CHAPITRE XII
étonné de voir cet animal indiqtié par les dessins de Carrey sur la frise des Panathénées. La rapidité avec laquelle l'artiste a esquissé les détails a permis d'en contester l'exactitude. Mais ici, il est impossible d'élever le moindre doute. Le petit poi*c est certainement la partie la plus soignée et la mieux rendue de cette mauvaise sculpture.
J'oubliais de citer un morceau de uiarbi^ pentélique qui n'est pas sans intérêt. Cest un long parallélogramme qui bordait vraisemblablement une des voies de l'Acropole. Cinq trous œctangulaireS) semblables à ceux que l'on voit partout sur le rocher, servaient à sceller les stèles. Lorsque le rocher manquait, on y suppléait par des marbres ainsi rapportés, afin que la ligne de décoration ne fût point interrompue.
Si peu de découvertes qu'on ait faites dans le téménos de Minerve Ergané, il ne serait pas impossible que quelques-unes ne dussent être rapportées au téménos du Parthénon. Car le mur qui sépare les deux enceintes n'est pas un mur simple. Il repose sur six degrés taillés dans le rocher, et sur ces degrés, qui regardent l'occident, des offrandes de toute sorte étaient disposées par étages. À. laquelle des deux divinités étaient-elles <;onsacrées? Nous l'ignorons, et c'est une question de peu d'importance.
Mais ce qui est plus essentiel pour une connais-
sance exacte de l'Acropole, c'est de s'assurer qu'un mur isolait complètement l'un de l'autre les deux sanctuaires. Comme ce mur est presque entièrement détruit, on a pu croire que les degrés ' qui lui servaient de soubassement étaient un escalier pour monter à la plate-forme du Parthénon. Mais si l'on remarque :
i^ Les trous rectangulaires qu'on y a taillés pour sceller la base de petits monuments;
ql^ Le peu de largeur de chaque gradin sur lequel le pied trouve à peine à se poser ;
3^ La vaste rainure ménagée sur le bord du plateau pour recevoir le premier rang d'assises, rainure semblable en tout point à celle que l'on observe au périboie de Diane;
4^ Les assises, qui sont encore en place, tant à l'extrémité septentrionale du plateau, qu'à l'extrémité méridionale, au moment où le périboie fait un coude;
Si, pour justiBer ces observations, on réfléchit que l'on n'abordait point d'ordinaire les temples
' « M. Ulriçhs nous a appris qu'il existe au-dessous de la « plate-forme qu'occupe le Parthénon, à laquelle on parvient « par neuf marches taillées dans le roc, un plateau... •(Journal des Sapants^ décembre 1 85 1 , page 745).
Je ne sais où M. Ulrichs a pu compter neuf marches. Même en prenant pour un degré les hautes assises, à Tendroit où elles sont restées, on n'arrive qu'au nombre sept.
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par leur façade postérieure ; que le Parihénon, rempli d'immeuses trésors, devait être entouré avec un soin particulier, on se convaincra qu'il n'y avait pas plus de communication entre la deuxième et la troisième terrasse qu'entre la première et la seconde. Chaque sanctuaire était isolé et avait son entrée sur la voie principale.
Il serait bien difficile de distinguer, dans la description de Pausanias, le moment où il sort de l'enceinte de Minerve Ergané, si un piédestal qui est encore à sa place antique, sur la route des Propylées, ne portait le nom de Flavius Conon ', fils de Conon. L'inscription est d'époque romaine. Mais comme Pausanias vit les statues du grand CiOnon et de son fils Timothée l'une auprès de l'autre ^, ne serait-il pas possible que celles de
•TITON^AABIONKONQNA KONONOrrOYNIEA <DAABIA2:o<DIATTOTrAIO[Y AIKINNIOYATTIKOYES[OI OYeYfATHPTONEAYTHZ:
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Le nom de dème que je restitue est TOiov AexeX&txdv. Foy. Leake, Demiof Attlca^ p. 191.
* 'l*lvTa,uô« xa\ TijxôOeoç 6 Kovwvo; x«i aÙToç xtirott Ko'voiv.
i^Att,, XXIV.)
328 l/ACROPOLE O'aTHÈNES.
leurs descendants fussent à la suite. Nous avions tout à rheure un exemple frappant de la manière dont se groupaient les familles. Malgré l'addition des prénoms romains, qui devint après la conquête un usage universel en Grèce, le nom des ancêtres se conservait encore. Il n'était même plus nécessaire de faire sauter une génération à chaque nom, puisque le changement des prénoms suffisait à distinguer le père et le fils. Ne fallait-il pas que Flavius Conon appartînt à une illustre famille, pour qu'un décret de l'Aréopage lui décernât une statue?
I^ piédestal est sur la limite de l'enceinte de Minerve. On doit donc encore placer dans l'enceinte l'œuvre du sculpteur Cléœtas ' , si remarquable au jugement de Pausanias, quoiqu'elle fût d'une époque récente. C'était un homme avec un casque sur la tête et dont les ongles étaient en argent.
/ *'OffTiç $£ xk obv xiy^yr^ it£7roiv)(Aéva liriirpoaOtv TtOexai xwv Iç dp/aidn)Ta ^x^^vrcov, xtX xolBi érriv ot Oci<7affOQit' xpavoç iorlv étrtxeCfiievoç divi^p, KXeoixou, ntà o\ toÙc ^vu^aç cipYupou; lvtiro(y|9ev ô Ka6o(t«ç. {^tt. XXIV.)