CHAPITRE XX
PLAN DE l'eRECHTHBION.
On a dit souvent que TÉrechthéion était un problème d'architecture.
C'est un entraînement naturel pour les archéologues de se laisser conduire par l'autorité des témoignages anciens, et de chercher la confirmation des théories qu'ils font nattre dans l'état actuel dès lieux. Mais avec des textes vagues et incomplets, devant un monument compliqué et sans analogie dans l'art grec, cette méthode, excellente en principe, laisse trop de part à l'imagination. Peut-être arriverait-on à un résultat plus sûr en suivant une route opposée, en demandant à l'Érechthéion de s'expliquer lui-même, puis d'expliquer la description trop rapide de Pausanias, ou les allusions laconiques de trois ou quatre inscriptions célèbres* Ses marbres seront de plus fidèles dépositaires de la pensée antique.
Supposons donc que le temple soit sans nom, sans
histoire, qu'on n'ait pour le restaurer que les données matérielles qu'il contient. Il s'agit d'en retrouver le plan, les dispositions intérieures, les détails même, autant qu'il sera possible. Ces recherches exigent , je le sais, une science pratique et une analyse minutieuse dont un architecte seul est reconnu capable. Aussi les résultats que je présenterai seront-ils empruntés au travail d'un architecte ^ M. Tetaz, ancien pensionnaire de l'Académie de France à Rome, a étudié pendant deux années entières l'Érechthéion. Ck>mme il a trouvé l'intérieur du temple dégagé des ruines qui l'encombraient, il a pu atteindre le but inaccessible à ses prédécesseurs. J'ai moi-même assez longtemps interrogé ces charmante^ ruines et les savants écrits qu'elles ont inspirés pour qu'il me soit permis de rendre à M. Tetaz ce témoignage, que personne n'a rencontré aussi complètement que lui la vérité ou , du moins, la vraisemblance. '
L'Érechthéion est un rectangle long de 20^^y lai^e de ii™2i. 11 est précédé, à l'orient, d'un portique ionique de même largeur et composé de six colonnes. Deux autres portiques s'appuient sur ses longs côtés à leur extrémité opposée. L'un regarde le nord, et compte quatre colonnes ioniques de face , deux de retour. L'autre, plus petit, regarde le midi, et sa disposition e$t la même. Seulement , six jeunes filles,
■ Mémoire explicatif et justificatif de la restauration de VÉrechthéion d'Athènes, présenté à l'Institat en i85o, publié dans la Revue archéologique^ i85i. Pàg. i a la, et 8i à 96.