‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 135 sur 200 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

ter par la gauche. C'est Minerve, telle que la représentent si souvent la sculpture et surtout les médailles et les vases peints, Minerve guerrière, une jambe portée en avant, le bras étendu et présentant régide à Tennemi, haussée sur des sandales tyrrliéniennes * . Le reste est effacé , et Ton ne peut savoir si" le personnage qu'elle repousse est un Titan qu'elle va tuer, ou Vulcain contre qui elle défend sa virginité.

11 était naturel , après avoir montré dans les frontons la naissance de Minerve et son entrée en Attique, de peindre sur des tableaux séparés ses exploits et ses bienfaits. La tradition la mêlait sans cesse à la vie des temps héroïques, soit qu'elle combattît ellemême le^ Géants, soit qu'elle assistât les héros dans leurs entreprises , soit qu'elle leur enseignât les arts utiles au genre humain. Les métopes de Sélinonte sont une preuve que ce n'était pas seulement à Athènes que la sculpture avait compris toutes les ressources d'un principe de décoration aussi varié.

Une fois que l'on est assuré de la présence de Minerve , on hésite moins à la reconnaître sur d'autres métopes plus obscures, sur la quatrième, par exemple, en commençant à compter par la gauche , où elle a devant elle un personnage armé d'un bouclier, qui sera , si l'on veut , le Titan Encelade , l'ennemi que la tradition lui opposait d*ordinaire ; sur la septième, où elle dompte Pégase pour Bellérophon ; sur la dixième,

' C'était la chaussure ordinaire de Minerve. (PoU., Onom,, YII, 2a.)

OÙ deux chevaux traînent un char monté par une femme à la longue tunique. Dëjà nous arrivons aux pures suppositions. Les Athéniens attribuaient à Minerve l'invention du char ; le fait est certain. Mais comme on ne peut plus distinguer aucune des formes ni des attributs de Minerve, comme d'autre part un attelage de deux chevaux peut convenir à différents sujets et que nous sommes loin de connaître toutes les traditions de TAttique , il y a lieu de suspendre son jugement.

Il est plus facile de constater sur d'autres métopes l'absence de la déesse. Si effacés que soient les personnages, on reconnaît qu'ils sont nus, que ce sont des hommes, qu'ils combattent. Des exemples fréquents, dans l'antiquité, nous autorisent à croire qu'on avait mêlé aux exploits de Minerve ceux des héros qu'elle inspirait et protégeait, d'Hercule, de Persée, de Thésée. Sur la deuxième métope , des pattes de lion font penser à Hercule et au lion de Némée. Sur la sixième, les esprits qui aiment à se jouer au milieu des apparences les plus fantastiques suivraient aisément tout le drame de Prométhée enchaîné ou délivré : la chose la plus distincte, n'est-ce pas en effet un homme sur un rocher?

L'on ne peut donner une explication plus claire des quatorze métopes de la façade, si toutefois l'on ne cherche pas la précision à tout prix.

Je serai plus réservé encore sur les métopes du nord. Des quatre qui restent à l'angle nord-est, une

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