CHAPITRE XX
plus élevé que le reste de l'Érechtliéion. Mais les substnictions sur lesquelles il reposait ont été détruites pour faire place à Tabside, et donner du prolongement aux nefsdeTéglise, établie au sol inférieur. Elles sont annoncées par les fondations du mur méridional, qui sont, non pas en marbre, mais en pierre du Pirée, et tendent vers Tintérieur par leurs arrachements. On verra de plus dans les degrés que forment, en s'unissant, le marbre et la pierre, l'indication d'un escalier qui établissait une communication entre les d^ux sols.
La partie correspondante du mur du nord est, au contraire, en marbre jusqu*à sa base. C'était une nécessité, puisque de ce côté le niveau intérieur est le même que le niveau du sol extérieur. Le mur n'ayant qu'une assise d'épaisseur, l'exhaussement des terrains n'aurait pu cacher, comme du côté opposé, la différence des matériaux. On remarque, à la taille des assises de la base et à la manière dont elles ont été préparées pour que les dalles y vinssent buter, qu'il existait tout le long du mur septentrional un couloir de plain-pied avec toutes les distributions inférieures. Sa hauteur n'était point limitée par le sol du sanctuaire oriental , puisqu'on ne trouve sur le mur aucune trace de son prolongement. Il s'ensuit donc que, de ce côté, la cella était isolée du mur septentrional, comme elle l'était du mur méridional par l'autre couloir où se trouvait l'escalier. Ces murs intermédiaires auraient été exactement remplacés par la colonnade
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en marbre varié * de l'église moderne. Quant aux murs principaux, on s'explique pourquoi leurs surfaces n'ont pas été ravalées, et pourquoi on a pu laisser les tenons en saillie qui avaient servi à la construction : c'est que toute cette partie était cachée aux regards. Ainsi s'évanouissent deux anomalies qui frappent l'observateur le moins familiarisé avec les habitudes de l'art grec : i^ la largeur disproportionnée de la cella, qui eût excédé d'un tiers sa profondeur ; a** la difficulté de couvrir d'un plafond construit selon les règles une largeur de cinq entre-colonnements et de faire porter un pareil poids à des murs très-minces. Même aux Propylées, la portée des plafonds ne dépasse pas trois entre-colonnements. Les mêmes difficultés se représentent avec une force nouvelle lorsque l'on considère le sanctuaire inférieur adossé à la cella orientale. Aussi large, il a moins de profondeur encore et plus de largeur. On est donc amené à continuer les deux lignes de construction qui divisaient la cella supérieure en trois travées. A l'angle sud-est du portique septentrional, M. Tetaz avait remarqué une interruption dans le dallage , et, à la différence de taille qui distingue un parement apparent d'avec un joint, il avait reconnu que cette ouverture était antique. Désireux d'en savoir la cause, il fit déblayer le rocher et y trouva deux trous profonds de cin-
' Est-il besoin de dire que les colonnes en vert antique et en pavonazzeto qu*on voit à terre, ainsi que le dallage en marbre veiné, sont d'époque byzantine?