‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 15 sur 200 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

« sa sœur ainée, » comme il rappelait, retentit de ses bruyantes orgies avec Lamia et ses autres courtisanes , les dieux mëprbés se turent, et Ton ne croyait même plus à leur vengeance. Minerve Poliade, la déesse de Cécrops et d'Erechthée, n'obtenait pas plus de respect. Pendant le siège d'Athènes par Sylla et la famine qui en fut la suite, le tyran Aristion laissait éteindre la lampe immortelle, et, quand la grande prétresse lui demandait du blé pour un sacrifice, il lui envoyait du poivre.

Athènes fut ménagée longtemps par les Romains, qui venaient dès leur jeunesse y puiser lamour des arts et des lettres. — « Accordons aux morts la grâce « des vivants, » — disait Sylla en arrêtant le pillage, mais en faisant démanteler la ville et l'entrée de la citadelle. Il exprimait ce que pensèrent longtemps les Romains. Même quand toute la Grèce était dépouillée de ses chefs-d'œuvre, Athènes inviolable gardait les siens, traitée non pas comme une ville conquise, mais comme une patrie retrouvée. Jules César lui pardonna sa fidélité à Pompée; Antoine, son adhésion au parti de Brutus et de Cassius; Auguste , les bienfaits qu'elle avait reçus d'Antoine. Ce fut Néron, dont les constructions insensées furent la plus excusable folie, qui commença la dévastation. Après avoir dépeuplé Delphes et Olympie de leurs statues , il enleva la plupart de celles qui se trouvaient dans l'Acropole d'Athènes. Il est à remarquer cependant qu'il épargna les plus saintes et les plus ce-

lèbres, puisqu'elles s'y trouvaient encore au temps de Pausanias. Sécundus Cannas, agent de Tempereur, avait probablement pour instructions de chercher le nombre plutôt que le mérite. Il fallait remplir la Maison dorée.

Comment disparurent toutes les autres sculptures détachées y depuis la Minerve colossale de Phidias jusqu'aux Grâces deSocrate, c'est ce que l'on ignore. Allèrent-elles orner Constantinople , que Théodose surtout embellit des dépouilles de la Grèce? Furentelles détruites par le zèle des chrétiens ou par la fureur des barbares^? Une tradition que rapporte Zosime semble absoudre Alaric et ses Goths. Pendant qu'il assiégeait Athènes , la déesse Minerve, armée de son casque et de son bouclier, lui apparut menaçante, s'avançant à pas résolus sur les murs de sa forteresse. Effrayé, il proposa la paix aux Athéniens, qui lui ouvrirent immédiatement leurs portes et le reçurent au milieu des fêtes et des festins. Quant aux chrétiens, s'ils brisèrent les statues et les images , si par obéissance aux édits des empereurs ils renversèrent la plupart des temples, ils sauvèrent au moins les plus beaux en en prenant possession. Au vu* siècle, l'Érechthéion et le Parthénon furent convertis en églises grecques, consacrées, l'une à la Divine Sagesse, dont Minerve était la personnification , l'autre à la Mère de Dieu. Ce fut en 63o que le Parthénon fut ruiné — restauré, comme on disait dans ce temps-là. Se substituer

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