‹ L'acetylcholine dans le traitement de l'acrodynie infantileChapitre 10 sur 15 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

M. LEREBOULLET, inédite.

L'enfant D... Michel, âgé de deux ans et demi, est amené le 10 décembre 1937, par sa mère, à l’hospice des Enfants-Assistés. Elle a noté lapparition de troubles divers survenus à la fin d’avril alors que l’enfant avait 22 mois.

Elle a remarqué en effet la tuméfaction et la rougeur des mains et des pieds, un prurit important, l’enfant se grattant presque continuellement.

Au début, il existait des sueurs abondantes,

De plus, elle a remarqué que l’enfant devenait grognon, agité, dormait très mal et même restait des mois sans dormir,

La mère a encore noté de gros troubles de la marche.

L'enfant reste volontiers assis ou couché. Si on veut le mettre debout, il tient, reste stable, peut même faire quelques pas, mais très rapidement il s’affaisse.

Enfin, on a constaté un amaigrissement très important, tous ces troubles ont pressé la mère à consulter.

Elle s’est d’abord adressée à un médecin de l'Eure qui conserlle une alimentation variée.

La mère a l’impression d'une certaine amélioration, l'enfant dort parfois un peu, il a repris un peu de poids.

Examen: le 11 décembre 1937 :

1° Syndrome érythralgique.

On note au niveau des extrémités une tuméfaction considérable, les doigts sont gros, boudinés, très rouges, et passent par des alternatives de froid et de chaud. A l’examen on précise l'existence de saillies petites, légèrement brillantes et siège de desquamation. Les pieds sont également le siège de tuméfactions, de rougeurs, de refroidissement local.

Au niveau des mains comme des pieds, on note une desquamation relativement assez fine. Actuellement moins de sueurs. Les genoux sont également rouges et desquament. Le nez et les joues sont également le siège de tuméfactions et de rougeurs. Enfin, à son entrée, l’enfant présentait une verge tuméfiée et

De

rouge, actuellement elle a repris une teinte normale. On note également sur le corps une éruption généralisée prédominant dans le dos, atteignant également le cuir chevelu, éruption constituée de macules disparaissant à la pression et séparée par des intervalles de peau saine ayant fait parler de rougeole.

Les caractères de cette éruption sont d’ailleurs modifiés par l'existence de lésions de grattage associées. En effet, au cours de l'examen, on peut constater l’existence d’un prurit important, tout particulièrement au niveau des extrémités, l’enfant frotte sans cesse ses mains l’une contre l’autre ou se gratte un point du corps.

Au niveau de la pulpe de l'index droit, on note une lésion plus importante : croûte noirâtre (lésion de grattage ou sphacèle).

Des lésions analogues sont notées également à la racine de l’index, de la pulpe du pouce, à la paume de la main. Il existe à ces niveaux une série de plaques nécrotiques, chacune de la taille d’une grosse lentille, elles sont très remarquables par leur caractère nettement escharotique noirâtre.

2° A ces troubles des extrémités s’ajoutent des troubles nerveux importants. L'enfant est très agité, pleure très fréquemment, malgré le gardénal, il dort mal. On note de plus une hypotonicité manifeste, si on l’assied il fléchit considérablement le tronc sur le bassin, sa colonne vertébrale décrit une courbure convexe, en arrière une lordose très marquée.

L'enfant tient sa tête convenablement, elle vient toucher ses pieds dès qu'il se penche un peu. Si on le met debout, il fléchit les genoux, écarte les pieds, ce n’est qu’exceptionnellement que Pon parvient à le faire marcher, et encore ne fait-il au maximum que quelques pas. Réflexe rotulien «aboli, pas de signe de Babinski.

3° Tachycardie importante à 128 avec extrasystoles, tension artérielle 13 1/2-6. Pendant son hospitalisation qui a duré neuf jours, cet enfant a reçu quotidiennement une injection d’acétylcholine, d’abord de 1 centigramme, puis 2 et 3. Parallèlement à cette médication, il a été administré du gardénal par voie buccale, les premiers jours seulement.

L'enfant est sorti en bonne voie de guérison, le 18 décembre

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