CHAPITRE XIX
ensuite réunis et jetés dans les endroits que Ton voulait combler.
Enfin, la troisième couche, très-inégale et à la surface du sol , est composée d'énormes tambours de colonnes , encore bruts , tels qu'ils sont sortis des carrières du Pentélique , avec les poignées qui servaient à les mouvoir. Rejetés par les architectes, ils ne purent entrer dans la construction du temple. Il est facile de voir quels accidents ou quels défauts les firent condamner. Ici, un morceau considérable a été brisé , une fente profonde a entaillé la surface et rendu tout travail impossible. Là , une tache gros^ sière , un schiste verdâtre coupent la blancheur du marbre. Comme les colonnes n'étaient point revêtues de peinture , on comprend que tant de délicatesse dans le choix des matériaux n'avait rien d'exagéré. C'est ainsi qu'on reconnaît dans le même lieu , à des effets bien différents , les mains qui ont détruit l'antique Acropole, les mains qui l'ont reconstruite, jeune et plus magnifique.
Dans les fouilles commencées tout à fait à l'extrémité orientale , ce qu'on a trouvé de plus curieux ce sont deux inscriptions : l'une sur un piédestal qui portait la statue de Minerve consacrée par un fils de Pasiclès ; l'autre, en caractères encore archaïques, sur une stèle érigée en l'honneur de Sotimos. Au sommet de la stèle était représentée en bas-relief Minerve assise , donnant la main , selon la coutume , au personnage principal, que suit un jeune homme aux jambes nues.
Plus près du Parthénon , ce sont également des offrandes anciennes, les premières peut-être qu'on ait consacrées devant le temple nouvellement construit : celle de Dexippe^ celle dUtliidice^ celle du greffier Méchanios. Les lettres de cette dernière inscription sont gravées dans les cannelures d'une petite colonne et conservent des traces de couleur rouge.
Beaucoup plus tard , le sculpteur ISicomaque avait été chargé de faire la statue d'une prétresse de Minerve. Sur le piédestal, la prétresse racontait ellemême ses titres à cet honneur. I^ plus grande partie de l'inscription manque : on lit seulement à la fin. « Une grave destinée m'a conduite dans le « temple magnifique de la chaste Minerve, où j'ai (( consacré à la déesse des soins qui ne sont pas sans « gloire. »
Plus loin était Théoxénide y auquel ses neveux Céphisodote et Timarque avaient élevé une statue. Le peuple lui-même en avait décerné une à Pjthodoris ^ reine de Colchide et des pays voisins , si c'est celle dont parle Strabon et dont les États , partagés entre ses fils , s'étendirent encore après la mort de Mithri*date.
Les Romains figurent ici, comme de tous côtés. C'est Claudius Néron Drusus, fils de Tibère; puis Tib. Gaudius Néron , auprès du temple de Rome et d'Auguste, autour duquel se groupait naturellement la famille impériale. Ce temple, dont aucun texte