‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 32 sur 200 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ment , si Ton se place sur le palier, c*est-à-dire à la hauteur du seuil primitif, marqué par la bande de marbre noir d'Eleusis. Alors les Propylées apparaissent dans leur juste proportion et avec Teffet que l'architecte avait calculé et que les réparations d'un siècle déjà barbare ont détruit. De même, et c'est une conséquence naturelle, si, du haut des Propylées, on se tourne vers la porte d'entrée, on remarque combien elle s'enfonce au-dessous des marches et perd de son importance; son seuil devrait être remonté cinq pieds plus haut, au niveau du palier.

Ainsi se résout • un problème qui doit dominer toute l'étude de cette partie de l'Acropole. Car, s'il est intéressant de retrouver des fortifications enfouies depuis quatre cents ans, et relevées il y a quinze siècles, c'est le plan primitif, la pensée de Mnésiclès qu'il faut chercher avant tout. Ce plan a été respecté, bien qu'on ait, par précipitation, changé les niveaux et altéré, en les changeant, l'effet général et l'harmonie. Les tours sont des beaux temps de l'art grec, et, lors même que Lysandre eût complètement rasé l'œuvre de Périclès, Conon le suit de trop près pour n'avoir pas reproduit le plan présent à tous les souvenirs et écrit sur les ruines mêmes. La position des tours donne nécessairement celle de la façade sur les flancs de laquelle elles se détachent. Ce sont les détails et la décoration des murs que nous ignorons; il n'est pas im-

possible toutefois d'en présenter une restauration hypothétique.

Dès le jour où la façade en marbre a reparu, je me suis demandé pourquoi le temps déjà barbare qui Ta rebâtie s'est plu à l'orner d'architraves, de frises et de corniches; pourquoi, sous le règne de Valérien et à l'approche des Goths, on a été chercher, jusqu'à la rue des Trépieds , d'énormes blocs de marbre numérotés soigneusement et replacés avec un certain goût; pourquoi tant de travail, lorsque le danger commandait la précipitation; pourquoi une intention d'art si marquée, lorsqu'il s'agissait d'un simple mur et d'un ouvrage de défense. Il m'a semblé que le souvenir des anciennes fortifications détruites par Sylla ne s'était point complètement perdu, que les fragments épars sur le sol racontaient encore les splendeurs du passé, que les architectes de la décadence avaient pu retrouver la conception de leurs devanciers et s'étaient efforcés de la reproduire. Quelle conception, en effet, plus belle et plus naturelle que de mettre la façade de l'Acropole en harmonie avec cette admirable façade des Propylées qui s'élevait au-dessus d'elle? Ce n'est plus une porte flanquée de deux tours, une courtine flanquée de deux bastions; c'est l'entrée de l'Acropole sainte, du grand sanctuaire de la religion athénienne, décorée, elle aussi , de frises , de corniches, de moulures élégantes, comme le sont les Propylées. L'ordre dorique lui prête sa richesse

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