‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 51 sur 200 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

dit M. Bumouf *, « et n'offre qu'un seul point acces- « sible, les habitants durent porter toute leur atten- « tion de ce côté et disposer lentrëe de manière a que, d*un accès facile en temps de paix , elle fut « aisée à défendre en temps de guerre. L'ennemi « qui monte , après avoir eu à sa gauche les rochers « à pic, tourne subitementpour passer sous le temple « de la Victoire sans ailes, et laisse à découvert son « flanc droit que ne protège pas le bouclier. A son « approche, il est reçu par les traits et les projec- « tiles lancés de droite et de gauche par les soldats « postés sous les colonnes de la Pina«3thèque et de « l'autre galerie. Force-t-il ce premier pas, il hii « faut alors s'engager dans le corps principal des « Propylées et soutenir, dans le chemin creux de la « double colonnade ionique, une lutte inégale où « il se voit attaqué sur le deux flancs. Là , cinq co- « lonnes de soldats s'offrent à lui , tandis que le a corps principal lui ferme le passage de la- grande « porte et a sur lui l'avantage d'un sol incliné; par c< les quatre ouvertures latérales , les défenseurs de tf la citadelle peuvent entrer dans les deux ailes des « Propylées, y remplacer leurs morts et renouveler « sans cesse le combat. Maître des portes, l'ennemi « aura encore à combattre sur la plate-forme de la ce citadelle , et à prendre un ordre de bataille en « face d'une armée prête a le recevoir. »

» Jrchives des Missions scientifiques, t. I, p. 12.

Ce qui me frappe d'abord dans ce système de défense, c'est que les Propylées sont, dès le premier instant, un champ de bataille. Le but d'une forteresse est d'arrêter un ennemi déjà vainqueur, de lasser sa patience devant des murailles inaccessibles, tandis que les assiégés, à l'abri, attendent des secours ou des circonstances plus favorables et se rient de ses efforts. Dans l'antiquité surtout où les machines ont peu de puissance , les armes peu de portée et l'art militaire peu de ressources, nous voyons que les sièges ne sont qu'un blocus , abrégé quelquefois par un heureux c»up de main. Ici, au contraire, il n'y a point de délais. L'ennemi est maître de la ville, il monte enivré de sa victoire, il arrive aux degrés des Propylées , et là , une nouvelle lutte s'engage avec les débris d'une première défaite.

Si les défenseurs n'ont point l'avantage du nombre et de la confiance, ont-ils au moins celui de la position? Les assaillants passent sous le temple de la Victoire (on admettra, pour un instant, que c'était l'entrée de l'Acropole). « L'ennemi passe sous le « temple de la Victoire aptère , laissant à découvert « son flanc droit, que ne protège pas le bouclier ». Il est vrai; mais, sur la petite terrasse qui soutient ce temple , combien de guerriers pouvaient se tenir et lancer leurs traits? Le temple la couvre presque tout entière, et, du côté du nord et du côté de l'ouest, qui dominaient l'ennemi , il arrive jusqu'à la balustrade de marbre et la grille qui l'entouraient. Il n'y

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