CHAPITRE XXUl
Cependant ki Sphaeristra , dans laquelle on entrait par la petite porte ménagée au fond de la prosta^s septentrionale, n'était point fermée aux visiteurs ni exclusivement réservée aux usages privés. C'est ce que fait supposer, du moins, la statue A'isocrate enfant, qui n'était probablement pas la seule. Mais comme Pausanias ne parle ni d'isocrate , ni de la Sphaeristra, il y a tout lieu de croire qu'il n'est point entré dans ce petit cloitre« et qu'il a parcoiu*u seulement la partie comprise entre le nuir de Thémistoclé et le mur septentrional de la Sphseristra. Elans cette région il vit d'abord, près du temple, une jolie statue de vieille femme, haute à peine d'une coudée, œuvre de Démétrius. On disait (|ue c'était Ljrsinmché, prêtresse de Minerve pendant soixante-quatre ans. 11 nota ensuite le combat d'Érechthée et d'Eumolpe, ou plutôt, selon la tradition athénienne, d'Érechthée et d'Immarade, fils d'Eumolpe, qui fut tué par Érechthée. Le même sujet est représenté ^r une métope du Parthénon. Mais ici c'était un groupe colossal en bronze; le piédestal était même assez grand pour qu'on eût pu y placer deux autres statues plus petites : celle de TolnUdèSy général athénien, qui fut tué à la déroute d'Haliarte, et celle du devin qui l'accompagnait. Cette réunion est assurément très-extraordinaire; mais il me parait difficile de comprendre autrement le passa^ de Pausanias.
Ce ne put être non plus bien loin du temple que Pausanias aperçut les antiques statues de Minerve, qui
avaient été enveloppées dans l'incendie de l'Acropole par Xerxès. « Mais aucune partie n'avait fondu » « (elles étaient donc en bronze); seulement, elles « étaient restées toutes noires et si fragiles, qu'elles w n'eussent pu supporter un choc. Il y a encore la « chasse du sanglier ; je ne saurais dire si c'est le san- « glier deCalydou. Plus loin, Thésée soulève la pierre « sous laquelle Egée avait caché ses chaussures et son « épée. Tout est en bronze, excepté la pierre. » On avait, en outre, représenté Thésée amenant dans la citadelle le taureau qui désolait Marathon et le sacrifiant à Minerve. I^s habitants du bourg de Marathon avaient voulu que l'art consacrât le souvenir de ce bienfait. L'importance de ces sujets et les dimensions des statues annoncent de la grande sculpture, et montrent avec quelle magnificence on avait décoré l'enceinte la plus révérée de l'Acropole. Il est regrettable que Pausauias ne cite aucun des artistes peutêtre célèbres qui avaient travaillé à l'embellir.
Parmi ces groupes considérables, il y avait des statues plus petites, des offrandes de différente nature, dont quelques-unes nous sont connues malgré le silence de l'histoire. Les unes existent; des autres il reste luie base, un nom, un fragment. Près de l'angle du portique du nord se trouve la Minerve assise dont il a été question plus haut à propos de la Minerve d'Endœus. De ce côté on a découvert encore une offrande diHermippuSy la statue de Mnésimaque^ consacrée par sa fille Aristonice, une inscription honori-