SCÈNE IX
puisque tout mon avenir en dépend, ce sont des considérations trop secondaires auprès des devoirs que votre situation m'impose... (Moarement de Jeanne.) doS dovoirs qui mO SOnt bien doUS,
Jeanne...* Non, je parlais... je vous demande pardon de vous le rappeler... je parlais de mes obligations envers M. de Solis... je dois rester à sa disposition.
JEANNB, marc!»kiit avec agitation et pasiant A droite.
Âh! Dieu merci, cette horreur du moins m'est épargnée... il m'a promis de ne pas vous provoquer.
GASTON
Âhl... c^est bien... c'est très-bien... je n'ai évidemment rien à dire à cela... mais puisque l'éclat est évité de ce côté, est-ce à nous, Jeanne, je vous le demande, de le faire naître par ce départ qui va retentir étrangement dans le monde ? Ne seraitce pas aggraver vous-même bien gratuitement le malheur qui vous frappe? Qu'en pensez- vous?
JEANNE, en défiance.
Peutr^tre.
GASTON
Car enfin, vous vous séparez de votre mari et vous vous retirez chez votre excellente mère... mon Dieu, le monde s'en occupe à peine, il y a incompitibilité d'humeur, on ne sait quoi... au bout de quelquef% jours on n'en parle plus... Mais un enlèvement, une fuite en Italie, c'est une explosion... terrible, hélas! pis que cela, presque ridicule!
JEANNE, glacée.
C'est juste; il vaut mieux ne pas partir.
GASTON, plus tendrement. -
Car enfin de quoi s'agit-il, avant tout de sauver notre amour, n'est-ce pas, notre cher amour ? Eh bien, si vous saviez, ma pauvre enfant, que de fois j'ai vu dans ces contrées lointaines, perdues... les sentiments de dépaysement, de nostalgie se glisser entre les cœurs les plus unis et altérer les plus douces intimités... Tandis qu'ici dans un monde que vous connaissez,
n L'ACROBATE.
que vous aimez, au milieu de vos relations habituelles, vivant tranquillement, comme autrefois chez votre mère, qui m'a toujours reçu avec une si parfaite bienveillance...
JEANNE, rinlerrompanu
Oui, VOUS avez raison. C'est entendu. J'irai chez ma mère... mais j'oublie trop que je ne suis plus ici chez moi, et que je n'ai pas le droit de vous y retenir plus longtemps.
GASTON
Hélas! vous avez raison. Mais ne puis-je vous être bon à rien dans ce moment de détresse, chère Jeanne?... Si vous prévenez votre mère par un mot, voulez-vous que je m'en charge ?
JEANNK.
Non. Je ne veux pas abuser de votre dévouement, je vous remercie.
GASTON, cherchant sa main, qu'eUe lui abandonne arec dédain.
A bientôt, n'est-ce pas?
JEANNE
Oui. (Utort.)