SCÈNE IX
JEANNE, seule, pai« GASTON.
lEANrNBf eUe reste un moment accablée, puis se leTant avec une résolution fiévreuse.
Allons !... (EUe va Ma porte du fond, l'ouvre et revient se Jeter sur la •anapé, à droite.)
GASTON
Eh bien?
JEANNE
Eh bien! ne m'abandonnez pas, car je n'ai plus que vous!
GASTON
Vous abandonner, grand Dieu!... Mais enfin que vous a-t-il dit? Que prétend-il faire?
JEANNE
Il me rend ma liberté... il me chasse, à dire vrai, et c'est juste... je suis perdue... c'est l'abîme, c'est la honte... Mais malgré tout je puis encore être heureuse si vous me restez, si vous m'aimez comme vous me le disiez tout à l'heure.., si vous m'aimez comme j'aime !
GASTON
Si je vous aime, Jeanne... quand vous souffrez pour moi I Ah ! jamais vous ne m'avez été si chère.
JEANNE
Je veux vous croire... car vraiment la folie me prendrais...
20 L'AGROBATE.
jugi'z... il faut que je m'en aille... qne je parle cette nuit même... il le faut... il le veut ! (Eiie passe à gaache.)
GASTON
Pauvre enfant!,., vous allez chez votre mère?
Chez ma mère!.. Oh! non... ma mère... je ne veux même pas la voir... je lui écrirai...
GASTON
Mais où comptez-vous aller ?
JEANNE
Où vous voudrez... pourvu que nous quittions la France... Il l'exige d'ailleurs... Vous m'aviez parlé de Tltalie... que vous aimez !
GASTON
Litalie!... Fltalie, soit. Certainement, Jeanne, je suis prêt à vous suivre au bout du monde et avec bonhour. Mais ne doisje pas vous laisser un peu de temps pour y penser, pour y réfléchir?... Ne me reprocherez-vous jamais d'avoir abusé d'une heure d'exaltation pour vous entraîner à une démarche irré-
JEANNE
Oh! ne craignez rien... je vous serai éternellement reconnaissante, au contraire.
GASTON
Reconnaissante, vous! quand vous comblez tous mes vœux... Eh bien! nous partirons... nous partirons. Mais vous n'ignorez pas que je ne suis point libre... au moins immédiatement...
JEANNE
Quoi donc?... vos occupations ? votre position à Paris?
GASTON
Oh! grand Dieu, non!... si sérieuses que soient ces attaches.
nir\nlr>