‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 134 sur 200 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

servi de prétexte, mais non de justification, aux dévastations de lord Elgin.

A l'Est et à rOuest, au contraire , toutes sont à leur place, frustes plutôt que mutilées, tant le fanatisme a mis de persévérance à les anéantir. On voit que des échafaudages ont été dressés, que des ouvriers ont travaillé à grands coups de marteau; ici, nivelant complètement la dalle de marbre; là, satisfaits de rendre méconnaissables les sujets et les personnages qu'on y avait sculptés. Les métopes du nord ont été défigurées de la même manière. Était-ce l'église, était-ce la mosquée qu'on purifiait ainsi en faisant disparaître les images profanes? Peu importe de savoir qui a encoiu-u , des Grecs ou des Turcs, une indignation qui ne remédierait à rien. On ignore même, ce qui serait plus intéressant à connaître, quelle cause avait fait épargner les trente-deux métopes du sud. Comme ce côté du temple est tourné vers le dehors de la forteresse et voisin du mur d'enceinte , on n'y passait jamais. Avait-on calculé que les regards n'auraient point lieu d'être blessés?

Quand ces trente-deux morceaux furent dessinés par Carrey en 1674, il ne manquait que quelques bras et quelques têtes. Les métopes qui ont survécu au désastre vénitien, et qui décorent le musée de Londres, sont aussi bien conservées, excepté une ou deux qu'on a brisées en les enlevant. Je ne parle pas de la métope qui est à Paris : M. de Choiseul l'a fait restaurer par Lange, sculpteur français.

11 n'y a donc que la frise septentrionale dont tous les sujets nous soient connus et qui nous ait gardé des sculptures assez complètes et assez nombreuses pour qu'on puisse juger de leur caractère et de leur ' mérite. On a essayé cependant de deviner la composition des métopes qui sont encore à leur place. On distingue ça et là des formes, des lignes, qui présentent en effet un sens. Le reste est si vague, qu'il est trop facile d'y voir tout ce qu'on veut. Ainsi le même nuage offre à différents yeux une scène différente, suivant la tournure des imaginations. Je ne me propose donc point de décrire minutieusement des pierres c|ui ne sont plus que des pierres avec des vestiges informes. La barbarie a effacé jusqu'à l'idée que l'art y avait empreinte. Je ne citerai point non plus, pour les combattre, les explications beaucoup trop précises de quelques voyageurs. Tout ce que je puis dire, c'est que j'ai cherché longtemps moi-même, et toujours en vain, à retrouver ce qu'ils avaient vu. Je ne m'arrêterai qu'aux sujets ou plutôt aux personnages assez complètement indiqués pour que tout le monde s'accorde à les reconnaître. 11 est très-important , assurément, de retrouver la décoration extérieure du temple et la pensée religieuse qui a pu y présider. Mais il vaut mieux se résigner à en ignorer une partie , que de la refaire de son propre fonds.

Parmi les métopes de la façade principale, la figure c|ui porte avec elle le plus de lumière est celle qu'on voit sur la douzième métope, en commençant à comp-

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