CHAPITRE XXII
queGmon ait embelli TAcropole, construit le temple de la Victoire et celui de Thésée, employé les dépouilles des Perses à orner les places publiques, à planter le jardin de l'Académie, et laissé sans abri ou protégé par quelque bâtisse provisoire la statue de Minerve tombée du ciel ; que Périclès ait puisé librement dans le trésor des alliés, consacré tant de milions k des édifices somptueux et inutiles comme les Propylées, relevé le Parthénon, œuvre des Pisistra- Cides, et abandonné à son état misérable la demeure antique d'Érechtbée ; que ce soit précisément quand la guerre, la ruine et la peste affligeaient Athènes qu'on ait songé pour la première fois à offrir un magnifique sanctuaire à la protectrice de la ville ?
Le mystère, je ne puis le pénétrer; je me garderai surtout de recourir aux suppositions. Mais si nous nous croyons quelquefois fondés à récuser le témoignage de l'histoire, à plus forte raison avons-nous le droit de ne pas admettre les inductions que l'on prétend tirer de son silence. Voici donc tout ce que nous savons de certain. Sous l'archontat de Dioclès, la quatrième année de la 92® olympiade (409-408), i'Érechthéion n'était pas encore achevé, et les travaux étaient depuis quelque temps suspendus, peut-être depuis les désastres de Sicile. Une commission fut nommée par le peuple pour lui rendre compte de l'état du monument , de ce qui était déjà construit et de ce qui restait encore h construire. Cette commission était composée de trois inspecteurs, d'un ar-
chitecte nommé Philoclès et d'un secrétaire. C'est un fragment de leur rapport que le docteur Chandler a trouvé dans l'Acropole et emporté à Londres.
Les victoires et le retour d'Alcibiade avaient sans doute rendu aux Athéniens le courage et une apparence de prospérité ; car immédiatement l'on se mit à l'œuvre pour terminer l'édifice, et nous avons les livres de compte rédigés par les inspecteurs des travaux pendant la deuxième année de la gS' olympiade (407). Ce ne sont aussi que des fragments trou- .vés, il y a seize ans, dans la Pinacothèque. L'architecte chargé de cette entreprise s'appelait ArdiHoque. Arésœchme d'Agrylé était le caissier ou le questeur.
L'année suivante, en 4o6, sous l'archontat de Callias, les ouvriers étaient encore à l'ouvrage et les échafaudages à leur place, lorsque le feu prit au temple. C'était la vingt-quatrième année de la guerre du Péloponèse. Un simple incendie dans un temple tout en marbre, dont la charpente n'est qu'en partie posée, ne peut faire des dégâts considérables. La conformité parfaite des mesures et des détails donnés par les inscriptions de 409 et de 407 avec les mesures et les détails du temple que nous connaissons prouve que le monument avait peu souffert.
A quelle époque les réparations furent-elles faites? Beaucoup plus tard, à ce qu'il parait; car certains morceaux sont d'une exécution très-inférieure. Deux parties de l'édifice dénotent même par la grossièreté de l'exécution , comparée à la perfeètion de tout le