HISTORIQUE
L'emploi de l'acide chlorhydrique comme agent médicamenteux est fort ancien ; mais son usage raisonné en tant qu'eupeplique date seulement de l'époque à laquelle des analyses montrèrent l’acidité du sue stomacal. Les observations de Réaumur, celles de Spallanzant restées célèbres, établirent de façon incontestable cette notion. Il était donc naturel pour les thérapeutes de l'époque de penser à utiliser les acidés comme eupeptiques ; ils n’y failhirent point et s'adressèrent empiriquement à l'acide chlorhydrique qui plus facilement maniable leur était déjà connu par l'emploi qu'ils en faisaient couramment comme anlithermique et rafraîchissant. Ils pensaient que les bons effets de cette médication étaient en grande partie dus aux propriélés antiputrides et antifermentescibles du médicament. Ce ne fut que beaucoup plus tard, quand l'acidité du suc gastrique fut expérimentalement attribuée à HCI, que les succès thérapeutiques purent être considérés comme résultant d'une véritable opothérapie partielle.
Mais on sail que cette notion ne fut pas admise sans contestées? Lehmann, Claude Bernard, Smith, Labordé, ete. pensaient que l'acide du sue gastrique était l'acide lactique : Blondlot pensait que c'était le phosphate de chaux. En 1878 enfin, Ch. Richet usant d’une technique indiquée par Ber- Hhelot, établit définitivement que FHCI était l'acide sécrété par l'estomac el que les autres acides, lactique, acétique, bulyrique n'élaient que des produits de digestion. L
D'ailleurs, quoique empirique, Ja médication chlorhydrique n'avait pas moins eu de succès et dé chaude partisans. Ceux-ci se recrulaient surtout parmi les médecins anglais et Prout, Begbie et Budd en furent les premiers législateurs. En France, au début du dix-neuvième siècle, quelques praticiens : Malherle, de Nantes, et Caron, de Paris, les preseri-. vaient el en célébraient les bons résultats, mais c'est en général à Trousseau qu'on fait remonter de ce côté-c1 du détroit l'usage de l'HCI dans les gastropathies, Wells, un peu plus tard (1850), conseillait Femploi des acides dans les dyspepsies, et dans un article de la Rerue Médico-Chirurgicale, précisait les lois qui devaient guiler son administration.
Mais bien avant la fin de cette phase empirique l’opothérapie gastrique par l'ingestion de suc stomacal avait été conseillée. el il faut remonter Jusqu'en 1875 pour trouver le premier essai de pepso-chlorhydrothérapie tentée dans les cas de digestion difficile, par Carminah.
L'étude- du -chimisme stomacal et de l'action de l'acide chlorhydrique chez les dySpeptiques qui fit rentrer Ja chlorhydrothérapie dans les médications ralionnelles, fut surtout poursuivie en Allemagne. De 1876 à 1888. paraissent les travaux de Leule, Leven. Rœgel, : Wolff, Boas, Manasseim,
Salkowsky, Talma. Bamberger. Jaworsky, : Rosenbach,
Sgæevwist, ete. Ces auteurs prescrivent LHC] de facon diffé-
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rente : les uns les conseillent à fortes doses (Talma) d'autres
à petites doses (Küter) ; les uns en restreignent les indications
à quelques maladies gastriques, d’autres, au contraire, com-
me Talma, les étendent à toutes les affections stomacales,
même à celles où l'hyperchlorhvdrie n'est pas contestable
l'ulcère rond, par exemple.
En 1886, Ewald précisa mieux les indications de la chlorhydrothérapie, et il est le premier à avoir donné une classification rationnelle des divers types d'hypochlorhydrie.
En France, Bouchardal (1879), Glatz (1887), G. Sée (1888), étudient successivement et à des points de vue peu différents les indications, le mode d'action, et la posologie de l'acide chlorhydrique. Mais c'est surtout à Havem qu'on doit d'a-
voir précisé les règles de son emploi. Cet auteur, avec Win-
er, a apporté une importante contribution à l'étude du chi-
misme stomacal à l'état physiologique comme à l'état pathologique, et il est facile de comprendre que ces b'avaux Faient amené à des conclusions praliques. D'ailleurs. 12 physiologie de la digestion donnait à la même époque naissance à une série de découvertes qui peu à peu en dévoilaient les mystères. Pawloff et Becker, Dolinski, Gotfheb, Popieski, Wertheimer el Lepage, Fleig montraent entre autres choses que le rôle de l'acide ne Ss'arrèlait pas après le pylore,
Mais élait encore des plus importants dans la digestion intes-
tinale, en général, el la sécrétion paneréalique, en particuher. Ainsi se trouvaient expliqués les troubles intestinaux
liés aux affections stomacales. Soupault montrait que l'acide
chlorhydrique pouvait guérir des diarrhées chroniques, qui souvent étaient le seul symptôme d'une hypoehlorhydrie
-ignorée et Foucault, dans sa thèse, étudiait cliniquement ces
manitestations intestinales de lésions stomacales. Pour être complet il nous faudrait rapporter enfin le nom de
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