‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 63 sur 200 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

substantifs, Minerve- Victoire. Déesse de la force guerrière et de la sagesse, elle possédait la condition infaillible , l'essence même de tous les triomphes.

Adorée déjà sous plusieurs noms dans T Acropole, elle rétait en avant des Propylées sous cette nouvelle forme. Aussi croirais-je volontiers que ce nom de Victoire sans ailes ne fut inventé qu'à une époque postérieure, lorsque la tradition eut été obscurcie dans les souvenirs. On oublia Minerve, on ne vit plus que la Victoire, et, comme partout on la représentait sous la forme d'une jeune femme aux longues ailes d'or, on s'étonna de cette différence , on voulut se l'expliquer ; l'imagination fit le reste. A Mégare, les exégètes avaient mieux conservé la tradition '.

Pendant que Minerve était dans le temple, gage éternel de la puissance athénienne , sur la frise extérieure étaient représentés les combats où elle avait assuré l'avantage à son peuple ; et , sur la balustrade de marbre qui entourait le temple , on voyait toute la troupe des Victoires personnifiées, messagères ailées qui, par Tordre de Minerve, se pressaient, s'envolaient, accouraient de toutes parts à Athènes , y répandre la joie et l'orgueil. Il n'y aura donc point de vaine subtilité à voir dans ces diverses compositions de développement d'une même idée : dans le temple, la Divinité, principe de la victoire; au

* Ce fat bien la Mioerire-Nioé » et ooa une victoire sans ailes, cpi'ib Dommèrent à Paosanias ( Ait.^ XUL )

dehors y les hommes qu'elle protège et Taction qu elle conduit; détachés du temple , les Génies , image divinisée de chaque victoire ^ qui franchissent de leur vol le temps et Tespace, et qui s'appellent Marathon, Salamine, Platées.

La frise qui courait tout autour du temple n'orne plus que deux de ses côtés. La frise du nord et celle de l'ouest sont maintenant au Musée britannique; leurs moulages en terre cuite avaient été envoyés à Athènes; mais en les posant , on brisa celui de l'ouest. Ces charmantes sculptures , par leur relief même et par la petitesse du monument , furent à la portée de tous les barbares qui possédèrent l'Acropole : aussi ont-elles été mutilées sans pitié. Les têtes , les bras, les ornements , tout ce qui se détachait en saillie a été brisé. S'il en reste assez aujourd'hui pour juger de leur beauté , il en reste trop peu pour qu'on puisse comprendre les sujets qu'elles représentent. Je pense surtout à la frise de la façade orientale , qui , si elle était complète , serait peut-être également une énigme pour nous, puisqu'aucun auteur ancien n'en a parlé, mais que son état de dégradation rend inexplicable. Ceux mêmes qui ont essayé de donner des noms à toutes les figures ont été forcés d'avouer • qu'ils avaient sous les yeux un mythe inconnu. Vingt-quatre personnages remplissent la scène;

' .... ScheÎDt jeder Versuch einer weiter eingeheoden Deutang aufgegeDben werden za mCuseo. {Die AAropolis von ^M<it, par MM. Ross* Schaubert etHansen, pag. i3;

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