‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 31 sur 138 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Taçade que Revett a dessinée (1764) pour la Société des Dilettanti.

Mais le goàt pour les sculptures antiques, qui commença à se développer parmi les nations européennes, devait être pour TÂcropole une cause nouvelle de pertes et de dégradations. Le comte de Choiseul-GoufBer, ambassadeur à Constantinopie, rapporta en France un morceau de la frise du Parthénon, un seul, et détaché depuis longtemps puisqu'il appartenait au côté oriental entièrement ruiné depuis cent ans. Cet exemple, que lord Elgin déclare si haut* n'avoir fait que suivre, justifie-t-il l'acte de vandalisme qui a soulevé la réprobation universelle? Les Anglais euxmêmes se sont indignés^, et le génie ^ s'est chargé de rendre immortelle la flétrissure infligée à son auteur.

* Antiquités grecques, ou Notice et Mémoire des recherches faites par le comte d'Elgin ; publié à Londres en 1 81 1 . Traduit de TaDglais par M. B. de V.; Bruxelles, i8ao; p. ^5.

' Dodwell, I, p. 3aa.

^ Byron et Chateaubriand. Lord Ëlgin avait emmené avec lui à Athènes une compagnie d'artistes qui lit tout^ je n'en doute pas, pour le détourner d'un projet si funeste à Tart. C'étaient c don Tita lAisieri, un des plus grands peintres^ « de l'Europe » (p. 22 ) ; » madame Tita Lusieri , qui « s'occupa à composer des vues pittoresques » ( p. ^4 ) » « le jeune Ittar, rempli de talents, et un Calmouk nommé « Théodore, artiste distingué, etc. » ( P. 23 du Mémoire précédemment cité. ]

76 L*ACROPC»LE D*ATHÈNES.

Plus de deux cents pieds de la frise et presque toutes les statues des frontons furent enlevées; les métopes furent arrachées de leurs coulisses^ et le marteau fit voler en éclats les triglyphes et les corniches' : on emporta en outre des fragments d'architecture, tambours de colonnes, chapiteaux, entablement, corniche'. I^s Propylées fournirent aussi des échantillons ^ ; deux côtés de la frise du temple de la Victoire^ n'échappèrent point à un œil trop exercé. Le temple d'Érechthée fut pillé à son tour, et l'on enleva une des statues qui soutenaient le portique des Caryatides, au risque de faire écrouler le portique tout entier^.

Le temps approchait où la Grèce, remise en possession d'elle-même, pourrait conserver et défendre ses monuments. Pendant la guerre de l'Indépendance, l'Acropole, où les Turcs et les Grecs s'assiégèrent tour à tour, avait eu encore à subir des désastres. Le canon avait mutilé ses marbres et renversé une partie de TÉrechthéion : c'était la dernière épreuve, et une ère nouvelle commença, qui s'efforce de réparer le passé.

Le gouvernement a donné le premier l'exemple

* Pag. a6, %*jy a8 du Mémoire précité. * *Pag. 3i.

3 Pag. 3a.

^ Pag. 33.

* Pag. 35 et 36.

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