‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 32 sur 138 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

en faisaot déblayer les Propylées et relever le temple de la Victoire sans ailes. En 1837, une Société archéologique se forma ', et, soutenue par les souscriptions particulières, continua l'œuvre de restauration. La France y prit part, en relevant le portique des Caryatides^. L'Angleterre ellemême envoya moulées en terre cuite la caryatide et la frise du temple de la Victoire qui ornent son Musée. Aujourd'hui les monuments de l'Acropole ont en grande partie revu le jour, et leurs magnifiques fragments les entourent, prêts à reprendre leur place , si on ose jamais tenter un travail si difficile et si hardi. L'avenir verra peutêtre les Propylées, le Parthénon et l'Érechthéion rassembler leurs débris, comme le temple de la Victoire s'est déjà relevé, et se présenter plus complets à l'admiration des voyageurs... plus beaux, je ne saurais le dire. Il y a, dans les grandes ruines comme dans les grandes infortunes^ une poésie et une majesté qui ne veut point être touchée. Les ligatures, le mortier et le recrépissage

' ^o/., pour les travaux de la Société archéologique d'Athènes, l'article de M. Lévesque, membre de l'École d'Athènes. ( Repue des Deux Mondes, i5 août i85i. )

'.Ce fut M. Paccard, architecte de l'Académie de Rome, qui dirigea les travaux. M. Piscatory, ministre de France à Athènes, avait eu l'idée de cette restauration; à lui revient, en outre, rhonneur de l'avoir conduite à fin.

sont des souillures, et les œuvres antiques leur doivent moins une nouvelle vie qu'une vieillesse profanée : témoin le temple d^ Junon à Agrigente, et les deux colonnes qu'on a essayé de refaire sur le côté septentrional du Parthénon.

Une grande partie de TAcropoIe, du reste, n'a point encore été découverte. Sa base même est ensevelie sous les terres et les débris que depuis quinze siècles on jette par-dessus les murs. L'entrée était profondément enterrée sous des bastions superposés, que les chrétiens et les Turcs ont élevés à l'envi. La France vient de faire reparaître le grand escalier des Propylées qui descendait jusqu'au bas de la pente, les murs et les tours qui fermaient l'entrée de l'Acropole, enfin la porte, sujet de tant d'hypothèses et de discussions.

La plus grande partie du plateau qui s'étend à l'est de l'Érechthéion et du Parthénon, tout l'angle nord-ouest derrière les Propylées, n'ont pu encore être fouillés. Entre le sol actuel et le sol antique, qui sait combien de soubassements, de piédestaux, de sculptures, d'inscriptions reposent ignorés? Je ne parle ni de la tour qui écrase les Propylées, ni du minaret qui défigure le Parthénon, ni des masures qui çà et là subsistent encore. Tout cela pourra disparaître en peu d'iieures. Je garde surtout mes regrets pour les vasles terrains que Ton n'a point sondés et pour les restes pré-

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