CHAPITRE IV
Le chemin semble avoir passé sous Tangle sudouest du soubassement du temple de la Victoire. Il monte dans la direction du piédestal d'Âgrippa , puis plonge tout à coup pour reparaître* au-dessus du piédestal , et près du portique septentrional des Propylées. La courbe du sentier se dirige vers le sud, vers le grand mur pélasgique par conséquent et le montant de porte dont il a été question tout àTheure. J'en ai cherché en vain les traces en déblayant les fondations des Propylées ; elles oiit , selon toute vraisemblance, disparu lorsque Mnésiclès fit préparer l'assiette de son monument.
C'est par ce chemin qu'on montait, dans le temps où la ville tout entière était ramassée sur le plateau de l'Acropole ; c'est par là que les bétes de somme et les troupeaux rentraient le soir du travail et du pâturage. Les Pélasges ne firent peut-être qu'entourer de murs le sentier sinueux que les premiers habitants avaient tracé. Qui sait pendant combien de siècles le pied des hommes a usé le rocher, pendant combien de siècles la marche alourdie des animaux a creusé ces trous profonds où leur sabot s'emboîtait?
L'œuvre des Pélasges paraît ^voir subsisté jusqu'à la prise d'Athènes par les Perses. Les barbares ne laissèrent pas pierre sur pierre dans Athènes, disent les historiens. Leur premier soint fut de jeter en bas
* PI. U, lettre h\
4C L'ACROPOLE D'ATHÈKES.
les fortifications. Mardonius acheva d anéantir ce que Xerxès n'avait eu que le temps de ruiner.
$ II. — Murs de Tliémistocle et de Cimon.
Après le départ des Perses, il fallut relever peu à peu les murs de l'Acropole. Ceux que Thémistocle et Cimon firent construire existent aujourd'hui en partie, mais défigurés, masqués souvent par de nouvelles murailles. Aussi ne peut-on en avoir une idée exacte qu'en en faisant deux fois le tour et à l'intérieur de l'Acropole et à l'extérieur. Encore faut-il, chaque fois que l'escarpement le permet, monter jusqu'à la base même, pour reconnaître, à travers des replâtrages déjà ruinés , le travail antique, toujours inébranlable. Les murailles reposent simplement sur le bord du rocher et suivent' ses mouvements et ses inégalités.
Le mur du midi construit par Cimon, apr^ès avoir formé un des côtés du souliassement du temple de la Victoire sans ailes, se continue quelque temps vers Test, puis disparait sous de misérables fortifications lurques qu'il soutient quoiqu'elles aient voulu le soutenir. Cependant, à l'intérieur de la cjtadelle, par des brèches qui servent à rejeter les décombres, on voit de loin en loin la construction ancienne enfouie en terre. A l'angle sud-est, au contraire, le mur de (iimon reparait avec sesrégulières assises aux teintes jaunes ou brunies. Sa forme est pyramidale ; il va