‹ L'Acide Borique et le Borate de Soude Action Physio-Pathologique - Utilisation Comme Antiseptique AlimentaireChapitre 17 sur 45 · C. RECHERCHES SUR LES ANIMAUX · texte numérisé non relu

C. RECHERCHES SUR LES ANIMAUX

À la fin du siècle dernier, devant l’utilisation de plus en plus généralisée des antiseptiques pour assurer la conservation des denrées alimentaires: produits carnés, lait, bière, etc., des expériences ont été entreprises pour étudier l’action physio-pathologique de ces corps chimiques.

Les recherches faites sur le borate de soude en 1878 par de Cyon (25) (26) ont eu à l’époque un retentissement

important, dû à la notoriété du physiologiste et aussi, au “fait que leurs résultats venaient appuyer les affirmations des industriels qui vendaïent les produits conservateurs et de ceux qui les utilisaient.

Des chiens nourris de viande fraîche, absorbent jusqu’à 12 g. de borate de soude par jour, au bout de dix jours, l’auteur constate une augmentation de poids de 10 P 100 Il conclut ainsi :

« 19 Le borate ajouté à la viande jusqu’à 12 g. par jour, peut être employé en nourriture sans provoquer le moindre trouble dans la nutrition générale.

« 29 Le borax substitué au sel marin, augmente la facilité d’assimiler la viande et peut amener une forte augmentation du poids de l’animal, même quand l'alimentation est exclusivement albuminoïde,. »

Il ajoute que l’action du borate de soude ne se rapporte qu’au sel pur, c’est-à-dire ne contenant ni sels d’alun et de plomb, ni carbonate de soude, qui se trouvent habituellement mélangés au borax du commerce.

La même année, Le Bon (53), à l’Académie des Sciences, s’élève avec force contre l’emploi de ce sel qu’il accuse de déterminer des troubles intestinaux.

Pouchet (71) n’a pu expérimenter sur des chiensadultes, il a observé que ceux-ci refusaient de manger la pâtée contenant du borate de soude. Il a alors poursuivi ses recherches sur des chiots âgés de 34 et 48 jours, auxquels il a fait ingérer : 3 g. par jour à une série et 0 g. 50 à une autre. Au bout de 19 jours au maximum de ce régime, les animaux meurent tous, et le bore est constamment retrouvé dans le foie, les reins, le sang et les poumons.

Annett (3) prend trois lots de chatons comprenant chacun cinq animaux; deux sont nourris de lait additionné . d'acide borique, à raison de 1 g. 20 par litre pour l’un et de 0 5. 60 pour l’autre, le troisième lot sert de témoin. Les animaux soumis à l’acide borique meurent au cours de la

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quatrième semaine de l’expérience, après avoir présenté un amaigrissement progressif, de la diarrhée et de l’inappétence. Par contre, les témoins demeurent en parfait état de santé et engraissent. Annett, conclut à la nocivité de l’acide borique pour les enfants.

Cette expérience a été l’objet de nombreuses critiques Tunnicliffe et Rosenheim (105) ont montré que des porcelets pouvaient ingérer de 0 g. 20 à 2 g. 40 d’acide borique par jour, sans que leur poids et leur état de santé soient perturbés. Rideal (88) nourrit des chatons âgés de cinq semaines avec 70 cm® de lait de vache par jour, additionnés de 0 g. 03 d’acide borique et il constate qu'ils augmentent régulièrement de poids.

Rost (92) a obtenu une action diurétique très nette, sur un chien pesant 28 kg. après une ingestion de 15 g. de borax. Une albuminurie a été observée, notamment chez le lapin après injection sous-cutanée. |

Cependant à la suite de nombreux essais faits sur de jeunes animaux, (poulets, chiens, chats, lapins, cobayes), Kister (52) montre que les jeunes organismes sont particulièrement sensibles à l’intoxication boriquée.

Neumann (65) donne comme dose maximum par voie buccale, 1 g. 24 à 2 g. par kilogramme. Déjà entre 0 g. 9 et 1 g. 24 par kilogramme, on relève un abaissement de la température, à 2 g. 17 on provoque des vomissements et de la diarrhée ; à 4-5 g., la mort est à peu près certaine.

Des chats ingèrent 0 g. 05 de borate de soude par jour, pendant une période de 133 jours, à l'issue de laquelle ils sont sacrifiés. L’examen histologique des reins a montré une dégénérescence de l’épithélium des tubes, plus marquée sur des tubes contournés, des masses granuleuses dans la lumière des tubes collecteurs et des foyers d'infiltration cellulaire (Harrington) (42). Cette expérience peut être discutée, car, rarement les reins du chat normal sont trouvés sans altération microscopique (Blanchard) (9).

Outre les travaux sur la toxicité proprement dite de ces drogues, des recherches ont été faites quant à leur action sur la nutrition générale. Expérimentant sur des chiens adultes de 8 à 12 kg., Chittenden et Gies (19), font les conclusions suivantes : l’acide borique et le borate de soude à . la dose de 1 g. 5 à 2 g. peuvent donner des nausées et des vomissements; au-dessous de 3 g. par jour, l’acide borique n’a aucune influence sur les différentes métabolismes. Le borate de soude à des doses inférieures à 5 g. par jour s’est également montré complètement indifférent ; à des doses variant de 5 à 10 g. par jour, il stimule le métabolisme des protides et augmente la quantité d’azote et d’acide phosphorique excrétée par les urines, à de plus fortes doses il tend à retarder l'assimilation des protides et des lipides et augmente le poids des fèces et leur teneur en azote et en graisse, de très fortes quantités peuvent déterminer de la diarrhée. Aucune action sur la diurèse n’a été notée. Rost (90), a observé, chez l’homme et chez l’animal, que l’utilisation de la nourriture actuellement appelée action dynamique-spécifique était diminuée par l’addition de préparations contenant du bore.

Toutes ces expériences paraissent assez contradictoires quant aux doses déterminant des phénomènes pathologiques. Cela ne saurait nous étonner, car l£s produits ont été administrés par la voie buccale, Or, tous les expérimentateurs savent que le chien et le chat sont des animaux qui vomissent facilement lorsque l’on cherche à leur faire ingérer, même par la sonde, des drogues ayant une saveur plus ou moins désagréable. Dans la plupart des - expériences citées, on a chaque fois noté que le borax ou l'acide borique provoquaient facilement des nausées, et des vomissements, aussi est-il peu aisé de déterminer la quantité réellement absorbée.

Plus exact est le résultat des recherches introduisant le produit dans la circulation (Loœper, Garcin et Tonnet) (55).

CNRS

Chez le lapin et le chien, le borate de soude à des doses allant de 0 g. 04 à 0 g. 45 par kilogramme ne provoque aucun accident, tout au plus, et ce n’est pas la règle, il peut déterminer un peu de diarrhée. Aucune action n’a été relevée sur le tonus vasculaire, par contre on a noté, pour des doses élevées, une hyperleucocytose persistant 24 à 36 heures, mais la répétition des doses et leur accroissement n’entraîne pas des leucocytoses identiques ou proportionnelles. Chez le lapin, avec 0 g. 45 par kilogramme, tous les jours pendant six jours, on obtient une augmentation de poids de 200 à 300 g., chiffre dépassant de beaucoup celui des témoins.

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