SCENE IV
GASTON
Mon arnitiél eh! qu'en avez-vous besoin? à (|uoi peuUcllo vous être bonne? vous êtes heureuse l
JEANNE, amèrement avec une émotion croissnnte.
Heureuse!... oui... heureuse en effet... autant qu'on peut l'être quand î'étourdissement supplée au bonheur... quand toute affection vous manque... quand on tient dans sa maison, non la place d'une femme aimée, mais celle d'un enfant méprisé... quand on vit sans cesse le cœur comprimé, humilié, glacé... sous l'ironie hautaine et dédaigneuse d'un maître l
GASTON
Jeanne!... est-il possib'e? vous!...
JEANNE, le repoussant et se levant orec fièvre.
Ah! il était trop plein, ce cœur... et je n'ai pu le contenir... mais cette faiblesse finit tout... Vous parliez de repartir... vous aviez raison... maintenant c'est moi qui vous en prie, qui le veux!
GASTON, lui prenant la main.
Partir!... quand je vous sais malheureuse! Partir... oui, avec
vous, si vous le voulez (Mouvement d'effroi de Jeanne.), SanS VOUS,
non ! J'aurais respecté votre bonheur, Jeanne... mais votre soulfrance m'enchaîne à vous pour jamais!
JEANNE, très-troublé«.
Quittez-moi !
GASTON, h droite près du canapé, s'agenouiUe doucement et enlace peu à peu lu jeune femme assise.
Non, je ne vous quitte plus... Ici, partout... vos larmes sont à moi... ma vie est à vous! Oh! ce rêve, qui trompait les tristesses de mon exil, si vous vouliez, si vous daigniez le réaliser, Jeanne! Sous ce ciel béni, sur cette terro charmante, quelle fête d'associer notre amour... à tous les enciiantements de nos yeux et de notre pensée! Que de fois je m'en suis fait l'illusion !... Car votre souvenir est là partout... mêlé à tous mes
souvenirs... vous retrouveriez votre chère image empreint© dans tout ce qui m'était cher... et alors, Jeanne... vous n'oseriez plus dire jamais que vous n'êtes pas aimée !
JEANNE, égarée.
Ne me parlez plus, laissez-moi !
GASTON, l'attirant déplus en plus ven lui.
Pas aimée... non... adorée ! (u lui baise les cheveux.)