‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 164 sur 200 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

le nord , c'est le rocher taillé , comme nous l'avons vu sur les .terrasses de l'extrémité occidentale. Vers le sud, c'est un sol factice et qui porte écrite Tliistoire de sa propre formation. Le rocher descend brusquement à une certaine profondeur pour ne reparaître qu'au dessous du mur extérieur, du mur de Qmon, qui a parfois jusqu'à cinquante pieds de hauteur. De plus, afin de contenir les terres qui comblent cet espace et font de l'Acropole un plateau, le mur de Cimon a une grande épaisseur, et ses angles vont en s'élargissant vers la base, comme des angles de pyramide. 11 a fallu, en outre, exhausser peu à peu le niveau du sol pour le conduire par une pente insensible jusqu'aux degrés du Parthénon.

De ce côté , une grande tranchée récemment ouverte permet d'étudier les différentes couches qui se sont superposées. La plus basse et la plus remar- ({uable est un amas de cendres , de débris , qui datent de l'incendie de l'Acropole par Xerxès. Lîi , il suffit de gratter légèrement du doigt pour trouver des charbons, des fragments de vases et de terres cuites, du plomb fondu , des ossements qui tombent en poudre. Là, on a trouvé des statuettes d'un style archaïque brisées , des morceaux de bronze destinés à différents usages , des débris d'anciens temples de toute dimension , encore couverts de vives couleurs et quelquefois de stuc. Des morceaux plus considérables, des triglyphes de petits temples par

exemple, ont été jetés parmi les fragments, au lieu d'être employés à la construction du mur de Théniistocle, comme l'entablement de l'ancien Parthénon.

II n'est besoin d'aucun texte pour comprendre l'origine de ces innombrables restes. Il a fallu qu'une armée de barl>ares occupât deux fois l'Acropole , incendiât tous ses édifices , anéantit toutes les offrandes pieuses , tous les ornements , tous les objets qui la remplissaient, pour qu'on retrouve ainsi un sol entier formé par les ruines. Autour du Parthénon, à l'ouest et au sud , les mêmes éléments composent les terrains d'exhaussement qui cachaient les substructions du temple. Voilà ce que sont devenues les œuvres de tant de siècles et les monuments les plus anciens de l'art grec! Comme ces cendres et ces débris ont été ramassés dans toutes les parties de l'Acropole , il est impossible de savoir d'où proviennent les morceaux plus intéressants. Ck)mment dire à quel temple appartenaient une corniche peinte , une tuile , un acrotère en terre cuite? A peine si l'on peut rapporter à l'ancien Parthénon les fragments dont la proportion est la plus forte.

La couche située immédiatement au-dessus est d'une moindre épaisseur. Elle est formée par les éclats qui s'entassaient autour de l'atelier des tailleurs de pierre. En préparant les marbres nécessaires à la construction du Parthénon et des autres édifices, on joncha l'Acropole de ces fragments, qui furent

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