‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 64 sur 200 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

comme le fragment de l'angle nord-est n'a pas encore été retrouvé, on peut porter ce nombre à vingt-huit. Au milieu , on voit une femme debout, d'une taille plus élevée. Son bras gauche ramène vers le corps un bouclier ; son bras droit est étendu comme s'il avait tenu jadis une lance. Ces attributs , la place que cette figure occupe au centre du sujet, annoncent Minerve , à laquelle le temple était consacré. De chaque côté de Minerve sont deux hommes assis, l'un sur un rocher, l'autre sur un trône, les pieds posés sur un tabouret. Il est vraisemblable que, de même qu'au Parthénon et sur le temple de Thésée, les personnages assis sont des divinités. On pourrait peut-être nommer Jupiter et Neptune, ce dernier sur le rocher de l'Acropole où Minerve l'a admis à partager ses honneurs. A droite et à gauche des dieux se tiennent deux groupes composés chacun de trois femmes et de deux hommes qui se font symétriquement pendant. On peut encore conjecturer que ce sont les héros protecteurs de l'Attique et les femmes dont le nom était consacré par les traditions religieuses. Toutes ces figures occupent le centre de l'action ; elles président, en quelque sorte, au drame qui se passe aux extrémités de la frise. Quel est ce drame? Y en a-t-il un seul ? Y en a-t-il plusieurs? — A sa droite, le spectateur voit une figure drapée et assise que deux femmes cherchent à entraîner; à gauche , au contraire, trois femmes qui accourent avec un mouvement assez vif. Derrière

elles 9 un enfant nu et ailé est tenu par deux autres femmes : on pense naturellement à l'Amour.

On comprend que devant ces charmantes sculptures la curiosité s'éveille et leur demande le secret que leur mutilation a scellé. On comprend que l'imagination cherche à animer les personnages j à surprendre le drame qu'ils jouaient , lorsque la main des barbares a fait disparaître leurs pantomimes, leurs costumes, l'expression de leurs visages. L'amour de l'antiquité doit même prolonger ces efforts et ces combinaisons ; mais c'est là un plaisir personnel , et je n'ai point le droit de mettre mes fantaisies à la place de l'histoire. C*est pourquoi je relègue parmi les notes * une explication qui ressemble à un roman.

Si le sujet de la frise orientale est un mystère, la beauté des sculptures, malgré leur état, n'échappe

* Je me suis rappelé, devant ceUe frise , la fable inTentée 'par Aristophane que . raconte Atbéoée : les dieux donnant à la Victoire les ailes de l'Apnour (page 563). Voici comment on pourrait voir ce sujet représenté sur le teosple : Minerve est au milieu de la scène; encore irritée de Tattentat de Vulcain , elle demande que TAmour soit châssé du ciel et qu*on donne tes ailes à la Victoire, La Victoire deviendra sa messagère et annoncera d'un bout du monde à Fautre les triomphes qu'elle promet à son peuple. Le grand Jupiter Pécoute; Neptune, assis sur le rocher de l'Acropole, où il vient d'être admis, Neptune est de son avis ; les héros protecteurs de l'Attique les entourent et se réjouissent. En vain les trois Grâces, vêtues comme les a vêtues Socrate, accourent pour défendre la cause de l'Amour, Déjà la Force et la Violence , ministres de Jupiter, l'ont saisi , quoiqu'il lève une main suppliante ; Parrét va s'eiécuter, et, du côté opposé, Iris et Hébé font lever de son siège la jeune Victoire pour la conduire auprès de Minerve.

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