RECHERCHES PERSONNELLES
Essais d’intoxication chronique.
Ces essais ont été pratiqués sur quatre chiens. Il nous a été difficile d'utiliser un plus grand nombre d’animaux, car nous avons été contraints de nous plier aux difficultés actuelles relatives à l'alimentation. La nourriture de ces chiens était exclusivement composée de soupes faites avec des biscuits de chiens, et de rares légumes, de la viande cuite ou crue provenant d'animaux cachectiques impropres à la consommation de l’homme.
L’expérimentation a duré du 15 septembre au 15 mai, c’est-à-dire huit mois, y compris une période de quinze jours au cours de laquelle l'administration d’acide borique a été interrompue.
Nous avons utilisé l’acide borique chimiquement pur délivré par les Etablissements Rhône-Poulenc. On s’est servi d’une solution à 2 p. 100 ; la quantité à administrer était mesurée à l’aide d’une pipette graduée et introduite directement dans ia bouche de l’animal. De cette façon, on était sûr de la quantité ingérée. Le poids requis d’acide borique aurait pu être mélangé à la pâtée quotidienne, mais souvent les chiens renversent leur nourriture ou la délaissent, de sorte que l’on n’est jamais certain de la quantité réellement ingérée.
Nous n'avons pas eu l'intention de donner des doses massives de produit. Des essais nombreux de toxicité ont
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été faits et les résultats obtenus ont été souvent contradictoires. D'ailleurs, à part des ingestions accidentelles, de telles quantités ne sont jamais absorbées. Nous nous sommes attachés, à tenter de réaliser une intoxication chronique, semblable à celle qui serait susceptible de se produire par l’ingestion quotidienne de denrées alimentaires boriquées.
Dans la mesure où l’on peut comparer l’animal à l'homme, les expérimentateurs s’accordent pour assimiler un chien de 20 kg. à un homme du poids moyen de 70 kg. Au cours des premiers essais portant sur une durée de trois mois, du 15 septembre au 15 décembre, les chiens ont reçu chaque jour un centigramme d’acide borique par kg. correspondant à une quantité quotidienne de 0 g. 20 pour un homme.
Pendant cette période, les variations suivantes dans le: poids des animaux ont été observées :
Chien I Chien II Chien III Chien IV og 2 ans O' 4 ans o âgé Q 2ans Poids initial le 15 sep- Vue tembhre nt Mess 8 kg. 300 8 kg. 11 kg. 8 kg.
Poids le 23 septembre . 8 kg. 500 6 kg. 500 9 kg. 500 8 kg. Poids le 24 novembre . 8 kg. 500 7 kg. 10 kg. 7 kg. 500:
Poids le 15 décembre.. S8kg. 500 7kg.500 11kg.500 7 kg. 200
Le poids des animaux I et III est resté stationnaire pendant toute la durée de l’ expérience, celui du chien III ayant. subi quelques fluctuations.
La chute de poids observée sur le chien II à la fin de la première semaine ne peut être attribuée à l’action de l’acide borique, puisqu'il a repris peu à peu son embonpoint. L’animal mangeait peu, et cette anorexie doit être mise sur le: compte du dépaysement et de la nourriture grossière à laquelle ï! n’était peut-être pas habitué.
Quant au chien IV, la baisse de son poids est AE et relativement importante (10 p. 100); cet animal n’a cependant perdu ni de son appétit, ni de sa vigueur.
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En résumé, dans cette première série d’expériences, l’acide borique, à la quantité indiquée s’est montré dénué de tout effet sur la santé des animaux, à l'exception d’un seul qui a perdu 10 p. 100 de son poids. Du point de vue cutané, aucune lésion n’a été observée.
Chaque fois que l’occasion a été donnée de recueillir
l’urine de ces chiens, des traces d’acide borique y ont été constatées. Aucune recherche quantitative n’a été faite mais l’intensité de la teinte, la grandeur de la surface colorée du papier de curcuma étaient identiques à celles fournies par une solution aqueuse d’acide borique à 1 p. 100.000. | . Une deuxième expérience a été faite, d’une durée de quatre mois et demi, du 2 janvier au 15 mai. Les mêmes animaux ont été utilisés après une période de repos de quinze jours.
La dose quotidienne d’acide borique a été doublée et les chiens en ont absorbé par voie buccale, deux centigrammes par kg. Cette quantité correspond à la dose de quarante centigrammes pour un homme du poids moyen de 70 kg. Au cours de la période indiquée, les poids des animaux ont été les suivants :
Chien I Chien II Chien III Chien IV
o' 2 ans cd 4 ans (o} âgé $ 2 ans Poids le 2 janvier .... ‘7 kg. 500 7 kg. + 12 kg. 6 kg. 500 Poids le 26 février ... 6 kg. 750 7 kg. 250 12 kg. 5 kg. 600 Poids le 3 avril ...... 7 kg. 400 11 kg. 800 6 kg. Poids le 15 mai...... 8 kg. 11kg. 800 7 kg.
Le chien I est mort le 3 mars, en présentant des signes manifestes de la maladie du jeune âge.
Les pesées effectuées au cours de cette expérience de quatre mois et demi, montre que la quantité d’acide borique ingérée n’a eu aucune influence sur le poids des animaux. L’amaigrissement noté sur le chien IV dans la première expérience a continué pendant deux mois encore, puis la
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quantité absorbée étant restée la même, son poids a légèrement augmenté. Ceci semble démontrer l'indifférence du produit, à cette dose, sur l’'embonpoint.
Et pourtant ces chiens étaient placés dans des conditions pouvant faire redouter un amaigrissement spontané, ils étaient dans des niches relativement spacieuses, mais ils métaient jamais laissés dehors en liberté et leur nourriture n’était pas très choisie. A l'exception du chien I, dont la mort ne peut être imputable à la prise quotidienne d’acide borique (cet animal jeune était placé dans un milieu infecté), les trois autres chiens ont toujours montré les signes d’une bonne santé, en particulier ils n’ont jamais présenté, ni vomissement, ni diarrhée, ni eczéma.
Leur urine donnait régulièrement, avec le papier de curcuma une réaction positive. Par contre, avec les selles examinées à différentes reprises, les recherches ont été constamment négatives.
Recherches sur le cadavre.