‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 111 sur 138 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

roent à la muraille et ressemble à la base d'une four carrée. Encore au delà on rencontre une autre saillie, mais oblique et dont la hauteur, aussi bien que la forme, annoncent un des côtés d'une porte^ une ante, pour mieux dire, qui s'avance vers l'angle rentrant des Propylées d'environ six pieds. Immédiatement après, on aperçoit le mur pélasgique avec lequel Vante se raccorde par un revêtement d'assises régulières. J'ai déjà parlé du mur pélasgique, dont la courbe, après avoir entaillé jusqu'à hauteur d'architrave l'angle saillant de la petite aile des Propylées, se perdait dans l'intérieur de la citadelle. On ne sera donc pas étonné de le retrouver ici, mêlé aux constructions moins anciennes, mais antérieures pourtant aux Propylées de Mnésiclès et épargnées par lui *.

 une époque qu'il est impossible de fixer, l'entrée de l'Acropole à laquelle aboutissaient les détours de l'Ennéapyle fut remaniée et embellie. Cette époque ne précéda cependant que de peu les guerres médiques, car l'ante n'avait point été terminée et les surfaces du marbre ne sont que dégrossies. Au contraire, les assises de tuf sur lesquelles le marbre est plaqué et qui se raccordent elles-mêmes avec les quartiers de la roche Pélasgique, ont tous les caractères d'un travail achevé,

> Le pavé de marbre^ sur lequel l'ante repose, va se perdre sous les Propylées.

S88 L'ACROPOLI£ DATHÈNES.

et achevé avec un grand soin. Leurs surfaces ont ëté préparées avec un art dont je ne connais que ce seul exemple. Des arêtes verticales coupent très-également chaque assise dans sa hauteur et s*y dessinent par une fine saillie ; qu*on se figure les arêtes d'une colonne dorique redevenues parallèles et appliquées sur un plan. Ce travail avait-il été fait au profit de la solidité du stuc, ou bien faut-il y voir une intention d*élégance et même de recherche dans la préparation des surfaces nues? Je penclierais pour la première opinion ; car on trouve des morceaux considérables de stuc rougt; auprès de Tante en marbre blanc. Les traces de Tenduit sont marquées également sur la saillie de Tante, et marquées de telle sorte qu'il est bien clair que le tuf seul était revêtu de stuc^ tandis que le marbre, matière choisie, restait apparent.

Je crois donc, sauf toutes les réserves qu'imposent de si obscures matières, que nous avons dans ce coin perdu «de TAcropole un échantillon de toutes les époques qui ont travaillé à la fortifier ou à la décorer :

I ® Le mur pélasgique avec ses masses puissantes ;

a^ Le mur en tuf qui le prolongea en formant à une époque indéterminée l'enceinte de Diane Brauronia;

3® Un essai d'architecture plus riche qui em-

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