INTRODUCTION
Dans le cours d'une année d’externat (1885) à l'hôpital St-Louis dans le service de notre excellent maître M. le D' Lailler, nous avons eu l’occasion d'observer deux malades atteintes d’une singulière alopécie. Les chefs de service de l'hôpital, consultés à ce sujet, ne purent formuler un diagnostic précis. En effet, ni les caractères actuels, ni les commémoratifs ne permettaient de rattacher cette alopécie à l’une des maladies décrites et classées par les dermatologistes.
M. Lailler avait déjà observé plusieurs malades analogues dont l'histoire clinique, à peu près constante, était la suivante :
1° Apparition sur le cuir chevelu d'éléments acnéiques ne différant de l'acné pilaris classique, que par leur disposition en groupes.
2° Production d’une alopécie en plaques au niveau des points couverts par l’éruption.
3° Enfin, progrès incessants de l’alopécie, même après
la disparition des éléments éruptifs.
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Après une étude minutieuse des antécédents et des signes objectifs de nos deux malades, nous avons acquis la conviction qu'elles étaient bien atteintes de la maladie déjà observée par notre maître. Les caractères cliniques de cette singulière dermatose, ignorée jusqu'à ce jour, d’après nos recherches bibliographiques, valaient la peine d’être exposés : c'est la tâche que nous avons entreprise. Nous avons pris pour types de notre description les deux observations caractéristiques que nous avons recueillies avec grand soin et annexées à notre travail.
Cette affection, appelée « Acné décalvante » par M. Lailler, est assez rare, il ne s'en présente guère plus
d'un à deux cas par an, en moyenne, dans les services de
l'hôpital St-Louis ; notre description contribuera donc, nous l’espérons, à appeler l'attention sur quelques faits très spéciaux, à la vérité, mais intéressants et utiles à connaître pour le diagnostic souvent délicat des alopécies,
Deux chapitres devaient plus spécialement être déve-
loppés : d'abord la description clinique, ensuite et sur.
tout le diagnostic, que nous avons traité longuement. On est très exposé à confondre l'acné décalvante avec d’autres alopécies ou éruptions du cuir chevelu, venant
de préférence à l'esprit à cause de leur plus grande fré-
quence.
L'étude anatomo-pathologique de cette dermatose n’a pu être faite, faute d'examens histologiques du cuir chevelu ; des cheveux et des squames seulement ont pu être examinés. Aussi ne saurions-nous être absolument affirmaüf sur la localisation exacte et la nature essentielle des lésions. Nous avons, sur ce point, exposé et adopté
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