CHAPITRE XX. 34t
cette petite porte qui servait aux habitants de l'enceinte sacrée. Sur un haut soubassement s'élève un ordre ionique , plus court nécessairement que celui du portique oriental j puisque le même entablement couronne le temple entier. Quatre colonnes engagées, avec trois fenêtres * dans leurs entre-colonnements , sont surmontées du même fronton que la façade principale. A l'intérieur, des antes minces et à peine saillantes remplacent les demi-colonnes : finesse (|ui semble calculée pour laisser passer le plus de jour possible.
Les jeunes filles du portique voisin sont posées sur un stylobate continu , très-haut, pour mettre les proportions humaines en harmonie avec les proportions générales du monument. Coupé auprès de Tante sur son côté oriental , le stylobate laisse une petite entrée par laquelle on descendait au dallage de la tribune. Ce dallage est soutenu par d'épaisses assises de roche taillée. Puis, une autre porte et un autre escalier, dont deux marches sont encore en place, conduisaient dans l'intérieur du temple. Là, le niveau est, conune l'on sait, beaucoup au-dessous du niveau extérieur. L'importance de cette porte, située en face de la grande porte septentrionale, contraste avec l'humble passage dissimulé , en quelque sorte , derrière le stylobate. « Il ressort bien évidemment de cette dispo-
> Ces trois fenêtres existaient encore au temps de Stuart , qui les a dessinées. T. II, cb. Il, pi. 19.
« sition , i> dit M. Tetaz , a qu'au lieu de servir de « troisième portique d'entrée à l'édifice , cette petite « tribune était une dépendance de la partie de TÉ- « rechthéion à laquelle donnait accès le portique sep- « tentrional. »
Sur le côté opposé du portique des jeunes filles butait le mur en terrasse qui séparait le sol de l'Acropole du sol de l'enceinte sacrée. Son soubassement est construit en assises de rocher à surfaces brutes et à saillies irrégulières qui n'ont jamais pu recevoir de revêtement. Au-dessus s'élevait le mur véritable, dont on voit encore le premier rang d'assises, d'un travail tout différent. Presque aussi haut que le stylobate , il y a laissé sa trace verticale : ce qui montre qu'il n'y avait là ni porte ni escalier, comme on l'a souvent supposé. Une autre preuve, c'est que la décoration de la corniche du stylobate est interrompue. En deçà du mur, elle est ornée -* d'oves; au delà, elle devient lisse. Une telle différence indique bien une séparation absolue.
Tout l'Érechthéion est construit en marbre pentélique. Mais la frise est en marbre noir d'Eleusis, sur lequel étaient attachées par des crampons des figures en bas-relief. Les figures sont en marbre de Paros. J'aurai l'occasion de parler plus loin de ces sculptures. De l'extérieur, nous pénétrons dans l'intérieur.
Une église byzantine, comme les dernières fouilles l'ont révélé, avait pris la place du sanctuaire antique, et des dispositions nouvelles avaient détruit les dis-