‹ L'Acide Borique et le Borate de Soude Action Physio-Pathologique - Utilisation Comme Antiseptique AlimentaireChapitre 14 sur 45 · B. ELIMINATION · texte numérisé non relu

B. ELIMINATION

Tous les expérimentateurs s'accordent pour dire, que la plus grande partie de l’acide borique et du borate absorbée, est éliminée par le rein.

Wiley (110) a fait des recherches sur cinq séries de douze jeunes gens chacune. Chaque jour, pendant un mois, ces jeunes gens ont ingéré un mélange, fait à parties égales, d’acide borique et de borate de soude, 607 g. 40 de ce mélange ont été absorbés. Sur cette quantité, 469 g. 69, soit 77,16 p. 100 ont été retrouvés dans les urines.

L’élimination urinaire débute rapidement, Wild (109) rapporte que dès 1844, Biswanger avait observé qu’elle commençait à la quinzième minute. Rost (92) sur un lapin anesthésié, ayant à demeure une sonde vésicale permettant l'écoulement constant de l’urine, constate que l’acide borique apparaît dix minutes après l’ingestion. On a observé sa présence dans l’urine, 50 secondes après absorption par la voie cutanée (Kalhenberg et Barwasser) (51).

Rost (90) (91) (92) a fait de nombreuses recherches sur les modalités de l'élimination urinaire chez l’homme, 50 p. 100 de la quantité ingérée sont éliminés de l’organisme en douze heures, le reste l’est en 5 à 6 jours, cependant on peut observer des cas où la recherche qualitative dans l’urine est encore positive neuf jours après l’administration. La recherche des éliminations horaires donne une courbe dont le maximum se trouve vers la 2e ou 3e heure après l’ingestion, l’élimination diminue alors progressivement, mais avec quelques petites fluctuations.

Les recherches faites, après des ingestions répétées et après une seule prise, permettent de penser que l’élimination est variable selon les individus et parfois, pour un même organisme. Trois sujets absorbent chacun, en une

SU

fois, au petit déjeuner, 3 g. d'acide borique. À la douzième heure, les quantités éliminées par chacun d’eux sont les suivantes : 1 g. 229, 1 9. 724, et 1 g. 475 ; à la fin du troisième jour, elles s'élèvent à : 2 g. 656, 2 g. 869 et 2 g. 837.

Après l’ingestion de 1 g., dès la 4° heure, 17,6 p. 100 sont éliminés et après l’absorption de 2 g. 25, 4 p. 100 ; sur un autre sujet, sept heures après une prise de 2 g., on constate l'élimination de 30, 35 p. 100.

Un sujet R, absorbe quatre jours de suite, 2 g. d’acide borique par jour, les éliminations quotidiennes sont les suivantes : 1 g. 380, 1 g. 668, 1 g. 768 et 1 g. 856. Un sujet B, absorbe pendant dix-sept jours, 3 g. d’acide borique par jour, le 1er jour on en retrouve 1 g. 869 dans les urines, le 2e jour 2 g. 279 et par la suite les chiffres donnés oscillent aux environs de 2 g. 700, le 17° jour, on retrouve 2 g. 608. Le sujet À, ingère 3 g. d’acide borique par jour pendant Sept jours, le septième jour on ne constate qu’une élimination de 2 g. 219.

Des résultats analogues sont obtenus par Kister (52). Un sujet normal absorbe 1 g. d’acide borique, dès la fin de la deuxième heure, la drogue est retrouvée dans l’urine, et l'élimination persiste pendant huit jours ; à la dose de 0 g. 50 la durée de l’excrétion par les urines ne se prolonge pas au delà du cinquième jour.

L’élimination par la voie urinaire de l de borique est donc lente, et elle ne semble pas être totale. Cette proposition est contestée par Chittenden et Gies (19) qui déclarent avoir observé l'élimination rapide, de 24 à 36 heures, du borate de soude et de l’acide borique et de ce fait, ils nient toute accumulation à la suite d’ingestions répétées de doses - modérées (3 g.). Cette opinion n’est pas adoptée par tous les auteurs et il est en général admis que l'élimination par la voie urinaire est lente. En attendant d’être éliminé l’acide borique se fixerait dans l'organisme.

On a établi que l'intensité et la vitesse de cette élimina-

RÉ es

tion étaient indépendantes de la diurèse ainsi que de la quantité d’eau ingérée (Rost) (91).

Si, pratiquement, les reins sont les principaux organes d’excrétion, l'élimination par les fèces, la sueur, le lait et la salive a été mise en évidence. Trois sujets reçoivent par la voie orale, 3 g. d’acide borique ; chez le premier, on en retrouve 65,9 p. 100 dans les urines et 1,12 p. 100 dans les selles, chez le second respectivement, 71,3 p. 100 et 0,78 p. 100 et chez le troisième 82,96 p. 100 et 0,86 p. 100. Rost montre la difficulté qu’a le bore à passer dans l'intestin. On injecte en 20 minutes à un chien, 3 g. 4 de borate de soude dans la veine jugulaire, vingt minutes plus tard on le saigne à blanc, les dosages ont donné les résultats suivants : Estomac : 4 mg., Intestin : 5 mg., gros intestin, 1 mg. 5, urine vésicale 0 g. 264, sang total 0 g. 104.

Les quantités éliminées par la sueur sont relativement plus importantes.

Rost (91) après une ingestion de 3 g. et après une absorption pendant trois jours de 9 g. analyse respectivement 550 cmÿet 110 cmÿ de sueur dans lesquels il trouve 20 et 8 mg. d’acide borique. Wiley (110) retrouve des quantités analogues dans des épreuves de sudation provoquée. Trois hommes absorbent 3 g.de borax en deux jours, l’aprèsmidi du second jour ils sont conduits dans un bain de vapeur. Avant de rentrer dans le bain, ils sont lavés, brossés à l’eau distillée, puis enveloppés dans un laïnage. La durée

du bain est de 90 minutes à la température de 550, A l'issue

du baïn, ils sont à nouveau lavés, on recueille cette eau ainsi que l’eau de lavage des lainages. On a retrouvé ainsi 1,54 p. 100 de la quantité ingérée. On peut admettre que cette sudation équivaut à une sudation normale de 24 heures et si, comme il est vraisemblable, cette élimination se poursuit quelques jours, elle atteint environ 3 p. 100 de la quantité ingérée.

On a constaté le passage de l’acide borique dans le lait.

Page 1