‹ L'acoustique, ou, Les phénomènes du sonChapitre 15 sur 24 · SM L'ACOUSTIQUE · texte numérisé non relu

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fondamentale, et encore fiiutîl beaucoup d'attenticm pour les saisir.

Il parait établi, par tous œs faits, que toute vibration sonore qui offre un timbre particulier est décomposée par l'oreille en sons simples formant une suite harmonique. Cette condunoo peut à première Toe paraître trop absolue et contraire au témoignage de nos sens, puisque d'habitude on ne se rend pas compta de l'existence de plusieurs notes dans un son musical. Tout au plus les musiciens distinguent-ils dans un accord les différentes notes qui le constituent, mais qui sont produites séparément. La difficulté semble encore. augmenter quand on forme l'accord avec des intervalks composés tels que la douzième, réplique de la quinte, et la dix-rseptième, triplique de la tierce (comme l'appelle Sauveur), intervalles qui rentrent dans la suite harmonique. J'ai vu faire à M. Kœnig là jolie expérience que voici. Sur la boite de résonnance d'un énorme diapason qui résonne comme un bourdon, il groupe un orcliestre de diapasons plus petits accordés pour donner les quatre ou cinq premiers harmoniques du grand. D*un vigoureux coup d'archet il. fait parl^ d'abord le gros patriarche, puis tout son cortège : l'air se remplit d'un son grave et harmonieux, très-plein, mais qui semble unique à une oreille peu exercée ; on ne distingue pas du tout les voix des diapasons aigus. Alors M. Kœnig étouffe subitement le plus grave en posant la main dessus : aussitôt, on entend les autres, qui continuent de vibrer ; leurs voix se résolvent, se séparent nettement dès qu'on supprime la basse fon damentale qui les soutenait et les liait en faisceau. Ainsi, dans les circonstances ordinaires, l'oreille ne semble /pas effectuer ce motc^^tsv^wV. of». ^^%^ le

tÎEibre en ses éléments constitutifs. Mais ceci est une erreur ; il ne s'agit que de nous entendre sur les mots. En effet, il faut distinguer ici entre la perception ou sensation, qui est complexe, et Vimpression que reçoit Tesprit, qui est une. L'oreille perçoit bien réellement plusieurs notes quand le violon donne un fa, mais l'ensemble de ces notes n'éveille en nous que le souvenir d'un fa ayant un timbre particulier, le fa du violon ; nous n'avons aucun intérêt direct à analyser autrement notre impression. Le clavier de l'appareil auditif décompose le bruit complexe qui le frappe, mais la synthèse se refait dans le centre nerveux. La physiologie nous offre bien des exemples d'illusions tout à fait semblables. Ainsi, nous prenons pour des couleurs simples ces teintes que le prisme décompose en une infinité de nuances. La théorie de la vision binoculaire montre avec évidence que, pendant toute notre vie, nous voyons doubles tous les objets, à l'exception de ceux sur lesquels nous fixons le regard, et pourtant, pour nous en convaincre, il faut un grand effort d'attention. Peu de personnes savent qu'il existe dans la rétine un petit espace insensible, lepunctum csecum (point aveugle), et qu'en conséquence nous ne voyons pas dans une certaine direction, à peu près au centre du champ de la vision. Cette lacune est si grande, que sept disques lunaires rangés à la file y trouveraient place, et qu'à 2 mètres un visage humain y disparait ; mais nous voyons toujours à côté. Quand Mariette démontra ce fait par ies expériences à la cour du roi Charles H d'Angleterre, il put s'amuser de la stupéfaction de ses illustres auditeurs. On cite des exemples bien avérés de personnes qui n'ont découvert que par hasard qu'elles étaient borgnes depuis longtemps, c'esl-a-ÔLiT^ ^^l^v^Vfe^'Si 5J.>\wsi

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cécité dont tes caractères prouvaient qu'clli* rcmonliût déjà à plusieurs années. Telle est notre indifTérence pour un phénomène qui nous accompagne sans cesse. ISous ne nous rendons pas plus compte de la nature complexe d'un son musical que nous ne nous apcrcevom de la duplicité de l'image d'un objet que nous regardons avec les deux yeux ; et c'est cependant cette duplicité qui produit l'impression du reliei', comme te prouvent les effets du stéréoscope. Le timbre est le relief des sons.

Nous ne sommes faits qu'à distinguer entre eux les sons d'instrumenLs différents, ou la voix de plusieurs personnes : et dans ces cas, pour nous aider nous avoiK encore en dehors du timbre une foule d'autres caraetères disttnctifs, par exemple les petits bruits qui précèdent ou suivent l'émission du son, sa durée, sa force, ses intermittences et ses variations. Mais quant à a qui est de décomposer le timbre et d'en avoir le sentiment, il faut que l'oreille ait été formée à celle tâche.

On appelle fourniture un jeu d'orgue formé de trois à sept tuyaux d etain pour chaque note, qui sont accordés dans le rapport des consonnances harmoniques. Les tuyaux de chaque note sont à J'octave ou à la quints les uns des autres; quelques organicrs y font entrer la tierce, surtout ceux d'Italie, qui l'emploient toujours dans leur ripieno. Cet assemblage de petits tuyaux résonnant avec les grands et confondant leur son de manière à no plus produire qu'une sensation indécise, est pour l'ensemble une sorte d'assaisonnement, comme te cerfeuil, l'estragon, la pimprencile, dont la réunion si' nomme aussi fourniliire^ le sont pour la salade, l'addltioij de la fournituro aux \exïs. îc loaiS. iwMw. V ^Vw

jeu. Cet effet donne une idée très-juste de la nature du timbre.

M. Helmholtz a corroboré ces déductions en composant artificiellement des timbres divers avec les notes qu'ils étaient censés contenir. Voici une expérience que tout le monde peut faire sans difficulté. On soulève les étouffoirs d'un piano de manière à rendre à toutes les cordes leur liberté, et l'on chante fortement sur la voyelle A une note quelconque à proximité de la table d'harmonie de l'instrument. Le résonnement des cordes reproduit alors distinctement un A; la ressemblance est beaucoup moins franche lorsqu'on ne soulève que l'étouffoir de la corde dont on veut donner la note. C'est que la voyelle A est caractérisée par un timbre particulier, qui dépend de certaines notes aiguës ; les cordes qui correspondent à ces notes résonnent par communication, et leur intervention imprime à l'écho de la voix le timbre que celle-ci avait pris en chantant sur TA. On peut imiter de la même manière le timbre de la clarinette, celui du cor, etc.

La hauteur d'un son musical est donc toujours celle de la note qui domine dans le mélange harmonique, et cette note est généralement la plus grave de la série. Toutefois l'existence des sons supérieurs n'est pas tout à fait sans infiuence sur le jugement que l'on porte de la hauteur d'un son complexe ; ils l'aiguisent, lélèvent un peu dans l'échelle musicale. C'est pour cette raison que des musiciens même très-exercés se trompent parfois d'octave en comparant des notes de timbre différent.

Nous avons déjà dit plus haut que pour discerner des sons d'origine diverse, le jugement de l'oreille ne se fonde pas seulemexii sur le timbre, mi\^ ^'^ '^'^âssè

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