APERÇU CLINIQUE ET DIAGNOSTIOUE
L'hypochlorhydrie n'est pas une entité morbide, c'est an lrouble de la sécrétion gastrique commun à un grand nombre de maladies et qui se manifeste cliniquement par une série de Symptômes que nous allons maintenant étudier.
Les hypochlorhydriques ont habituellement peu d'appélit, quelquelois une anorexie presque absolue. Les r'épas à peine terminés, demi-heure OU {rois quarts d'heure aprés tau mor ment où la digestion devrait être en pleme activité, ils éprouvent des douleurs dans Ja région épigastrique : ces douleurs sont habituellement peu intenses, caractérisées Je plus souvent par une sensation de distension et de pesanteur gastrique. Parfois cependant, surtout chez les nerveux, on observe de véritables crises Saslralgiques. L'estomac de ces malades est dislendu et atone. Ils sont quelquefois obligés de desserresr leurs vêtements. La digestion anormale se manileste encore par des éructations acides ou encore par de rares vomissements ; tout cela ne va pas sans provoquer des malaises généraux dans la période qui suit Je repas ; le malade a le visage congestionné, avec des bouffées de chaleur. Incapable de tout Iravail, il se laisse aller à une Somnolence presque invincible. Des céphalées intenses font parlois son tourment. L'appareil
cardio-vasculaire réagit lui aussi par de la tachycardie, de l'intermittence et de l'irrégularité du pouls. Potam a noté dans un grand nombre de cas l'exagération du second bruil au niveau de l'artère pulmonaire, un bruit de galop et un souffle systolique au niveau du ventricule droit. Ces difficultés de la digestion ne sont pas localisées à l'estomac : assez souvent le passage des aliments dans l'intestin se traduit par une diarrhée rapide et abondante, les selles sont fluides el lientériques, preuve à la lois du passage trop rapide des aliments dans le tube digestif et de leur insulfisante digestion. À la douleur gastrique succède une douleur abdominale périombilicale habituellement. À la longue le défaut d'assimilalion des aliments provoque des troubles profonds de Fétat général. Les malades se présentent amaigris, le faciès lerreux, la peau sèche et rugueuse, donnant l'impression des cachectiques et des cancéreux. Des troubles nerveux sont assez fréquents, caractérisés ordinairement par de la neurasthénie, de l'abattement, de la paresse, de la céphalalgie. On à même noté comme rarelé clinique de l'aphasie et de lhémiplégie transitoire. Dans bien des cas le syndrome hypochlorhydrique se présente sous un aspect tout différent, le malade ne soullre ni des pesanteurs gastriques n1 de diarrhée nt des troubles nerveux dont nous venons de ‘parler, 11 réalise une de ces formes latentes que seul l'examen du ehimisme gastrique pourra déceler.
Le diagnostic clinique Œans la lorme habituelle est assez facile. L'hypochlorhydrique ne sera pas confondu avec lhyperchlorhydrique, gros mangeur qui souffre seulement trois ou quatre heures après le repas, dont les douleurs sont beaucoup plus violentes (crises gastralgiques).
Il nous faut signaler cependant une erreur clinique assez fréquente. On voit des malades qui, avec tous les sympiômes
de l'hypochlorhydrie, présentent du pyrosis, des éructalions
acides et désagréables, et pourraient passer aux yeux des cliniciens non prévenus pour des hyperchlorhydriques. Ce sont ceux Chez qui l'absence ou la diminution de l'HC] permet le développement d'acides de fermentations (acide lactique, bulyrique ou autres) : ces sujets son des hypochlorhydriques tout en étant des hyperacidés, «et ce ne sera le plus souvent que par l'examen chimique du suc gastrique que le diagnostic pourra être rectifié.
Cet examen du suc gastrique reste en effet le moyer le plus certain écarter toute erreur possible de diagnostic. Sa technique en est aujourd'hui bien établie et en rend en somme l'exécution assez facile. Le cathétérisme de l'estomac sera praliqué une heure après le repas d'épreuve d'Ewald. L'examen exltemporané donnera quelques indications qu'il faudra ensuite vérifier par l'analyse chmique. Quand' il Sagit d’un hypochlorhydrique, le liquide ramené par le cathétérisme est épais; foncé, de quantité réduite, il contient des débris alimentaires non encore digérés. Si l'on examine les étapes successives de la transformation de l’albumine on lrouve en assez grande quantité des albuminoïdes non digérés, une diminulion notable de la quantité des peptones, rarement de la Syntonine, Quant aux composés chlorés ils Sont par définition dminués. H (acide chlorhydrique libre) est égal à zéro, ou il n'en reste que des traces. C est aussi très diminué. L’acidité totale (A) est très variable, tantôt très diminuée (absence de lermentations anormales) {antot normale où augmentée. Nous avons montré que clans la majorité des cas C se mesure par À, puisque chaque molécule de chlore se combinant à la molécule albuminoïde. libère une fonction acide, facteur de l'acidité totale, S'il n y à donc pas de fermentations anormales, Si autrement dit æ est voisin de 0,86, la chlorhydrie H +C sera mesurée par À. Nous pourrons alors avec Hayem dis-