CHAPITRE I
nerve; enfin, il donna à son culte Téclat et la solennité qui se transmirent d'âge en âge. Aussi fut-il après sa mort enseveli dans le temple même, auprès de Cécrops.
Pendant que la religion consacrait ainsi l'Acropole, la ville y grandissait peu à peu, et, s'étendent au midi, commençait à descendre dans la plaine, ce Les artisans et les laboureurs étaient établis à « l'extérieur sur la pente même qui regarde l'ilissus. « Seule, la caste des guerriers occupait le som- <c met, réunie par une enceinte autour du temple « de Minerve et de Vulcain. Ils s'étaient construit, « du côté du nord , des demeures communes , et y « vivaient exposés à la violence du vent, veillant <c sur les citoyens. Sur le plateau même de TAcro- « pôle, il y avait une source que plus tard les trem- « blements de terre firent presque complètement « disparaître, mais qui alors donnait une eau abon- « dante, agréable à boire l'hiver comme Tété. »
Cest ainsi que Platon, dans son Critias, décrit la vie d'une cité primitive dans toute sa simplicité. Une source, une enceinte fortifiée, les artisans qui travaillent dans leurs demeures, les laboureurs dans les champs voisins, les guerriers sur la hauteur qui observent la mer sillonnée par fes pirates, ou les défilés du Parnès franchis souvent par les belliqueux habitants d'Eleusis et de Tlièbes. L'ennemi parait-il, tous se réfugient dans l'enceinte avec leurs troupeaux et ce qu'ils ont de plus précieux. Les
fortifications n'étaient autre chose qu'une barrière de bois entrelacée aux oliviers sauvages qui croissiûent naturellement sur l'Acropole comme sur tous les rochers de la Grèce. ,
Un temps vint cependant, lorsque Thésée réunit tous les habitants de l'Attique en une seule cité, où l'Acropole fut abandonnée aux dieux et aux vieux souvenirs. Mais elle fut toujours pour les Athéniens la nile par excellence , l'^j/j" de Cécrops, la véritable patrie. Les maisons nouvelles se groupèrent en cercle à ses pieds, sous l'égide de Minerve : ce (jui faisait dire au rhéteur Aristide que l'Attique était le centre de la Grèce, Athènes le centre de l'Attique, et l'Acropole le centre d'Athènes. Au moment du danger, on était toujours prêt à s'y réfugier encore. C'était une sûre forteresse, surtout depuis que les Pélasges Tyrrhéniens avaient aplani le rocher et l'avaieift; entouré de ces murs célèbres dont ils couvrirent la Grèce et l'Étrurie.
Soixante ans après la guerre de Troie , une colonie de Pélasges chassés de la Béotie avait trouvé un asile en Attique. Pour payer l'hospitalité qu'ils recevaient, les Pélasges fortifièrent l'Acropole, et protégèrent le côté accessible par une série d'ouvrages qui communiquaient entre eux par neuf portes. De là le nom à'Ennéapjle. Les Athéniens leur donnèrent en récompense des terres au pied de l'Hymette, terres stériles, mais dont leur industrie sut tirer un excellent parti. Deux âges d'homme