CHAPITRE IV
en s'élargissant à sa base, chaque rang de pierres se reculant d*un demi-pouce environ, et faisant degré sur le rang inférieur.
Le côté de T Acropole qui regarde le midi domine le théâtre d'Hérode Âtticus, le portique d'Eumène et le théâtre de Bacchus; plus loin, la vallée de TIlissus, jadis fertile ^t ombragée de platanes, et les collines qui la séparent de la baie de Phalère. L'Hymette, sur la gauche, arrête la vue, qui tourne doucement avec lui vers la mer et s'étend au delà des belles eaux du golfe d'Athènes jusqu'aux montagnes du Péloponèse. Ce spectacle enchanteur entraînait l'esprit bien loin des idées guerrières, et les Athéniens ornèrent le mur de Cimon comme un portique et un lieu de plaisance, au lieu de lui conserver la nudité sévère d'une fortification. Au pied des murailles s'élevèrent successivement les colonnes élégantes qui supportaient les trépieds, monuments des victoires chorégiques. Sur le mur lui-même, en face du théâtre de Bacchus, était fixée une égide dorée avec la tête de Méduse, offrande d'Antiochus.
De la plaine encore on voyait par-dessus le mur de la citadelle, exhaussées sur leur soubassement, une série de statues qui se détachaient sur le ciel comme les sculptures de Phidias ou d'Alcamène sur le fond bleu des frontons. Ces statues devaient être nombreuses et occuper une longueur considérable, à en juger du moins par les sujets qu'elles représentaient. C'était la guerre des dieux et des géants, puis
le combat des Athéniens contre les Amazones, lejir victoire sur lesMèdesà Marathon, la défaite des Gaulois en Mysie. De pareilles compositions ne peuvent se développer en quelques groupes.
En passant ensuite du côté du nord, on trouve le mur qui continua de s'appeler pélasgiquBy même lorsque l'œuvre des Pélasges eut été détruite; c'était audessous que s'étendait l'ancien campement des Pélasges, au pied de l'Acropole, lieu maudit qu'un oracle défendait d'habiter. Ce mur est en partie antique, bien qu'on l'ait refait ou consolidé avec un mortier. Ce qu'il offre de plus remarquable, ce sont des tambours de colonnes en marbre pentélique et des entablements doriques en pierre qui ont servi à sa construction. Les tambours de colonnes sont, les uns lisses, les autres cannelés à leur extrémité, d'autres à peine dégrossis. Au nombre de vingt-six, ils reposent les uns auprès des autres sur le rocher; seize, qui sont superposés, forment un double rang. L'entablement dorique, au contraire, à quarante ou cinquante pieds plus loin, est au sommet de la muraille, comme si, dans la disposition de ces fragments, on avait voulu conserver la disposition du temple luimême. Nous verrons plus loin que ce temple était le vieux Parthénon, détruit par Xerxès. Au-dessus de l'architrave, on a placé la frise avec ses triglyphes en pierre et ses métopes en marbre blanc ; le tout est couronné par la corniche. H y a dans cet arrangement un air d'antiquité que l'examen des ruines