixé au sein du parenchyme nerveux. Il se trouve là au contact d’une constitution chimique particulière, d’un protoplasma nerveux riche en lécithines, en graisses phosphorées, en liquides divers. « L’arsénorésistance et la bismutho résistance de la Paralysie générale, disent encore MM. Sézary et Barbé, tiennent peut-être au fait que le tissu nerveux est doué d’un pou-

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voir réducteur marqué, alors que la plupart des médications dirigées contre elle ne deviennent tréponémicides qu'après un processus d’oxydation qui ne peut se réaliser dans les centres nerveux. »

I semble done que l’on puisse actuellement, sans toutefois se hâter de trop schématiser les cheses, grouper la neurosyphilis dans deux grands cadres cliniques : Ja syphilis nerveuse, artérielle primitive avec méningite concomitante et lésion parenchymateuse secondaire (types classiques de la neurosyphilis), la syphilis nerveuse parenchymateuse, avec méningo vascularite secondaire et méninoite chronique (types dits parasyphilitiques).

Une médication poussée à l’extrème, un traitement intensif et précoce, peuvent agir en empêchant l’apport de nouveaux tréponèmes ; et, à condition que l’apparition de symptômes cliniques n’ait pas été trop brutale et si les désordres anatomiques tributaires sont réparablés, la maladie peut encore se fixer. C’est ce que montre la proportion, incontestablement plus forte que jadis, de tabès cristallisés, arrêtés dans leur évolution. Peut-être pourrat-on escompter également l'arrêt du processus de P. G.

Une conclusion à tirer de ces faits, c’est qu’on ne peut songer, en matière de syphilis nerveuse. à un code thérapeutique absolu. D’autres facteurs entrent encore en jeu, avec lesquels il faut compter : la susceptibilité du malade, sa tolérance vis-à-vis de tel ou tel agent thérapeutique, le stade de la maladie, son type évolutif, les renseignements fournis par les réactions humorales. 11 n’y a pas une syphilis nerveuse : il n’y a que des syphilitiques nerveux et la logique commande qu’à des formes eliniques différentes, lon oppose des traitements différents : des

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tâtonnements sont nécessaires ; l’organisme exigeant, dans quelques eas, une accoutumance, un entrainement progressifs, ce sera à des modifications, soit dans le choix, soit dans la dose, soit dans la voie d'apport du médicament, qu'il faudra faire appel pour rétablir l’équilibre de tolérance ou d'adaptation. « Un idéal étant admis, disait Carle, il ne faut pas négliger les réalités en présence desquelles se trouve chaque jour le praticien. »

La thérapeutique antisyphilitique, a été longtemps réduite au mercure, à l’iodure et à l’arsenic. En 1900 les arsenicaux furent présentés aux médecins, et leur remarquable efficacité contre les premières manifestations de la vérole fit d’abord naître d'immenses espoirs que l'avenir ne justifia pas. Néanmoins, si la « therapia sterilisans magna » est passée au rang des illusions sans lende-

main, il n’en demeure pas moins établi que l’arsénothé-

rapie est toujours au premier plan. Depuis deux ans. l'arsenal thérapeutique s’est enrichi du bismuth.

Nous ferons une rapide étude d'ensemble de ces diverses médications :

Le Mercure à été longtemps le seul utilisé, lui et ses sels : sels solubles : biiodure et benzoate de mercure, en injections intramuseulaires (0,02 à 0,04) : cyanure de mereure en injections intraveineuses (0,01 à 0,02) : sels insolubles : calomel en injections intramuseulaires (0,05 à 0,40 fous les huit jours) dont l'action est plus rapide

que celle de l'huile grise à 4 %. On l’a également admi-

nistré par la voie gastrique : pilules au bichlorure, de Dupuytren ; pilules au b'iodure de Ricord ; sirops de

. Gibert, de Boutigny ; liqueur de van Swieten — par la voie cutanée, en frictions, — par la voie rectale, en supposifoires.

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