‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 102 sur 200 · CHAPITRE XIV. 1Ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. 1Ô

du chapiteau et à la base. L'espace intermédiaire est resté brut. C'est comme un fourreau qui enveloppe la colonne, et que le ciseau devait enlever pour faire paraître l'ensemble des cannelures. Â Délos, j'ai remarqué des fragments du même genre qui appartenaient à un petit temple inachevé.

En outre, les inscriptions relatives au temple d'Érechthée prouvent que c'était le procédé constant de l'architecture grecque , de ne sculpter les colonnes que surplace. On craignait d'exposer leurs arêtes aux accidents irréparables de la construction. En posant les pierres, en bâtissant les parties hautes du temple, en établissant les échafaudages et les échelles, il était si aisé de briser les saillies fines et délicates des cannelures doriques ! Quand on avait fini de décorer l'entablement et retiré les échafaudages, on commençait à canneler les colonnes. C*est pour cela que nous trouvons à côté de colonnes à demi brutes un entablement complètement achevé et orné de couleurs. Ce qui prouve avec non moins d'évidence que les colonnes encastrées dans le mur de Thémistocle n'avaient point été terminées , c'est qu'elles ont encore les saillies qui aidaient à transporter hors des carrières et à hisser à leur place les différents tambours qui les composaient. Leur diamètre est un peu plus petit que le diamètre des colonnes du Parthénon. Toutefois cette difierence ne serait pas en rapport avec la différence de cinquante pieds que signale Hésychius entre les deux édifices, si Ton ne savait

quelle force et quelle pesanteur avait Tordre dorique un siècle avant Ictinus. Que le temple n'eut que six colonnes de face, comme les temples doriques de cette époque, qu'il n'eût sur les côtés que treize ou quatorze colonnes au lieu de dix-sept, ce qui est encore conforme aux règles du temps , que ses proportions fussent semblables à celles du temple de G>rinthe et des temples archaïques de Sélinonte et de Syracuse , la grosseur des colonnes n'a plus rien de surprenant.

Pourquoi ces colonnes, dira-t-on, auraient-eUes appartenu plutôt au Parthénon qu'à l'ancien temple d'Érechthée? C'est que l'ancien temple d'Érechthée était , selon toute vraisemblance , aussi petit que le temple actuel, d'ordre ionique comme lui, et construit sur le même plan. Supposer qu'on avait apporté ces fragments de la ville basse, c'est ne tenir compte ni de la hâte avec laquelle les fortifications furent élevées pendant les négociations de Thémistocle à Sparte , ni des Longs murs qui absorbaient tous les matériaux et toutes les ruines de la plaine.

On pourrait chercher à quelle époque l'ancien Parthénon avait été commencé, montrer combien le temps de Polycrate , de Périandre , de Cypsélus , de Pisistrate, cette ère des florissantes tyrannies, fut favorable aux arts; attribuer à Pisistrate ou à ses fils une entreprise que justifient le Jupiter Olympien et les embellissements d'Athènes ; en expliquer l'interruption par l'exil des Pisistratides, la suspension prolongée par les préparatifs de la guerre contre les

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