D. ETUDES FAITES CHEZ L'HOMME
On a cherché à préciser les quantités maxima que l’on pouvait atteindre sans provoquer de phénomènes d’intolérance. Les résultats auxquels les expérimentateurs sont arrivés paraissent contradictoires, cependant il semble que l’on puisse prendre comme dose limite 5 g.
Selon Manquat (59), Capelli a pu administrer sans inconvénient pour la santé, 4 g. d'acide borique pendant 23 jours et 2 g. pendant 45 jours. Par contre, Kister (52) en fait ingérer à des sujets sains et vigoureux 3 g. par jour, dose relativement modérée, eu égard aux quantités de cette substance dont on additionne les aliments pour les conserver (c’est en 1901). Du 4€ au 108 jour, il a vu survenir une albuminerie qui persista tant que dura l’administration de la drogue. Dans d’autres expériences des doses quotidiennes de 1 g. suffisent à provoquer des phénomènes émétocathartiques.
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Neuman (65) absorba jusqu’à 5 g. de borax par jour et ne constata qu’une légère diminution de poids.
Wild (109) absorbe un gramme d’acide borique sans éprouver aucun malaise ; mais à la suite d’une prise de 7 g. 50, il fut fortement incommodé. Quatre heures après cette ingestion il eut des nausées, non suivies de vomissement, il ne souffrit pas de coliques, mais sept heures plus tard apparut une diarrhée qui dura toute la nuit. Le lendemain il se sentit fatigué, sans appétit, eut la migraine et nota un érythème cutané assez marqué. Son urine contenait de l’acide borique.
L'action physiologique de l’acide borique et du borate de soude a fait l’objet de quelques recherches.
Trois enfants âgés de 2, 4 et 5 ans, reçoivent pendant douze jours, un gramme d’acide borique par jour (Tunnicliffe et Rosenheim) (105). Les observations suivantes sont faites : léger accroissement du poids; sauf dans un cas où il a été amélioré, aucune influence sur le métabolisme des protides n’a été notée ; le pourcentage de l’azote.et du phosphore dans les fèces «est légèrement diminué.
A la suite de l’ingestion de trois grammes d’acide borique par jour, pendant trois jours et de 1 g. 50et 0 g. 50 pendant deux périodes de deux jours chacune, Forster (36) ne relève aucune action sur le métabolisme des protides et sur l’assimilation des graisses.
Dans des travaux relativement récents, Lœper et ses collaborateurs (55), ont étudié l’action du borate de soude. Ils utilisèrent des doses allant de 0 g. 45 à 4 g. pour un homme de poids moyen. Ils ont fait les constatations suiwantes : le temps de coagulation est prolongé de 6 à 13 m. et le temps -de saignement accru de 2 à 6 m., son emploi n’est donc pas sans danger dans les affections hémorragiques ou hémorragipares ; la tension artérieile est abaissée de 1 em..de mercure, cette hypotension est plus accentuée chez les hypertendus -et elle se maintient après une série
Pere
d’injections à 2 cm. au-dessous du chiffre initial; un ralentissement du pouls est fréquent ; une action antipyrétique a été relevée dans une pneumonie franche ; une action diurétique a été observée, l’urine est pauvre en urée surtout aux doses élevées : 1 g. 80 à 2 g. 25, cet abaissement du taux de l’urée urinaire serait dû à la glande hépatique, en effet, on relève une hypoglycémie chez l’homme normal comme chez le diabétique, ainsi qu’une baisse du taux de l’oxalémie et de la cholestérolémie ; enfin, le borate de soude a une action élective sur l'appareil thyroïdien, des goitres exophtalmiques ont été améliorés, tant dans les réactions générales que dans leurs signes objectifs ; un engraissement des sujets de 1 à 3 kg. en 3 à 4 semaines a été constaté, il est peut être en relation avec l’action exercée sur le corps thyroïde. |
Sans discuter les actions thérapeutiques de l'acide borique et du borate de soude, il est possible d'avancer sans contredit, que ces drogues ne sont pas comme on l’a prétendu des corps inertes qui ne font que traverser l’organisme sans avoir aucun effet physiologique, elles possèdent au contraire des actions très complexes, dont on devra tenir compte si l’on veut faire entrer ces produits dans l'alimentation courante.